‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 569 sur 764 · B. 1947 et · texte numérisé non relu

B. 1947 et

6. Mabillox, Ann. O. S. B., t. III, p. 369. Cet acte, daté des nones de décembre, est du 5 et non du 7, commis le dit à tort Muhlbacheu, Reff. Kar., p. 744. Une difficulté se présente à propos de ce diplôme : Charles, qui était à Bonn au début de novembre, qui passa l'hiver 921-922 à guerroyer contre Giselbert et Otton, pouvait-il se trouver à Laon le 5 décembre ? Flodo.vrd ne mentionne le retour de Charles dans cette ville qu'au printemps de 922, un peu avant Pâques (Chronicon 922, t. III, p. 8).

8. MuHLBAciiER, Regr. Kar., p. 744, ne se prononce pas ; Dummler, t. III, p. 672, pense que la reconnaissance de Charles comme roi de Lorraine eut lieu vers le 1^' novembre.

584 LE RÈGNE DE CHAULES LE SIMPLE ((jii-(j23).

OÙ 11 rendit tloiix diplômes en faveur d'Etienne, évêque de Cambrai';

1. Par lt> ])remi(*r, Cliarles, !» la [)rii're (riîlionne, évèiiiie de Cambrai, (lui lui représenta <in'uii (li|il()iiit' (le Zwt'iilihoUl, afrcclant aux clianoines de la caliiiulralc divers doiiiaiiiCÂ pour leur eulrelien avait été la proie des tlauiuies lors d'un incendie ({ui avait dévoré la ville, eonliriue auxilits elianoines la propriété pleine et entière des niaist)ns |)articulières «[u'ils avaient dans la ville, ainsi ipic des biens (pi'ils |)ossédaient dans le (".anibrésis, le Hainaut, le Verinandois et le Soissonnais (H. i(j3/(, /{. //. Fr., t. IX, pp. r)i3-5i4)- l'îir le second acte, C-liarles, à ipii les comtes (iarnier et Tliicrry ont représenté ([ue la villn Lestorphen, propriété béréditaire d'Etienne, évèque de Cambrai, courait de tjrands périls, soit en cas d'invasion des lîarbares, soit en cas de ijuerre civile, décide, sur la demande de ces comtes, ipi'Etienrie pourra construire à Lesl()r/)/ien un cbàteau, y établir un marché, un atelier pour la frappe de monnaies à son effKjie propre (celle de l'évèiiue), et accorde enfin à cette nilla les priviU'(jes de l'inimunité (Le Glay, Olossaire topoyraplùque de rancien (Uimbi-ésis, pièces et di|>lomes justiticatiis, n" i). tîe diplôme est-il faux, comme le prétendent Piot, Les Pagi de la Belgique, p. i5f), et E.ngkl et Seukure, Traité lie nuinisinatique du Moyen âge, t. I, p. 2O7 ? Ce sont les termes dans lescpiels est formulée la concession monétaire « proprii nomismatis percussuram » qui rendent cet acte suspect, ainsi que deux autres diplômes de Charles le Simjjle où on les reirouvc ; l'un d'eux, pour Saint-Martin de Tours, est du 27 juin 919; l'autre, du 9 juillet, même année, concerne Prùm (B. 19O3 et 19G6). A l'enconlre de ses devanciers, dont il ne discute ni ne me .tionne même l'opinion, Pnou ne trouve pas insolite la formule « proprii nomismatis percussura « ((^ata/ogue des mo/iniiies fraiif^-aises de In Bihliathëque Nationale. Les Monnaies carolingiennes, inirod., p. lxviii), et il admet l'antbenlicité des trois ]>rivilè(jes que rejetlenl ses confrères (if>id., pp. lxvi et lxvii). Prou commet d'ailleurs une double erreur ;\ propos du diplôme relatif à Cambrai : il fait, p. lxvi, de Letard un comte de Cambrai, et il prétend, n. 1, que les termes /'//• illustris