J. L. 3488, Floss, pp. i3i et iSa
6. Voir les lettres de Formose à Adalger et à He.-imann (J. L. 3487 et 3488, Mansi, t. XVIII, col. 102, et Floss, pp. i3o-i3i).
7. Elle ne satisfît probablement pas Adalger, à la façon dont un de ses successeurs, Adam DE Brème, en parle dans ses Gesfa Hammaburgensis ecclesiœ pontijicuin, liv. I, ch. 5i, p. 34 ; il quahfic d'iniques les diplômes de Foulques et d'Arnulf. Parmi les modernes, Dehio, Geschichte des Erzbisthams Hnmhurg-Breinen, t. I, p. 99, trouve modérée la décision de Formose; Hvuck, Kirchenjeschichle Deutschlands, t. II, p. 63, n. 3, l'estime plu'ôt favorable à Hambourg, attendu qu'Herimann n'obtenait qu'une promesse sans valeur pour l'avenir ; Dummler enfin, t. III, j). 4oC, la juge injuste ; il n'>- avait, prétend-il, aucune raison de revenir sur la réunijn de B.-ème et de Hambourg, décidée par Loius le (îermanique, approuvée par le pape Nicolas I»"" et qui avait sauvé de la ruine l'œuvre d'évangélisation de la Scandinavie. Ces critiques de Dummler ne seraient fondées que si Formose avait ordonné la séparation immédiate de Brème et de Hambourg.
012 LA LOUR^VLNE REUNIE TOUT ENTIÈRE A L ALLEMAGNE (H7f)-8(jr>).
pion de Cologne aurait vaincu celui de Brème, le concile aurait cassé les décisions antérieures des papes et des rois, et des diplômes d'Arnulf et de Forinose auraient ratifié cette sentence'. L'iiistoire du iluel n'est (prune fable, (jui ne mérite pas d'être prise au sérieux^. Mais le concile de Tribur s'est-il vraiment occupé de l'alFaire ? Adalger a-l-il réellement protesté contre l'arrêt qu'avait rendu le pape et (jui le plaçait dans une demi-dépendance h l'égard du métropolitain de (Pologne ? C'est peu probable'. Ouoi qu'il en soit, il souscrivit les actes du concile de Triliur an milieu des évêques et avec le simple titre d'episcopus Dremensis. Dans la lettre qui se trouve en tête des actes du concile, et où sont énumérés les prélats qui y ont pris part, Adalger figure entre Odilljald d'Utrecht et Francon de Liège, l'un et l'autre sufTragants de Cologne, ce qui ne laisse pas que d'être significatif'^. L'ordre dans lequel les évêques ont souscrit à la fin est différent, et Adalger vient après trois suffragants de Mayence et avant Dadon, évêque de Verdun 5. Remarquons en outre que les évêques de Minden et d'Osnabriick, suffragants de Cologne, sont mentionnés plus loin et qu'ils sont d'ailleurs séparés l'un de l'autre par l'évêque de Paderborn, de la province de Mayence. Ici les évêques ne sont donc pas rangés par provinces, et il n'y a aucune conclusion à tirer de la place qu'occupent leurs signatures.
Adalger et son successeur Hoger devaient tous deux, ce dernier au moins jusqu'à la mort de Louis l'Enfant, rester soumis à la juridiction d'Herimann^.
De Tribur, Arnulf et probablement la plus grande partie, sinon la totalité des évêques et des grands se transportèrent à Worms, où se tint une assemblée générale?. Arnulf, qui avait successivement reconnu comme rois de la France occidentale d'abord Eudes en 888, puis Charles en 894,
1. J. L. 3537 (Lappenbkkg, Ihunbiirij. i'B., t. I, p. 36) el Adam de Brème, ibtd.
2. Adam de Brème seul en parle, et il semble d'ailleurs ne pas y ajouter foi.
3. MuHLBACiiEH, Reg. Kar., p. 6g5, ne croit pas que le concile de Tribur ait eu à examiner le diftVrend de Cologne et de Hainbounj, tanilis que Dummlkr, t. 111, p. 4o5, semble l'admet Ire.
