Ann. Bert. 8.53, p. 43 ; Ann. Fuld. 853, p
!\!\ LE RÈGNE DE LOTUAIRE l'^ (8/13.8r>5).
à sa parole ' et l'Aquitaine : laquelle des deux pèserait le i)Ius dans la balance?
l'ne autre considération devait accroître les incertitudes de Louis, l'inconstance et la mobilité des (jens qui se donnaient à lui ^ : quel fond pouvait-il faire sur eux, quelle confiance accorder à leurs promesses ? Les hésitations de Louis se j)rolonq6rent pendant près d'une année, et quand il prit un parti, ce ne fut [)as lui qui se rendit en A<[uitaine '. L'aventure lui paraissait trop risquée pour qu'il s'y hasardât ; de plus, en ne dirigeant pas l'expédition lui-même, il pouvait s'imaqiner qu'il restait fidèle, sinon à l'esprit, au moins ii la lettre des traités ; il se réservait la faculté de répondre aux reproches de Charles que son second fils, le jeune Louis, en cédant aux instances des Acjuitains, ne l'avait pas consulté, ou même qu'il avait agi contre sa défense formelle.
La démarche faite auprès de Louis par les Aquitains, et l'attitude équivoque de ce prince qui, sans leur promettre son concours, ne l'avait pas refusé non plus, étaient de nature à éveiller chez le roi de France de vives inquiétudes. Dès le mois de novembre 85^^, il alla trouver à Valenciennes Lothaire, pour conférer avec lui sur la situation. Les actes de cette entrevue ne nous sont pas parvenus ; il n'eu reste que des têtes de chapitres, où il n'est question ni de l'Aquitaine, ni du roi de Germanie +. Trois mois plus tard, en février 854, Charles retournait auprès de Lothaire,
1. Les Annules Bertiniani (853), parlent de l'irritation de Louis contre Charles, (lui aurait contrevenu «î (]ucl(iues-uns des articles du pacte (pi'ils avaient conclu pendant la çiuerre civile (celui de Strasbourcj), mais ne précisent pas les torts vrais ou supposés du roi de France. Pour Dummler, t. I, p. 382, le rapprochement de Lothaire et de Charles avait peut-être paru à Louis yros de menacos, et ce prince aurait considéré la nouvelle attitude de Charles comme contraire aux stipidations de leur ancieiuie alliance. \\'k.\ck, pp. 238- 23y, rend responsable Lothaire de la brouille entre Louis et C^iarles ; bien entendu, il n'ii|>- ])orte aucune preuve à l'appui de cette assertion fantaisiste.
2. En 8^9, les A<piitaius s'étaient détachés de Pépin pour se tourner vers Chai'les, et voilà cpie quatre ans plus tard ils abandonnaient l'oncle, comme ils avaient abandonné le neveu. Ces revirements successil's d'opinion n'étaient i>as de nature à encoura(|er Louis. Cf. Dummler, t. I, p. 383.
3. Le passaçje suivant des Annules Faldenses (8.")4, p. 44) i">^t suflisauunent significatif: « Hludowicus filius Hludowici reijis ad Acpiitaniam penjit, volens experiri si vera essenl ea ([ua- palri suo per leyatos (|entis promittebanliu'. «
4. Hlotiiarii et Karoli conventus apud Vdlentiitmis ((Ul., t. II, p. 7.")). Il est fait mention de cette entrevue dans le préambide du (Uipittihire inissorum Silixicense ((U^., t. Il, p. 271). Les Annales lievlinidni n'en parlent pas. Les (piatre ])remiers articles de YAttnuntiatiu Hlotiiarii, ih., p. 7.'), sont relatifs aux devoirs des niissi ; (piant au cinquième, d'un caracti're plus (jénéral, il invite tous les sujets à s'entr'aider en cas de nécessité. L'Adniintiiitio K.vroli s'occupe de l'Eqlise (ch. i-3), des perturbateurs de la paix publique et des spoliateurs de l'Éqlise et des pauvres (ch. 4), de la fat^on dont le roi pourra subsister convenablement, et de la manière de vivre des comtes et autres fidèles, ([ui devront veiller à ne pas opprimer leurs voisins ni les pauvres (cli. ;')), de la nécessité qu'il y a pour le comte et l'évèque à se prêter un nuituel concours (ch. 0), du soin que les évô(iues, les tnissi et les comtes doivent apporter à reidre la justice (cii. 7), des rapts (ch. 8); dans l'article 9, le roi s'enriafje à réparer le tort ((u'il aura pu causer soit aux éqlises, soit i\ ses fidèles; dans le dixième et dernier, il annonce le plaiti tpi'il va tenir (à Servais), et s'occupe des mesures communes de défense à prendre contre les Normaiuls ainsi cpu- de la prochaine entrevue qu'il devait avoir avec son ou ses frères (celh' de Lièqe, probablcmenl). On trouve dans plusieurs des artic'es du ca|)itulaire tie Servais le dévelo])- |icmeiit de>, dispositions an-èli-es à N'a'eMcicnnes.