ne sont pas conformes aux usages de la chancellerie de Charles le Simple; sa conclusion est (pie l'acte a été remanié. Leiard est en réalité comte du p. A'idensis; en second lieu, la formule i>ir illustris se retrouve, nous le verrons un peu plus loin, dans les premiers diplômes rendus par Charles le Simple en faveur de la Lorraine. Si l'acte du 20 décembre 911 a été fabrique, le faussaire a eu sous les yeux un modèle, peut-être l'autre privilèqe, rendu également le 20 décembre f)ii, dont il reproduit les formules du début et de la fin, invocation, suscription, souscriptions du roi et du chancelier, dates, sauf que le diplôme suspect ne donne que les années du règne de Charles comptées depuis 893. D'autre part, où est situé ce k Lestorphen in pago Nidensi » (et non " indensi » comme on l'avait lu à tort, le « p. indensis », Piot l'a démontré, o/>. cit., ibid., n'ayant jamais existé) ? II y a un p. Nidensis, le pagus de la Nied et jus'ement à cette époque il avait pour comte Letard ou Liutard, comme le prouve une des deux chartes de Ro.ic pour Saint-Maximin, du i" janvier 909 {MR. UB., t. I, n" i53) e Lestorphen pourrait être LostrotT (Lorraine, Cliàteau-Salins, Albesti'off), ou plutôt Linstroff (Lorraine, Sarreguemines, Gros-TeiKpiin). Linstroff, en effet, se trouve tout près des sources de la Nied allemande et a pu appartenir au p. Nidensis, quoicpi'on ne puisse l'affirmer. Un |)etit ruisseau passe à Linstroff, mais rien ne prouve qu'il ait porté le nom de « Saregna ». En outre, il parait invraisemblable <pie l'évèque de Cambrai ait sollicité l'autorisation d'établir un ate'icr monétaire dans une localité séparée de sa A'ille épiscopale j)ar une distance d'environ 280 kilomètres à vol d'oiseau. EnGn, aucun document ne signale à Linstroff l'e.xistence d'un atelier monétaire. Et pourtant, si l'acte a été fabricpié, pounpioi le faussaire aurait-il choisi un endroit imaginaire pour y jilacer la concession par Charles d'un atelier monétaire ? Il y a là un problème difficile à résoudre. Croissy se trouve dans l'Oise, arrondissement de Clermont, canton de Crèvec(eur. Nous ne connaissons pas la date de la mort de Dodilon ; tout ce ipie nous pouvons dire, c'est (pie l'événement est postérieur à l'avènement d'Élienne sur le siètje de Liège, puis(pie ce dernier prélat assista à la consécration de Lobbes par iJodilon (Gesla epp. (Uinier., liv. I, ch. G5, SS., t. VII, p. l\2l\). Dodilon avait fait élever autour de sa ville é|>iscopale une enceinte qui englobait l'abbaye Sainl-.Vutbert, auparavant située hors des murailles {(Jesta, iliid.). Etienne, ([ui lui succéda, on ne sait en quelle année ni dans cpielles conditions, était un homme de grande vertu et de grand savoir; il avait l'.Msace pour patrie (Gesta, liv. I, ch. HO et Gg, SS., t. Vil, p|). l\-j/\ et l^•M^). C'est dans les diplômes de (Charles le Simple du 20 décembre 911 ([ue l'on trouve la première mention d'hlienne, évè(pie de Cambrai. Le C.viu'e.ntiku, Histoire de (Uunbrai, t. I, p. 336, tait con\mencer on (jof) l'épiscopat d'Etienne; Le (!i,\y, Caineracuni clirisliannni, p|). 17 cl 18, ne donne pas l'année de la mort de Dodilon, ni celle de la cons(''cratii)U d'Etienne.

