‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 536 sur 764 · RÉGiNON, Chronicon 899, p · texte numérisé non relu

RÉGiNON, Chronicon 899, p

3. Ann. Fuld. Gant. Altah. 900, p. i34. Ces Annales ne disent pas en quelle circonstance Zwentibold frappa Radbod, mais il est vraisemblable que ce fut à la suite du refus opposé par l'archevêque et par ses collègues à la demande du roi qui prétendait les contraindre à excommunier les seigneurs rebelles. Radbod avait joui d'une très grande faveur, comme en témoignent les diplômes rendus à son intercession en faveur de son église (B. M. 1911, 1921), de monastères de son diocèse, Priim, Echternach, Saint-Maxi-

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rencontré de l'opposition chez les seigneurs laïcs, par contre le haut clergé s'était montré dévoué à sa personne. En 898, nous avons vu Dodilon de Cambrai et Francon de Liège venir à son aide ; il y avait de même plusieurs évèques, Radhod entre autres, au second siège de Durfost, et l'on peut supposer qu'ils avaient amené des troupes. En s'aliénant les hauts dignitaires ecclésiastiques, Zwentihold se privait d'un précieux appui. La mort de son père, arrivée le 8 décembre 899', allait lui enlever le fondateur et le principal soutien de son autorité. Arnulf disparu, les évèques rejetés dans l'opposition, il ne restait rien au malheureux souverain de la Lorraine.

Pour ajouter encore aux conqilications dans lesquelles il se débattait, une troupe de Normands vint dévaster le pays situé sur la rive gauche de la Meuse. Zwentibold se mit à leur poursuite, mais il n'arriva pas à les atteindre-. Peut-être est-ce au retour de cette campagne infructueuse qu'il se rencontra dans le (^ambrésis, sinon à Cambrai même, avec (jharles le Sinq)le, qui se trouvait alors en lutte avec Baudoin H, comte de Flandre. La paix fut alors définitivement conclue entre les deux cousins', mais ce n'était là qu'un mince avantage pour Zwentibold, dont la situation ne se trouvait pas sensiblement améliorée.

Nous avons dit qu'Arnulf avait cessé de vivre le 8 décembre 899, après avoir traîné plutôt que vécu dej)uis sa dernière expédition d'Italie, pendant laquelle un mal mystérieux, peut-être une attaque d'apoplexie, l'avait frappé. Arnulf est le dernier des grands Carolingiens, le dernier qui ait porté la couronne impériale. Il avait déployé de l'activité et de l'énergie dans ses guerres contre les Normands et les Moraves, monti'é de la prudence en ne cherchant pas à gouverner directement l'empire carolingien, de l'habileté en neutralisant l'un par l'autre les deux compétiteurs à la couronne de France. Il avait aussi, dans la mesure du possible, maintenu l'ordre et fait respecter l'autorité royale. Si Arnulf ne s'est peut-être pas toujours suffisamment occupé de la Lorraine, pendant

min (B. M. 1905, iyo8, 1917), ou de sa province ecciésiasli(|iie, comme Saint-Miliiel (B. M. 1906), ou enfin d'une province étranf|ère, ainsi ^\'erden (B. M. 1922). El nous n'avons mentionné ni le diplôme faux du aS octobre 890 (B. ^[. 1907), ni les actes du i3 mai 898 par les(iuels le roi, sur la plainte de Radbod, restitue Sainl-Servais à l'église de Trêves (B. M. 1923 et 1924), ni le diplôme du 23 janvier 899 (B. M. 1930). Dans ce dernier acte, les intercesseurs sont, il est vrai, Ricnin et Wiyeric, mais Zwentibold déclare (ju'il prend sa décision par amour pour Radbod. L'arcbevèipie avait donc possédé une situation qui rappelait celle de Liulward, le favori de C.barlcs le Gros.

I. Sur la date de la mort d'Arnulf, voir iMCiiLiiAC.uEn, fiftj. Kar., p. 710, et Du.mmi.ku, t. III, p. A73, n. 3.

a. Ann. Ved, 899, pp. 358-359, Muhlda(:hki\, lieg. Km:, ]). 718, suppose (pie l'annaliste de Saint-Vaasl a rejeté en 899 la. (In des événements de 898; aussi croit-il devoir placer en cette dernière année l'incursion des Normands en Lorraine. (<'est lf\ une conjecture arbitraire, et que nous croyons devoir rejeter. MOi-i.Kn, op. cit., p. 8, l'a acceptée, mais DûMMLER, t. III, p. 470, ado|)te l'année ([u'indi(pienl les .\nn. Ved.

3. Ann. Ved. 899, |>. 359. Le i>ère Buauant, art. cité, p. 53, et Kai.cksiki.n, o/j. cit., p. lia, admetleiil que la paix fut ilélinilivement conclue h Cambrai entre les deux prince> ; DOmmi.ku, t, III, p. /|7(), place !\ la (in de 899 la réconcilialion de Zwentibold et tie (lliarli's, mais il irinili(pic pas en qiii'l ciidroil cili' l"iil scellée.

MORT d'aRNULF (899). SON FILS LOUIS LUI SUCCEDE (900). 55 1

qu'il la gouvernait, elle ne saurait pourtant oublier les éminenls services qu'il lui a rendus, en la délivrant des Normands par sa victoire de Louvain et en restaurant son indépendance. A ce double titre, Arnulf mérite de vivre dans la mémoire du peuple lorraine

Ce fut seulement deux mois après sa mort que son fils légitime Louis, né en 898 de son mariage avec Uta^, monta sur le trône d'Allemagne dans des conditions qui sont mal connues. En 897, l'empereur avait fait prêter serment de fidélité à Louis par les grands?, mais il semble pourtant que le petit prince n'ait pas succédé de plein droit à son père, et qu'il y ait eu comme une élection. L'intervalle relativement long qui s'écoula entre le décès du père et l'élévation du fils donnerait à penser qu'il y eut des difficultés à vaincre. C'est le 4 février à Forchheim, dans la France orientale, que Louis fut reconnu pour roi+. Sans que l'on ait à proprement parler institué un conseil de régence, le pouvoir allait être exercé par l'archevêque de Mayence Hatton, l'évêque Adalbéron d'Augsbourg, tous deux parrains du jeune Louis?, et le second en outre sou gouverneur^, par deux frères, les comtes Gebhard et Conrad 7, d'une noble famille franque, à laquelle appartenait probablement Uta, la mère du nouveau roi s, enfin par Liutpold, duc de Bavière, parent de la mère d'Arnulfs. Ces cinq personnages vont efi"ectivement diriger les affaires du royaume'", et ils s'arrangeront de manière à ne pas négliger les leurs

1. Sur le règne d'Arnulf, voir Dûmmler, t. III, pp. 474 et suiv. — Zeli.er, Hisfoire d'Allemagne, t. II, pp. 198-199, a prononcé sur Arnulf un jugement d'une sévérité poussée jusqu'à l'injuslice. « Triste prince d'ailleurs, dit-il, hésitant entre ses devoirs stricts et son ambition imprudente, entre ses fils légitimes et illégitimes, entre l'hérédité et l'usurpation, entre les rois de France Eudes et Charles le Simple, vainqueur une fois des Nordmanns, mais se bornant à la défensive sur toute la frontière slave, et ouvrant l'Allemagne aux Hongrois ; en somme il laisse l'Allemagne et la roj-auté plus faibles qu'auparavant. »

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