‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 514 sur 764 · RÉGi.N'OK, Chronicon 8(j0, ji. i · texte numérisé non relu

RÉGi.N'OK, Chronicon 8(j0, ji. i

2. Il y a pjurlant des reslricLions à faire en ce qui concerne l'héréclité, comme nous le verrons au cli. II de la V* partie.

3. DûMMLKR, t. III, p. 4'"'8, semble admeUre que les Lorrains étaient hostiles à Zwentibold, qu'ils considéraient comme un étranger.

4. Nous avons déjà parlé du diplôme du 22 janvier 896, qui concerne Saint-Denis (B. M. 191 1). L-ne charte de Robert, évèque de Metz, du 17 février 893, pour l'abbaye de ^^euml^nslcr, mentionne un comte du p. Blesensis, nommé Odacer, i[ui est vraiseml)lal)leinent le nôtre (J//<. UB., t. I, n" i34j. Dans une charte de Bruolbert pour Echternach, de

534 LK ILUiMC Di; ZWE.NTIUOM) («.jr)-(joi)).

Indé[)Cii(l;iiiiniciit tics (jiiati'c comtes, rarclicviViiie liadhod a-t-il perdu, avec la laveur du roi, ((ueltiues-unes de ses abbayes? Deux choses Tout fait croire, la substitution d'Herimann, archevêque de Cologne, à Radbod, dans le contre-seing de la chancellerie au bas des diplômes royaux, et la confiscation par Zwentibold de l'abbaye d'Œrcn, qui, d'après ^un diplôme du 20 octobre SgS, aurait été donnée par le même prince à l'église de Trêves.

Pourquoi, du 11 novembre Si\)C) JMS(|u'au 28 décembre 897 inclusivement, a-t-on souscrit au nom d'Herimann'? Nous ne sommes pas en mesure d'en donner les motifs ; ce n'est pas la disgrâce de Radbod, puisque celle-ci n'a jamais eu lieu^. Même en la su[)posant vraie, elle n'ex[)liqnerait rien, car elle ne se serait produite qu'au déi)ut de 897, et dès le 1 1 novembre 89("), on souscrit au nom d'Herimann ; en outre, on continua de contresigner pour ce dernier pendant toute l'année 897 ; pourtant, Kadbod aurait du se réconcilier avec le roi à Worms au mois de mai, puis(iu'on le trouve comme intercesseur dans un diplôme de Zwentibold [)our Saint-Maximin du i3 juin 897 ; ([uant a l'explication proposée par Millier, elle mérite à peine une réfutation, tant elle est peu sérieuse. Millier croit à une erreur, à un malentendu de la part d'Egilbert, le notaire qui a contresigné les diplômes au nom d'Herimann. L'archevêque de Cologne avait les fonctions d'archichapelain, et, en Allemagne, le titulaire de cette dignité dirigeait la chancellerie. Egilbert aura cru, suppose Millier, qu'il en était de même en Lorraine, et Waldger,

901-902, Odacer est coinle du ji. Arf/infn.iis (Hontheim, Hisl. trev. dtpl., t. I, p. 59). HiiiNRicH WiTTE, Genealogiscke Untersiicluingen (Ja/irb. G. L. G., VU* année, i^* livraison, p. 82), suppose que les comtes du nom d'Odacer qu'on trouve en Lorraine depuis 986 (charte d'Adalbéron lof pour Gorze, Histoire de Mets, t. III, preuves, p. 61) jusqu'en 991 (charte du comte Odacer pour l'abbaye de Lonqeville ou Satnt-lMarlin de Glandières, Calmet , t. I, preuves, col. 39O) apparlenaieiil à la famille de l'adversaire de Zwentibold. — Par l'acte du 28 janvier 897, rendu à la prière de l'archevèciue et archichancelier Radbod et du comte Odacer, Zwentibold accorde à un bois situé dans le p. Treverensis, appartenant à l'éylise de Trêves et à l'abbaye Saint-Maximin, les privilèges dont jouissaient les forêts royales (B. M. 191 1, MR. UB., t. I, n» it\o). Cet acte porte des indications cln"onolo(ji(jues qui ne concordent pas entre elles. Il aurait été rendu à Paliseul (Bebjicpie, Luxcmbounj, arrondissement de Neufchàteau) en l'an de l'Incarnation 890, i3e indiction (qui correspond bien à 895 et non à 89G, conune le prélend à tort Mi'in.- B.vGMi;ii, Reg. Ktir., p. 713) et 2" année du rcrjne de Zwentibold, qui tombe en 897. MiJuLBACHER, ibid., tout en reconnaissant que l'année du rèqne est l'indication chronologique la jilus sûre, que Paliseul ne se trouve pas sur l'itinéraire suivi par le roi en 89t>, a cru devoir placer le di|>k)me en cette dernière année, parce qu'en janvier 897 Radboil et Odacer étaient déjà tombés en disgrâce. Il suppose qu'un copiste aura commis une erreur dans la transcription du (pumtième, ou que la chancellerie elle-même aura écrit le nom du mois en cours au lieu du nom du mois suivant, ou enfin cpie le quantième se rapporte îi la « documentation » et la date de lieu à 1' « action », celle-ci antérieure à celle-là. M. Mûllek, op. cit., jip. 90-9/i, rejette la disgrâce de Radbod, jilace celle d'Odacer et des trois autres comtes en 897 ; dans ces conditions, rien ne l'empêche d'adopter cette année pour le diplôme du 28 janvier, puisque le cliitlVe des années de règne et la date du lieu conviemuMit à 897. Nous adoptons les c()iiclusii)ns de iMCi.leh.

2. Nous traitons <-ette (|ueslion un peu i>lus loin. iMini.iiM.iiEii, Rcg. Kiiv., p. 71^, croit à la disgrâce de Radbod, (pii perd sa dignité d'arcbichancelier, et qui est remplacé par Ilc-i'iuianM.

l'archevêque R.\DB0D n'est pas DISGII^VCIÉ. 535

qui souscrivit le diplôme du 28 décembre 897, aura tout d'abord suivi son exemple K Comment admettre une pareille erreur de la part d'un notaire ? Est-il vraisemblable qu'il aurait ignoré qui était chef de la chancellerie lorraine ? La chose ne soutient même pas l'examen. D'ailleurs, le premier des diplômes de Zwentibold, celui du 3o mai 890, est contresigné par ce même Egilbert au nom de Radbod. Du coup tombe l'explication bizarre imaginée par Mûller. Pour notre part, nous renonçons à en trouver une ^.

Quant à l'abbaye d'Œren, qui fut réellement confisquée par Zwentibold en 897, appartenait-elle à l'église de Trêves? Un diplôme du 20 octobre 890 la lui fait donner par le jeune roi, mais l'acte est un faux : Millier en a donné des raisons qui nous paraissent péremptoires 5. A celles qu'il a mises en avant, on peut ajouter que la copie ancienne qui nous est parvenue de ce document est de la même main qu'un acte fabriqué au nom de Charlemagne et portant la date du 1" septembre 774'^. Mûller s'appuie en particulier sur le Libellas de rébus Trevirensibiis, qui, nous l'avons vu précédemment, avance qu'Arnulf avait donné aux deux frères Œren, Saint-Maximin de Trêves et Saint-Pierre de Metz ^ Sans vouloir rejeter ce témoignage, on pourrait faire observer qu'il n'est confirmé par aucun autre, en ce qui concerne Saint-Maximin. En outre, le Libellas ajoute que, du consentement d'Arnulf et de Zwen-

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