Voir ci-dessus, p
4. L'année de la mort d'Odberl est donnée par les Ann. Sangall. inaj. 918 (SS., t. I, p. 77) cl par le Cont. Rkg. 913, p. i55, le jour par le Kalend. nerrol. augiense, le ji>iu-, le lieu el la nature de la mort par Ehchenbald, Versus de epp. Argentin. {^\iix.\i>iv.i\., Fon'es, t. IV, pp. i/|3 el 2).
MONNAIES STRASBOURGEOISES DE CHARLES. 5g5
un S au-dessous ; suivant les numismatistes, ces deux lettres sont la première et la dernière du nom latin de l'évêque ; ils voient de même dans rO et le D d'un denier de Louis l'Enfant, frappé à Strasbourg, les deux premières lettres d'ODbertus'. Charles, après la mort d'Odbert, demeura en possession de Strasbourg, car le prélat assassiné eut pour successeur Gozfrid ou Godefroy, fils d'une sœur aînée du roi^. Peut-être avait-il pour mère Ermengarde et pour sœur Cunégonde, femme de Wigeric ; il est à remarquer que l'on retrouve ce nom de Godefroy parmi les descendants de ce dernier personnage. L'épiscopat de Godefroy ne dura que quelques semaines ; l'évêque mourut le lo ou le 12 novembre 918 3. On possède un denier de Charles le Simple, frappé à Strasbourg, sur lequel sont écrits au revers un G et un D, le premier au-dessus, le second audessous d'ARGENTINA CIVITAS ; ces deux lettres sont, l'une la première, et l'autre la troisième du nom de GoDefridus^. Nous ne savons si Godefroy avait été régulièrement élu, mais son successeur Ricuin s'installa sur le siège de Strasbourg en violation des lois canoniques. Ricuin était lorrain 5, et peut-être avait-il des liens de parenté avec le comte de Verdun de ce nom^, qui avait justement accompagné Charles en Alsace au mois de février 912. Nul doute que Ricuin n'eût occupé l'évêché de Strasbourg avec l'appui du nouveau roi de Lorraine?, et c'est probablement pour ce motif qu'à l'instigation de Conrad l'archevêque de Mayence refusa de consacrer le nouvel élu, et, comme il persistait à ne pas s'en aller, le cita à comparaître devant le concile de Hohenaltheim. En tous
, I. Le premier, de Longpkrier a appelé l'attention sur les monnaies de S rasbourg portant les initiales du nom d'un évêque (^Monnaies èpiscopales de Strasbourg et de Constance, Reuue de naniisniaiique, 2^ série, t. II, pp. 333 et suiv.). Ses vues ont été adoptées par SoETBEER, Beitrœçfe sur Geschichte des Geld- und Miinzwesens in Deutschland (F. D. G., t. VI, -p. 36), et par Engel et Lehr, Numismatique de l'Alsace, pp. i54-i55. Ces derniers auteurs signalent une obole de Cbarles le Simple, avec l'O et l'S d'OdbertuS, qui avait écbappé à de Longpérier.
2. Erchenbald, Versus (Bœhmer, Fontes, t. IV, p. 2). D'après Leibniz, Ann. imp. occ, t. II, p. 273, Godefroy était peut-être fils d'Ermengarde, fille de Louis le Germanique, et d'un comte alsacien ; la supposition n'a pas la moindre vraisemblance. Kalgkstein, op. cit., p. i35, croit que Godefroy avait pour mère une sœur de Charles le Chauve ou de Charles le Simple, et Dijmmler, t. III, p. 5g3 et n. 2, se range à cette dernière opinion.
3. Erchenbald, Versus (Bœhmer, Fontes, t. IV, p. 3), donne le 10. Godefroy est menlionné par les Gatalogi epp. Argent. (SS., t. XIII, p. 323, et t. XVII, pp. 87 et 117).
4. Voir les travaux déjà cités de Longpérier, pp. 334-335, et d'ENCEL et Lehr, pp. 1 54-1 55.
■ 5. Erchenbald, Versus (Bœhmer, Fontes, t. IV, p. 3) ; sur l'irrégularité de l'élection, voir Synodus Altheimensis, ch. 29 {LL., t. II, p. 559).