CHARLES PREND POSSESSION DE LA LORRALNE (yi 1-912). 585

dans l'un apparaissent comme intercessem^s deux comtes, Garnier et Thierry, qu'il est difficile d'identifier'. Le i" janvier 912, Charles était à Metz ; il y confirma une restitution de divers domaines faite à l'abbaye Saint-Maximin par le nouvel abbé que lui-même venait de placer à la tête de ce monastère ^ Cet abbé, qui était en même temps comte, n'est pas nommé dans l'acte; on a supposé qu'il s'agissait de Régnier, en s'appuyant d'une part sur le témoignage de Sigehard, d'autre part sur ce fait que Giselbert, fils de Régnier, posséda Saint-Maximin, n'étant encore qu'un enfant 3. Puis Charles se rendit a Toul, dont l'évêque Drogon était son parent. Il restitua à ce dernier l'abbaye de Ronmoutier+. De là il passa en Alsace ; le 3 février, il est a Châtenois, où il confirme les privilèges de l'abbaye d'Andlau qu'avait fondée l'impératrice Richarde, femme de Charles le Gros 5 ; le 12, nous le trouvons à Rouffach,

1. Le comte Thierry n'est certainement pas le Frison, frère de Waldger, et fils de Gerulf, qui ne se rallia que plus tard à Ciiarles le Simple.

2. Par ce diplôme, Charles, à la prière du comte à qui il venait de donner Saint-Maximin, confirme et la restitution que ce dernier avait faite, aux moues de cette ahbaye, de biens qui leur avaient été injustement enlevés, et le diplôme par lequel Arnulf (B. M. i835, cet acte a servi de modèle) avait affecté différents domaines de Saint-Maximin à l'entrelien des rehgieux (B. 1985, MR. UB., t. I, n» i56).

3. Sigehard, Mivacula S. Maximini, ch. 11 {SS., t. IV, p. 282). Wittich, p. 83, et DûMMLER, t. III, p. 282, identifient Régnier avec le comte-abhé de Saint-Maximin, que le diplôme de Charles ne nomme pas.

4. L'évêque de Toul, Drogon, avait présenté au roi des chartes démontrant que l'un de ses prédécesseurs sur le siège de Toul, Bodon, avait donné Bonmoutier à son église. Charles nous apprend en outre, dans son diplôme, que le roi Lothaire, ])Our punir l'évêque Arnoul de sa vertu inflexible, lui avait enlevé Bonmoutier et d'autres domaines. Depuis lors, Arnoul lui-même et ses successeurs Arnaud et Ludelme avaient obtenu la restilution de plusieurs anciennes possessions de leur église (B. 1829, B. M. iCm'], i6ôi, i8i5, i833, i84y, ig4o). Charles, en raison de la fidélité de Drogon et de la parenté qui l'unissait à lui, restitue à l'é ,lise de Toul Bonmoutier, que le prélat avait déjà reçu du roi en bénéfice (B. 1986, Calmet, t. I, preuves, col. 834). Le 19 février 884, Charles le Gros avait donné Bonmoutier à l'abbaye d'Andlau, fondée par sa femme Richarde (B. M. i685).

5. ScHŒPFLiN, .4/*. (UpL, t. I, p. 108 (B. 1987). Charles, acquiesçant à la prière de Rotrude, abbesse d'Andlau, qui lui avait présenté une charte de l'impératrice Richarde, une bulle de Jean (VIII), des diplômes des empereurs Charles et Arnulf, confirma les privilèges du monastère. Interdiction était faile au roi et au comte de pénétrer sur les terres d'Andlau. Les religieuses devaient élire pour abbesse une parente de Richarde, si toutefois il en existait présentant les condit'ons requises de piété et de chasteté ; sinon, elles auraient le droit de prendre une abbesse étrangère à la famille de Richarde. Il était défendu aux membres de cette famille, ainsi qu'à tous autres, de rien enlever à l'abbaye sous aucun prétexte. Le roi étant retenu ailleurs par les affaires de l'Etal, et ne pouvant venir dans le pays aussi souvent qu'il le voudrait, celui qui se chargera, à la place de Charles, de prjtéger l'abbaye, aura le devoir de ne rien distraire pour son usage des biens de l'abbaye, ceux-ci étant exclusivement réservés aux religieuses ; chaque année il recevra seulement pour son service deux chevaux, ou deux bonnes pièces de toile, ou quatre voitures de vin. — Le seul énoncé des dispositions de ce diplôme suffit à montrer qu'elles n'émanent pas de Charles le Simple ; jamais on n'en rencontre de semblables dans les actes de ce prince, ni d'ailleurs dans ceux des souverains de cette époque. Mais, d'autre part, les formules du commencement et de la fin, l'invocation, la suscription, les souscriptions du roi et du chancelier, les dates et l'apprécation sont bien telles (jue les rédigeait la chancellerie de Charles le Sim])Ie, un peu après que ce prince fut monté sur le trône de Lorraine. Nous avons donc la certitude que le faussaire a eu sous les yeu.x un diplôme authentique de Charles le Simple, et il est très vraisemblable (jue ce privilège concernait Andlau. Le soin avec le juel sont précisés les droits de l'avoué indique que l'acte a été

