RÉGINON, Chronicon 90G, p. i5i
4. RKGfNON, Chronicon 894, p. ili'-i. Les suppositions de Gkikeiikh, I. II, p. 34i, ijui croit <jue ce sont les étals (jéacraux de r.\llema(|ne ([ni font échouer les projets d'.Vrnulf, cl du père Biiabant, p|). 4' et 4*J. «l"' attribue l'écliec du roi à l'opposition du denjé, désireux de conserver dans Armilf un protecteur puissant, ne nous paraissent pas fondées, ([uoique la seconde ait encore (inehiue vraisemblance, au lieu (pie celle île (iKHtKivKU est de |)urc fantaisie. Dummi.kii, l. III, pp. ;{87-;iSS pense i\nc les donations faites par Arnidf aux évé pies lorrains (U. M. i84H-iHr)o) avaient pour but de ijaipier ceux-ci, el <te ii's ami'iier à rec')nnaiti'e Zwcnliiiold pi>iu' roi.
LES LORRAINS NE VEULENT PAS DE ZWENTIBOLD POUR ROI (8(j/i). 509
Pour consoler son bâtard, Arnulf l'envoya, quelque temps après, combattre Rodolphe, roi de Bourgogne. Déjà, en 898, il lui avait donné le commandement d'une expédition destinée à secourir Bérengor, le compétiteur de Guy au trône d'Italie ^ Le but d' Arnulf était de mettre en relief la personne de son fils, de lui donner quelque prestige. Le roi d'Allemagne voulait, d'une part punir Rodolphe d'avoir essayé de l'arrêter à son retour d'Italie ^, et lui enlever en outre plusieurs pagi de son royaume, pour les donner ou les restituer au fils de Boson, devenu roi de Provence en 8903. Louis était venu avec sa mère, Ermengarde, trouver Arnulf à Lorsch, où s'était rendu ce prince après avoir quitté Worms, et avait imploré son appui contre Rodolphe ^..Zw^entibold partit avec une armée recrutée en Souabe, dévasta une partie de la Bourgogne, mais il ne put atteindre son adversaire, qui avait trouvé dans les Alpes un asile inexpugnable. Zwentibold dut se retirer >, et Rodolphe resta maître des territoires dont Arnulf avait reconnu la possession au petit roi de Provence.
L'année 896 vit s'accomplir des événements d'une grande importance pour la Lorraine. Elle allait enfin recouvrer son existence de royaume indépendant. En mai, Arnulf réunit à Tribur une grande assemblée à laquelle assistèrent la plupart des évéques et beaucoup de seigneurs de l'Allemagne et de la Lorraine. Nous y trouvons l'archevêque de Cologne Herimann et ses suffragants Odilbald d'Utrecht et Francon de Liège, l'archevêque de Trêves Radbod avec deux de ses suffragants, Robert de Metz et Dadon de Verdun, enfin les évêques Baltram de Strasbourg et Ingrim de Bâle ^. Seuls, Dodilon de Cambrai et Ladelme de Toul n'assistaient pas au concile. Nous n'avons pas à analyser les décisions arrêtées à Tri-
1. Voir Ann. Alamann. 898 {SS., t. I, p. 53), Gesfa Berengarii, liv. III, vers 7-44 (SS., t. IV, pp. 201-202), et LiUDPRAND, Antapodosis, liv. I, ch. 20-22, pp. i5-i6.
2. Cont. Ratisb. 894, p. 124, Ann. Alamann. 894 {SS., t. I, p. 5); Réginon, Chronicon 894, p. 142.
3. Sur l'éleclion de Lotiis, voir Hludowici electio, CC, t. II, pp. 876-377 : cf. Dommler, t. III, pp. 332-333. C'est Réginon, Chronicon 894, p. 142, ([ui nous parle de la visite que firent le jeune Louis et sa mère au roi de Germanie et de Lorraine, qui s'était rendu de Worms à Lorsch, et de la donation que reçut le premier. II est vraisemblable qu'à ce moment Zwentibold n'était pas encore en marche pour la Bourgogne.