4. Prohxjiis B (ce, t. II, p. 211). Remarquons cependant (pie r(ivèque de Verden, un des suffra(|ants de Mayence, se trouve intercalé au milieu des prélats de la province de Cologne, mais c'est le seul dans ce cas.
5. ce, t. II, 2l\C). Dehio, op. cit., Anmerkungeri iind Auxfuhrunyen, p. fxj, ne croit pas qu'Adalger soit devenu sunVa(|ant de C.olognc ; d'a|>rès lui, le titre A'episcopus ne signifie rien, allendu ([ue Himbert et Adalger prennent ou reçoivent tantôt ce litre et tantôt celui d'archiepiscopits ; d'ailleurs Adalger souscrit au milieu des siilTra(|aiils de Mayence el non ])arnii ceux de Cokxjne. (Nous avons vu (pie la cliose était inexacte pour la liste des évèipies, placée en tète des actes, et que, d'autre part, les souscriptions des prélats, à la fin de ces mêmes actes, ne sont pas rangées dans l'ordre des provinces ecclésiastiques). TiiAUGOTT Tamm, qui lait remaripier que la bulle de Forinose reconnaît }\ Hambourg la (|iia!ité d'archevèclié (Die Anfa'iuje des Ercbisihums lliuiibnig-Bremen, p. 7a), croit (|u'.'\dyl(|er souscrit les actes du concile de Tribur connue sutlVai|aiit de Cologne (ibitl., p. 73). ■
G. Voir lÎKmo, op. cit., p. 100, et TuAiKioix Tamm, op. cit., p. 73.
7. Cont. Batisb. Scjô, |). 12O, RÈriixoN, C/iro.-iicon 8y5, p. i/(3. l'n diplôme il'Armill' signale la ])résence de ce prince à Worms le af) mai (B. M. iS.'tS).
ZWENTIBOLD RECONNU POUR ROI PAR LES LORRAINS (Syf)). 5l3
avait finalement convoqué a Worms les deux compétiteurs'. Eudes seul se rendit à l'invitation. Charles n'envoya que ses représentants, l'archevêque Foulques et le comte Adalong, qui se mirent en retard, et n'arrivèrent peut-être même pas jusqu'à Arnulf, ayant rencontré en chemin Eudes qui revenait de Worms, et lui ayant livré un combat dans lequel Adalong perdit la vie ; Foulques réussit à s'enfuir^. Arnulf avait pour la seconde fois confirmé à Eudes la possession de la couronne de France et l'avait renvoyé avec honneur'.
Eudes se trouvait encore à Worms au moment oii Zwentibold fut reconnu cemme roi de Lorraine. Arnulf arrivait enfin à faire réussir le projet qui avait l'année précédente échoué devant l'opposition des seigneurs lorrains. Ce n'était pas seulement l'afTection qu'il avait pour son bâtard qui poussait le roi à lui créer une souveraineté indépendante. Retenu le plus souvent en Germanie, songeant d'ailleurs à retourner en Italie, Arnulf sentait la nécessité de confier à un membre de sa famille, à un homme qui lui inspirait pleine confiance, le gouvernement d'un pays troublé par des discordes intestines, exposé en outre aux attaques des Normands et aux entreprises possibles des rois de F'rance+. Nous ne savons par quels moyens il réussit à modifier les dispositions des grands de la Lorraine, mais, en 890, ils donnèrent leur assentiment au projet qu'ils avaient rejeté l'année précédente >. Zwentibold fut couronné et béni en présence du roi Eudes et des grands de la Lorraine, qui lui prêtèrent ensuite le serment habituel de fidélité^. La date de cet événement ne peut être établie avec une précision absolue, mais elle doit pourtant se placer dans la seconde quinzaine de mai 895^.
La Lorraine renaissait donc. Depuis la mort de son premier roi, elle avait subi bien des vicissitudes. Démembrée une première fois en 870,