‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 51 sur 764 · Ann. Bert. 854 (p · texte numérisé non relu

Ann. Bert. 854 (p

5. Ann. Bert. 854 (p- 44), Ann. Ftild. 854 (p- 44), Miracu/a S. Murtiulis (R. H. Fr., t. VII, p. 370). Les Ann. Bert. et les Miracula s'accordent à représenter Louis connue avant été mis en fuite par son oncle. Les Ann. Fttid. arran(|ent les choses ; d'après elles, Louis n'a trouvé d'appui que chez les parents de Gozbert, comie du Mans, que Charles le Chauve avait fait décapiter en mars 852 (Ann. Kn(/olisnt. 852, SS., t. XVI, p. 480); voyant (ju'il ne lui vient pas d'autres partisans, il se décide en autonuie à re(|a(|ner la Francia. Du.mmlkr, t. I, p. 387, n. 2, prétend que le passage de Prudem.e : « ah eis, a ([uibus fuerat postulatus, suscipilnr (Lutlovicus) », s'accorde avec l'assertion de Rodolphe de Fulua, disant que seids les parents de Gozbert se sont ralliés à Louis; mais celte manière de voir ne nous semble pas juste. Il s'aqit dans Prude.nc.e, non j)as d'mie famille (|ue Charles le Chauve s'était aliénée, mais des Aquitains, (|ui avaient en 853 réclamé la veniu> de Louis le Germanique on de sou liis. Il est possible d'ailleurs qu'une fois l'épin II revenu dans son ancien royaume, tous les habilanls se soient ralliés à lui, sauf les parents du comte décapité en 852, (pii seraient demeurés lidèles à Louis le Jeune. Les déprédations et les violences commises j»ar les trou|>es de ce dernier prince avaient sans doute contribué à le reinlrc impopulaire.

JUGEMENT SUR LA POLITIQUE EXTERIEURE DE LOTHAIRE. [\-j

L'intervention de Lothaire, nous le reconnaissons, n'avait pas été décisive. Son influence sur Louis, n'avait pas été assez grande pour l'empêcher de rompre le pacte d'amitié et d'alliance qui unissait les trois frères. D'autre part, il ne semble pas avoir essayé de barrer la route à son neveu, qui était tenu de traverser de l'est à l'ouest les Etats de Lothaire pour se rendre en Aquitaine ^

Mais ce que n'avaient pu faire ni les conseils, ni les menaces de l'empereur, la seule annonce qu'il était malade le réalisa. A cette nouvelle, il s'opéra un rapprochement entre les deux frères ennemis. Quel rapport y avait-il entre les deux choses ? Gomment le mauvais état de la santé de Lothaire avait-il une conséquence aussi imprévue que la réconciliation de Louis et de Charles? Escomptaient-ils tléjà la mort de leur aîné, et songeaient-ils, en dépit de leurs promesses et de leurs serments, à frustrer leurs neveux de l'héritage de leur père ? Nous l'ignorons, mais ce rétablissement de la concorde entre ses deux frères porta ombrage à l'empereur, qui adressa des reproches à Charles sur l'attitude suspecte qu'il avait prise. Les Annales Bertiniani , qui nous font connaître les soupçons de Lothaire, ne nous disent pas quelle réponse il reçut du roi de France-. Les craintes qu'avait conçues Lothaire ne se réalisèrent pas, au moins pour l'instant, et nous verrons ses trois fils se partager sa succession, sans que ni Louis ni Charles essaient de les dépouiller.

Si nous embrassons d'un coup œil la conduite de Lothaire à l'égard de ses frères, pendant la période de douze années qui s'étend entre le traité de Verdun et son abdication, nous devons reconnaître, malgré les accusations calomnieuses de certains historiens allemands 3, que ce prince a respecté les engagements qu'il avait souscrits en 843. Il est probable, pourtant la chose n'est pas certaine, qu'il espérait, en faisant nommer Drogon vicaire du Saint-Siège en Gaule et en Germanie, exploiter à son profit l'influence que donnerait k son oncle cette haute dignité, et regagner par ce moyen détourné quelque peu de la suprématie dont le traité de Verdun n'avait rien laissé subsister. Mais cette tentative, qui n'eut aucun succès, ne constituait qu'une atteinte lointaine, indirecte, aux stipulations de l'acte de 843, et ne saurait sans injustice être comparée k cette violation formelle de la foi jurée qu'était l'expédition de Louis le Jeune en Aquitaine. Si, d'autre part, Charles a été pendant quelques années en butte

1. L'itinéraire de Louis le Jeune ne nous est pas connu. Prudence dit simplement qu'il traversa la Loire. Gomme son armée était composée de Francs, de Tliurinfjiens, de Souabes et de Bavarois (Mirncula S. Mnrtialis, R. H. Fr., t. VII, p. 870), c'est-à-dire d'Allemands du Sud, on peut supposer, étant donnée, d'autre part, la situation de l'Aqiitaine, qu'il est passé par la Bourtjoqne et non par la Frimcia. Le trajet, en pre lant la première de ces deux contrées, était plus direct ; puis Louis se tenait à une plus grande distance de ses oncles, qu'il savait en conférence à Liège, et qu'il ne s'exposait pas à rencontrer.

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