NOUVELLE RÉVOLTE DE GISELBERT
concile auquel devaient assister des prélats lorrains et allemands. Il se tint dans le courant de 922 à Goblenz, en terre lorraine par conséquent, mais près de la frontière, que le Rhin marquait à cet endroit. Seuls parmi les prélats soumis à l'autorité de Charles, l'archevêque de Cologne Herimann et Ricuin, évêque de Strasbourg, assistèrent à ce concile. La triste situation de la Lorraine, désolée par la guerre civile, empêcha peut-être les autres prélats de venir à Coblenz'.
Nous avons vu Charles enlever k Ricuin quelques-unes de ses forteresses dans le courant de 921. Sans nul doute, le comte de Verdun n'était que l'allié de Giselbert, qui avait dû se révolter à nouveau. Libre du côté de l'Allemagne, Charles allait tourner ses forces contre Giselbert et contre Otton, fils de Ricuin. Cette lutte, qui se prolongea pendant tout l'hiver 921-922 et jusque dans le carême de 922, ne produisit d'autre résultat que de couvrir la Lorraine de ruines ; le malheureux pays fut dévasté encore une fois, livré aux pillages et aux incendies^.
C'est pendant cette guerre cruelle que Richier, consacré par le pape Jean X, revint en Lorraine et prit possession de son évêché'. Charles gagnait en lui un auxiliaire dévoué, et plus que jamais il lui en fallait de tels. Un peu auparavant, k ce qu'il semble, était mort un autre parent du roi, Drogon, qui occupait l'évêché de Toul+. Mais l'afTaire de Liège ne se renouvela pas. Charles désigna ou fît élire, pour succéder k Drogon, Gauzlin, notaire de sa chancellerie, qui appartenait k une noble famille d'origine franque. Gauzlin reçut la consécrition épiscopale le 17 mars 922 5.
1. Voir les actes de ce concile dans les Mon. Gerni. LL., t. II, p. 16, et dans les- Sitsanijsberichte der Wiener Akademie, t. XLIX, p. 782. On ne sait pas à quelle date se tint le concile. D'après le titre qui se trouve en tète des actes dans le ms. de Salzhourg, reproduit dans les Sifzungsberichfe, Charles et Henri auraient assisté au concile. Waitz, Jahrhb. H. I, p. 65 et n. i, croit que la mention de la présence des rois repose sur une interprétation erronée de la préface des actes ; Ottenthal, Reg. Sax., p. 9, sans rejeter cette explication, dit cependant que les deux souverains ont pu venir à Coblcnz. En tous cas, le fait que le concile se tenait sur l'ordre de Charles et d'Henri est une preuve que l'entente continuait d'exister entre eux, comme le fait observer Waitz, p. 64, n. 4-