RÉGiNON, Chro/iicon 906, pp. 102 et i
6. RÉGiNON, ibid., donne l'année de la mort de Baltram, l'évêque Erchenbald dans ses Versas de episcopis Arrjentinensibus (Ba.;HMER, Fontes, t. IV, p. 2) indique le jour du décès et la durée de l'épiscopat.
7. RÉGiNOx, Chronicon 906, p. i53 ; Erchenbald, Versus (Bœhmer, Fontes, t. IV, p. 2) ; Catalogi epp. Argent. (SS., t. XIII, p. 828, et t. XVII, pp. 87 et 117). Baltram était mort le 12 avril 906, et Louis l'Enfant passa à Strasbourg après le 20 octobre, jour oii il est à.Saint-Arnoul (B. M. 1984) et un peu après ou un peu avant le 4 novembre, date de son passage à Nordhausen (B. M. 1985). C'est donc dans l'intervalle qui sépare le 12 avril des premiers jours de novembre qu'Odbert est devenu évêque de Strasbourg. Grandidier, Histoire de Strasbourg, t. II, p. 278, rapporte, mais en exprimant des doutes, l'opinion d'après laquelle Odbert aurait été un fils de Leutard, et par suite un frère de Gérard de Roussillon. Nous reparlerons plus tard des monnaies frappées à Strasbourg au nom de Louis l'Enfant, puis de Charles le Simple et où sont inscrites au revers les deux premières lettres du nom latin d'Odbert OD, ou la première et la dernière, O et S.
Le 4 novembre, Louis se trouvait encore en Alsace à Nordhausen, au sud d'Erstein ; c'est là qu'il fil à Saint-Cj-riaque de Neuhausen la donation dont nous avons déjà parlé (B. M. 1985, ScHAN.-vAT, Historia epp. Woritt., t. II, p. i5).
;>7'-i I-K UÎ:t;.NE de louis l'enfant (yno-yn).
ibis (Ml Lorraino, cl oiu'orc n'y fit-il qu'un séjour de courte durée. La capitale du pays, Alx-la-(Ihapelle, reçut au début de 908 sa visite; on le trouve dans cette ville le 18 janvier. D'ailleurs, il continua de s'intéi-esser à la Lorraine, comme en témoiynent de nombreux diplômes en faveur d'évêchés ou d'ahhayes de ce rovaume '.
Les seigueurs loi-rains avaient, sans protester, laissé pi-oscrire les deux comtes ; peut-être nuMue siéyeaient-ils au tribunal (jui IVap^ia leurs collèrjues. La chose est du moins certaine pour Régnier, qui figure comme
I. De l'aiinëe 907, nous avons deux diplômes relatifs à la Lorraine. Celui du 19 mars, rendu à la prière d'Huuki, ablié de Fulda, el d'un envoyé du comte llét|nier, ahbé d'Erhternach, el sur l'interoession de ])lusienrs évè<[ues et comtes (parmi lesijuels CJebhard), conlirmait un écliancje entre Fidda el Echternach. (".e dernier monastère recevait des biens situés dans les piuji de la ^ied el de la Moselle, et en cédait d'autres dans le Sniilgau el le Werin(/(iu (R. M. 1987, Dko.nke, Cudeu' diploin. fald., p. 3oi). — Par le diplôme du afi octobre, rendu à Francfort, Louis, à la prière de l'évèque Élienne et sur l'intercession de i'arclievè(pie Hatton el du comte Gebhard, ainsi qu'avec l'assenlimenl des autres grands de ce royaume, confirma à réqlise de Lièqe l'abbaye de Fosses dans le payas Loinacensis el le comté de Bérenger. Il l'avail jadis donnée à Gisèle, maintenant défunte, et celle dernière, avec l'approbation du roi et de ses fidèles, l'avait cédée à l'église de Liège moyennant la jouissance, sa vie durant, de différents domaines de celle église (B. M. 1990, (Uwtahdre de Sidnt-Lnmbert, L 1, n» 8). — Le 18 janvier 908, Louis se trouvait à Aix-la-Cbapelle. Là l'arcbevêque Herimann de Cologne el les comtes Gcbhard el Régnier le prièrent, au nom d'Etienne, de confirmer les possessions de l'église de Liège. Le roi accéda à celle demande et reconnut à Liège la possession de Lobbes, jadis donnée par Arnulf(B. M. 1788) et située dans le payas de Hainaut, alors administré par le comte Sigoliard ; du domaine royal de Theux, concédé par Zwentibold, frère du roi, el situé dans le payas de Liège, ([ui avait également Sigohard pour comte ; de l'abbaye de Lobl)es, dans le payas de Lomme el le comté de Bérenger, donnée par l'abbesse Gisèle, parente du roi ; du loniieu el de l'atelier monétaire de ^taéslrichl, (pie Louis avait octroyés à Liège du consentement il'Alboin, comte de Maësiricbt ; enfin de l'abbaye d'Herbitzlieim, confisquée sur le comte Giîrard, qui avait été condamné pour crime de haute trahison ; elle avait été donnée à l'église de Liège sur la prière de révê((ue Étiemie, parent de Gérard, mais ([ui était demeuré fidèle au roi (B. M. 1991, Cartulaire de Saint-Lambert, i\° 9). — Le ii février de la même année, le roi, à la prière des évèques Hatlon, Adalbéron