586 LE UÈGXE DK CHARLES LK ShMl'LL (.ji i-.jm;}).

OÙ, il la |)iit'r(i do Droçjon, évé(inc tle Toiil, et du coiiito Uicuiu, il approuve une donation laite à l'étjlise de Toul par l'archidiacre Kngelranil'. Deux mois plus tard, le 12 avril, (Miarles est dans le nord de la Lorraine, à Niuiègue : dans ce palais il souscrit, à la prière des comtes Hé()iii('r et Hércnyer, une donation en faveur de Fulrad, moine de Stavolot*; cette abbaye, on se le rappelle, appartenait à lléfjnier.

Une attaque de Conrad sur la Lorraine avait-elle motivé le déplacement de Charles? Pendant plusieurs mois le nouveau souverain de l'Allemagne n'avait l'ait aucune tentative pour disputer la Lorraine au roi de France. Louis, son prédécesseur, ayant régné sur ce pays, peutêtre se considérait-il, ;i tort d'ailleurs, comme ayant des droits îi le gouverner î. En outre, son oncle Gebhard avait été duc de Lorraine ; lui-même et son frère avaient des abbayes et des domaines dans ce royaume. INIais l'occupation de la Lorraine par Charles leur faisait perdre ces bénéfices. Nous avons vu que ce prince avait donné Saint-Maximin au comte Régnier ; les autres abbayes eurent un sort analogue. Charles, ou le comprend sans peine, ne pouvait laisser ni le roi d'Allemagne, ni ses proches, maîtres d'importantes abbayes lorraines, et Conrad, pour les recouvrer, était obligé de conquérir tout le pays. Il finit par s'y résoudre et, à trois reprises, il envahit la Lorraine. Lui et les membres de sa famille étaient maîtres d'une partie de la Francia germanique, et justement de celle qui touchait la Lorraine ; ils y avaient le Wormsfeld, le Rinagoioe, le Wellereiba, le LogenaJie, le Hessi*; de plus, les pagi

remanié à une épO(iue où l'abbaye, en lutte avec le seigneur qui détenait cette cbanje, voulait mettre un terme aux empiétements <iu'il commettait. Il y a un certain air de famille enirc le faux di|)lôme au nom de CIbarles le Simple et le faux diplôme au nom de Louis l'Enfant, (jui repose du reste, lui aussi, sur un acte authentique (voir ci-dessus, p. 572, n. i). Pourtant, on constate d'assez notal)les différences entre ces deux pièces, et particulièrement en ce qui concerne les droits de l'avoué ; il se pourrait donc qu'elles n'eussent pas été fabriquées à la même époque. — Comme nous l'avons dit, les formules de dates du (lii)lôme de Charles le Simple sont très correctes ; sans aucun doute le faussaire les a reproduites telles qu'il les trouvait dans le privilèije autlientiiiue c[ui lui servait de modèle, et bien certainement il n'a pas chanqé le nom du lieu où ce dernier avait été rendu. On peut donc admettre la ])résence de Charles à Chàtenois le 3 février y 13, et la chose paraît d'autant plus vraisemblable (jue le 12 du même mois ce prmce était à Routl'ach. Schœpflin, Als. ilL, t. 11, p. 2, identifiait (Uistinetum avec Cliàtenois en Lorraine (Vosqes, chef-lieu de canton de l'arr. de Neufchàteau), tandis <pie (ÏRANnn)iEK, Ilisluire de Stnishoiinj, t. II, pr., p. r.c.c.xx, note c, y voit avec plus de raison Chàtenois en Alsace (Basse-Alsace, arr. et cant. de Schlestadl).

