CARACTERE DE ZWENTIBOLD. SA CAMPAGNE EN FRANCE
reconnaître, il est impossible de tracer avec exactitude les limites de la Lorraine restaurée.
Quoique devenu roi du Lotharii regniim, Zwentibold ne l'indique pas dans ses diplômes, où il prend simplement dans la suscription et la date le titre de rex^. Quant aux rares cartœ pagenses, rédigées sous son règne, qui nous sont parvenues, elles ne lui donnent pas non plus d'autres qualifications, sauf une, provenant de Stavelot, du 22 octobre 896, où Zwentibold est traité de rex Francorum ^.
La plupart des chroniqueurs ont malmené le bâtard d'Arnulf ; c'est un roi cruel, un tyran 3. Il semble pourtant qu'il ait eu des qualités, de l'activité, de l'énergie, de la résolution, mais la modération, le calme, l'empire sur soi-même lui faisaient défaut. Ses violences, sa brutalité finirent par lui aliéner la plupart de ses sujets. Vu la sécheresse des chroniqueurs, qui relatent les faits sans presque jamais les expliquer, nous présumons, plutôt que nous n'en sommes certain, que ses coups d'autorité a l'égard de quelques-uns des grands de la Lorraine n'avaient pas été mûrement réfléchis. Capricieux, fantasque et mal équilibré, tel nous apparaît Zwentibold. Il faut cependant reconnaître que sa situation était difficile vis-k-vis de seigneurs qui, se trouvant depuis bien des années fort loin de leurs souverains, avaient pris des habitudes d'indépendance, que les changements fréquents de maîtres, les révoltes d'Hubert, la tentative de Rodolphe avaient encore accrues. Un conflit devait forcément éclater entre eux et un roi qui était décidé à faire respecter les droits de sa couronne. Le seul tort de Zwentibold a peut-être consisté à brusquer les choses, à se montrer cassant et autoritaire ; plus adroit, plus patient, sachant mieux ménager les formes, il aurait peutêtre réussi.
Une autre chose qu'il importe de relever, c'est le souci qu'il a d'agrandir son royaume. Il le montre dès le début de son règne, en s'alliant à son cousin Charles le Simple, moyennant la promesse que lui fait ce dernier de lui concéder quelques territoires, puis en intriguant contre son cousin, et en cherchant à lui enlever ses partisans. Sa tentative échoua, mais la préoccupation d'agrandir ses Etats ne l'abandonna pas, ainsi qu'en témoignent d'une façon bien curieuse les préambules de trois de ses diplômes, rendus respectivement les i3 juin et 26 juillet 897 et le 16 octobre 8984. Ses espérances ne devaient pas se réaliser, et bien loin