el Salomon, concéda à Radbod, archevêque de Trêves, tout ce que feu Huolhard avail eu en bénéfice à Enkirch (B. AL 1993, MR. UB., l. I, n° iSa). — Le 9 novembre 909, les chanoines de Chèvremont rec^oivent du roi la confirmati m de domaines situés dans le comté de Liège que son frère Zwentibold avait concédés à Rohing, après avoir été déposé jiar les grands de la Lorraine, el (jue Rohing avait ensuite donnés aux chanoines de Chèvremont pour l'entretien de leur table. L'acte est rendu à la prière de l'archevêque Hatlon el du comte Gebhard, qui avail au préalable fait une empiète (B. M. 2008, R. H. Fr., t. IX, p. 874). — Le 26 juillet 910, Louis, à la prière de révè([ue Thiolon el de son parent le comte Conrad, accorde au prêtre Foldger (Folcker) la jouissance viagère des domaines de l'abbaye de Kaiserswerth »jue ce dernier délaient en bém-fice dans le Keldayyore el le comté dudil Conrad ; à la morl de Foldger, ces biens reviendront à l'abbaye (B. M. 2008, NR. UB., t. I, n° 8.î). — Enfin, le i5 octobre 910, Louis, à la prière d'Isaac, de Conrad el de Werner (Garnier) donne à trois vassaux du comte Hugues des manses el une église situés à Domèvre dans le p. Al/jensis et le comté de Hugues. Hildemann, à qui Arnulf les avail partiellement concédés, ayant cherché à prendre plus qu'il ne lui avail été octroyé, Hugues en rendit compte à Louis ((iii, sur le jugement de ses lidèles, jtronon^a la confiscation de ces doinai;ies. Il les concède en toute propriété aux vassaux du cumle Hugues (B. M. 3009, R. II. Fr., t. IX, p. 878). — Pour linii-, mentionnons un diplôme faux accordant à 1 abbaye d'AndIau la confirmation (h- ses biens, le droit d'élire l'abbesse, mais à la ci>ndi:ion de la prendre dans la famille de Roirude, l'abbesse actuelle, nièce de Richarde; cet acte est rendu à la prière d' Adalbéron d'.Vugsbourg (B. M. aooC), Sc.iuki'H.i.n, Als. dipl., t. I, p. 98J. Ce. document a d'ailleurs été fal)riqué il'après un acte aiitlieiilique de Louis l'Eidant, connue le ])rouvenl la mention d'.Vdalbéron el la correction des formules de souscriplion du roi et du clianci'lifr (Radbod).
MORT DE GEBHARD (ijio). — REGNIER miSSllS c/omÙlicUS (911). Sy'^
intercesseur dans un diplôme rendu le 20 octobre 906 k Saint-Arnoul, pour confirmer un échange entre l'église de Liège et un vassal de l'abbaye de Nivelles K Ainsi, Régnier se trouvait k Metz lors du jugement de Gérard et de Matfrid, et il y a pris part sans aucun doute. Désormais, il était délivré de deux compétiteurs dangereux. Restaient, il est vrai, les Conradins. Tant que vécut Louis l'Enfant, il se garda d'entrer en lutte avec ces adversaires redoutables, qui disposaient k leur profit de l'autorité royale, et on le voit même en bonne intelligence avec eux. Ainsi, le 18 janvier 908, il intercède avec Gebhard et l'archevêque Herimann de Cologne en faveur de l'église de Liège ^. Les Conradins l'avaient débarrassé de Gérard et de Matfrid ; les Hongrois allaient le délivrer de Gebhard, qui tomba mortellement blessé, le 12 juin 910, sur le champ de bataille du Lechfeld 3. Gebhard ne laissait que des fils en bas âge +, et le chef de la famille devint son neveu Conrad, fils aîné de Conrad l'Ancien. Conrad le Jeune avait en Lorraine le comté de Keldarjgowe >, son frère Eberhard l'abbaye de Saint-Maximin ^. Qui succéda k Gebhard comme duc de Lorraine ? Rien ne prouve que c'ait été le jeune Conrad. Il figure comme intercesseur dans un diplôme de Louis du i5 octobre 910, pour des vassaux du comte Hugues de Chaumontois, mais il ne vient que le second 7. La mort de Gebhard avait été un événement heureux pour Régnier. Y eut-il un changement dans sa situation ? Dans une charte de Stavelot, du i"juin 91 1, il prend la qualification, depuis longtemps tombée en désuétude, de missiis dominiciis ^. Ce titre lui avait-il été conféré par le roi lui-même avec des pouvoirs étendus sur une partie de la Lorraine, ou se l'arrogeait-il sans droit? Nous n'en savons rien, mais la première hypothèse nous paraît la plus vraisemblable 9 ; pourquoi Régnier aurait-il
3. Sur cet événement, voir Muiilbacher, Reg. Kar., pp. 740-741, et Dùmmler, t. III, pp. 557-558. Le (I Gebardus dux » dont le Liber viUe de Remiremont mentionne la mort à la date du 22 juin (iV. A., t. XIX, p. 66), doit évidemment s'identifier avec notre Gebhard, c'est l'opinion de Mûhlbacher et de Dûmmler.