Ann. Bert. 855 (p
3. C'est surtout à Wenck que nous pensons. Voir encore l'appréciation de Dummler, t. I, p. 298, d'après laquelle Lothaire aurait passé les douze années de son règne, comprises entre le traité de Verdun et sa mort, en partie à faire de faibles tentatives pour inquiéter ses frères, en partie à vivre dans l'inaction.
48 LE KÈGNE UK LOTIIAIKK l" (843-855).
ù l'hostilité déclarée de Lothaire, c'est que celui-ci, ii tort ou à raison, se croyait gravement oll'ensé par son frère, en qui il voyait un complice du ravisseur de sa fille. Et l'on ne peut manquer de juqer avec indulgence la conduite ([ue tint alors l'empereur, (juand on songe îi ce ([ue fit Charles en pareille circonstance, seize ans plus tard. Au premier abord, on serait tenté de reprocher h. Lothaire de n'avoir pas empêché, par une attitude [)lus nette, plus énergique, l'invasion de rAcjuitaine par Louis le Jeune ; son action aurait pu être plus efficace, nous l'accordons, mais elle n'en a pas moins fait réfléchir Louis le Germanique, qui, au lieu d'intervenir directement avec toutes ses forces, s'est contenté d'envoyer aux rebelles son fils avec quelques troupes, et l'a laissé ensuite se tirer d'affaire comme il le pourrait. Il en aurait été tout autrement si le roi de Germanie n'avait pas craint d'avoir h. lutter contre une coalition de ses deux frères, et Charles, qui eut sans beaucoup de peine raison de son neveu, se serait trouvé dans une situation aussi critique qu'en 858. Assurément, un souverain plus habile aurait pu tirer un meilleur parti de la situation avantageuse que lui créait la rivalité qui s'était déclarée enti'e Louis et Charles', mais Lothaire, arrivé au seuil de la vieillesse, fatigué par les agitations de son existence passée, devait tenir par-dessus tout à son repos, et n'avoir aucune envie de se jeter dans de nouvelles aventures. Pourquoi d'ailleurs n'aurait-il pas eu conscience de la nécessité qui s'imposait k lui et à ses frères de vivre en paix les uns avec les autres ?
I. C'est ce iiiie reproche presque Wekck à Lothaire (p. 255).