G. Kalgkstein, op. cit., p. i35, le suppose avec quelque vraisemblance. Ghandidier, Histoire de Strasbourg, t. II, p. 288, et Strobel, Vaterlœndische Geschichte des Elsasses, l. I, p. 179, font de Ricuin un fils de Régnier; Kurze, le dernier éditeur de Réginon, suppose, p. 121, n. 6, que l'évêque de Strasbourg est peut-être le comte Ricuin qui, d'après Réginon, fit décapiter sa femme. L'une et l'autre hypothèses sont également inacceptables. Le comte Ricuin qui fit justice d'une épouse coupable, doit être identifié avec le comte de Verdun.
7. La chose est admise par Gfrœrer, t. II, p. 4G2, Stein, p. 253, Kalckstein, p. i35, le Père Brabant, art. cité, p. 05, et L)ùmmler, t. III, p. 5g3.
59^) LE RÈGNE DE CH.VULKS LE SlMl'M; ((ji i-.jaii).
cas, l'élévation successive de (jodefroy et de Uicuiii sur le siéçje de Strasbourg prouve qu'à cette époque (Charles tenait cette ville en son pouvoir. Aucune monnaie de ce prince avec les lettres du nom de Ricuin ne nous est parvenue, tandis ((ue nous en avons de telles frappées au nom d'Henri rOisoleur'.
Nous avons parlé [)lus haut des deniers et oboles de (lliarles sur lesquels sont inscrits les noms abrégés d'Odbert et de (Jodefroy. Il existe en outre d'assez nombreuses pièces sorties de l'atelier monétaire de Strasbourg et portant le nom d'un Charles qui, d'après les numismatistcs les plus autorisés, ne peut être que Charles le Simple * ; les types des monnaies de Charles le Cros sont tout difl'érents. Par contre, on ne connaît ni un denier, ni une obole frappés à Strasbourg au nom de Conrad.
L'existence de monnaies strasbourgeoises au type de Charles le Simple, la nomination de Godefroy et de Ricuin, l'hostilité témoignée à ce dernier par les Allemands et son maintien en dépit d'eux sur le siège de Strasbourg, nous paraissent démontrer que cette ville n'est pas restée en la possession de Conrad, non plus sans doute que la partie alsacienne du diocèse qui en dépendait'.
Nous ne pouvons rien dire eu ce qui concerne l'évêché de Râle, qui comprenait la Haute-Alsace. Les Annales Alaniannici mentionnent, en 912, une tentative de Rodolphe II, roi de Rourgogue, contre la ville de Râle, mais sans dire s'il s'en empara, ni s'il eu resta maître+. Nous avons un diplôme de Charles le Simple du 21 juin 914, en faveur d'un comte Hugues, dvL pagiis Warascus (^Warascoriwi), et c'est justement dans ce pagiis, à Poligny, que se trouvent les terres dont il fait cadeau à Hugues >. Le p, Warascas aurait donc dépendu de Charles, mais l'acte émane de la chancellerie française. On ne peut donc pas considérer ce. teri'itoire comme se rattachant à la Lorraine.
Les diplômes de Charles le Simple mentionnent d'autres pagi qui faisaient partie de ce dernier royaume, le Lhwensis (^Leodiensis)^ , le LomacensisT, le Hainaut et le Cambrésis^, dans les vallées de la Meuse
1. Voir de Longpérier, art. cité, p. 336, Engel et Lkhh, o/). cit., p. i55. L'existence de CCS monnaies n'infirme en aucune façon la thèse que nous défendons ; l'épiscopat de Ricuin se prolongea eu effet juscpi'au delà de 930, c'est-à-dire jusqu'à une époque où depuis longtemps déjà Henri l'Oiseleur était le maître incontesté de l'Alsace.
2. De LoNGPÉniEH, p. 33/i, E.ngel et Leur, p. i55. Les historiens allemands ignorent ou négligent ces données, si importantes cependant, de la numismatique.
3. Laguili.e, Histoire d'Alsace, t. I, pp. i3o-i3i, Guandidieii, Histoire de Strasboiinj, I. II, p. 28/1, BoHo.NET, art. cité, p. 3o, Wah.nkœnig et Gérard, op. cit., t. II, p. 336, de Longpérier, art. cité, p. 33^, croient que Charles conserva r.\lsacc. D'api'ès Ec.kei., Etude sur le règne de Charles le Simple, ch. IV, p. 3, l'.-Msace resta, sinon sous la domination directe, du moins sous l'influence de (Charles.
A. Ann. Alatnann. (codd. mod. et veron) yia {SS., t. I, p. bb). 5. B. 19AA.
G. B. ify,6.
7. Diplôme sans date pour Liège (Cart'" de Saint-Lnndtert, t. I, n» ii) et acte faux pour Brogiie (Mih.eus, Opéra diploin., t. Il, p. Ko(>).