1. Enqelrand conservait en précaire les biens qu'il donnait dans le p. Caluoniontensis, et en recevait d'autres au môme litre situés dans le p. Scarponensis et appartenant à l'église de Toul. Son neveu Himon devait en jouir ap:-cs lui, et il était stipule (pi'après sa mort tous ces domaines reviendraient à l'éylise de Toul (13. nj38, Calmkt, t. I, pr., col. 335).

2. Ces biens, situes dans le p. Meyinensis et le comté de Bérenqer, devaient revenir à l'abbaye après la mort de Fulrad (IL i93(j, MautIcnk, Ainpl. Coll., t. II, col. 3y).

3. L'historien luxembourgeois Scuœttku déclare mal fondées les prétentions ipie C.onrad éleva sur la Lorraine, attendu ([ue les Etats de ce dernier pays avaient, i\ la mort de leur souverain, autant de droits (pie ceux de la France orientale i\ se choisir un nouveau roi(Ki/ii<je kritische Krœrteranyen ilber die fruhere Ge.schichte der Grdj'sclmjï Luxeinhnrtj, p. 18).

t\. Conrad lui-mômc avait eu les pngi Wonnncensis et llessi (IL M. iy8a, »y8y et iyy7), son frère Olton le /;. Logeiidlie superior (IL M. aoiy et 202/1), l'tou, fils de Gebhard, \cs p<ii/i Wetlereibn cl lUniKjowe (IL ISi. 2o3o cl 2o/|3); (Conrad, fils il'Eljerhanl, le p. LiK/rniilir iitfcrior (IL M. 200^ et 2007).

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TENTATIVES DE CONRAD SUR L.V LORRAINE (yia-giS). 087

Diiisbarg et Keldaggoioe, lorrains ou tout au moins contigus à la Lorraine, leur appartenaient'. Conrad avait donc la un solide point d'appui, une bonne base d'opérations pour se porter contre le royaume voisin^. Ses efforts devaient cependant échouer, en grande partie, sans aucun doute, par suite de l'indifférence ou de l'hostilité des Lorrains.

Les campagnes de Conrad nous sont très mal connues ; c'est à peine si nous pouvons affirmer qu'il en fît trois'. Car, tandis qu'une recension des Annales Alamannici en compte deux, séparées par une trêve de courte durée +, l'autre n'en connaît qu'une seule ^. Mais ce n'est pas tout. Les Annales Alamannici (codd. Modœtiensis et Veronensis) présentent ainsi la première campagne de Conrad : « Karolus in Alsatiam, Chunratus in Hlodarios », opposant à tort l'Alsace à la Lorraine, puisque la première de ces contrées n'avait pas cessé de se rattacher à l'autre. Mais prenons le texte de ces Annales tel qu'il nous est donné ; il en résulte, puisque l'Alsace ne fait pas partie de la Lorraine, que l'expédition de Conrad n'a pas été dirigée contre elle. Pourtant, un diplôme du roi d'Allemagne pour l'abbaye de Saint-Gall signale la présence de ce prince a Strasbourg le i4 mars 912^. II est vrai que l'on peut avoir des doutes, sinon sur l'authenticité, du moins sur l'exactitude de la date de ce dernier document. D'après un acte pour Murbach, Conrad se serait trouvé dans cette même ville de Strasbourg le 12 mars 9137. La présence du roi au même endroit, à un an d'intervalle, presque jour pour jour, est bien extraordinaire s, et il y a lieu de se demander

1. B. M. 1969 donnait ces deux comtés à Ollon et à Eberhard, mais B. M. 2008 attribuait le Keldaggowe à Conrad, le futur roi. Ajoutons qu'une charte du lO juin gi3 pour l'abbaye de \N'eilburij mentionne deux comtes Eberhard, l'un du pagiis Pemaffa, l'autre du p. Bunnensis. L'un de ces deux personnages doit être le frère de Conrad (charte mentionnée par MiJHLBACHER, Reg. Kai\, pp. 748-749)-

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