SOULÈVEMENT DES SEIGNEURS FRANÇAIS
Hugues, de son père et de tous leurs amis. Le premier, Hugues prit les armes ; à ses troupes vinrent s'ajouter celles de quelques comtes francs et les fidèles de l'archevêque Hérivée, que Charles avait si imprudemment rejeté dans le parti de ses adversaires'. Si le métropolitain de Reims avait encore été l'allié du roi, Hugues n'aurait peut-être p.as osé se révolter. C'est a Fismes, sur les bords de la Vesle, au nord-ouest de Reims, que le fils de Robert grossit son armée des contingents que nous venons d'indiquer. De la, il marcha sur Laon où résidait alors le roi. Soit que celui-ci ne disposa pas de forces suffisantes pour résister, soit que la fidélité du comte Roger et des habitants lui parût douteuse, Charles, qui craignait, dit Flodoard, pour les jours d'Haganon, quitta secrètement la ville avec son favori et le comte Héribert de Vermandois, qui lui était encore attaché^. Il se retira en Lorraine, de l'autre côté de la Meuse, poursuivi jusqu'à ce fleuve par Hugues. Sur les bords de la Meuse, ce- 1 li-ci vit venir à lui Giselbert. Nous ne savons pas quels avaient été jusqu'alors les rapports entre le Lorrain et les Français, mais à partir de maintenant ils vont marcher d'accord. Giselbert suivit Hugues, qui rentrait en France, et tous deux allèrent conférer avec Robert, qui se trouvait dans le pays de Laon. Il est vraisemblable que les trois seigneurs révoltés contre Charles conclurent une alliance et arrêtèrent un plan de campagne. Dès qu'il eut connaissance de ces négociations, Charles reprit les armes. A la tète de quelques troupes levées en Lorraine, où il avait toujours des partisans, il rentra en France et se mit à dévaster les domaines de l'église de Reims. Le château d'Omont, en particulier, qu'Hérivée avait, en 920, repris sur Erlebald , fut emporté et pillé par les soldats de Charles, qui eurent à subir d'importantes pertes. Le roi se mit ensuite à la poursuite de Robert ; celui-ci, après avoir levé une armée, était allé au-devant de son gendre Raoul, fils de Richard le Justicier, qui lui amenait des troupes. La jonction des deux seigneurs révoltés eut lieu au sud de la Marne, que Robert avait passée en aval d'Epernay'. Il était alors à trois lieues de Charles, que l'on trouve les 5 et 7 juin à Tours-sur-Marne +.
1. Nous avons exposé plus haut les opinions des auteurs relatives à l'attitude d'Hérivée ; les uns croient que l'arclievêiiue resta jusqu'au bout fidèle à son souverain, les autres soutiennent qu'il se rangea au parti des rebelles. Ces derniers d'ailleurs ne s'accordent pas sur les motifs qui auraient causé la défection du prélat. (Voir ci-dessus, p. 643, n. i.)
2. Flodoard, Chronicon 922, t. III, p. 9. D'après Folcuin, Ges'a abb. Sith., ch. 99 {SS., t. XIII, p. 625), dos embûches auraient été tendues à Charles dans la ville de Laon et l'auraient obligé à la quitter. Nous savons par Flodoard, Chronicon 926, cf. 928, t. III, pp. 3o et i5, que Roger était alors comte de Laon.