‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 638 sur 764 · Flodoard, Chronicon 922, i. III, p · texte numérisé non relu

Flodoard, Chronicon 922, i. III, p

3. Flodoard, Chronicon (jaS, t. 111, p. iH. Waitz, Jnhrhb. H. 1., p. 69, n. 2, croit (pie l'entrevue eut lieu sur la Roër, et non sur la Ruhr, attendu, dit-il, qu'Henri était allé audevanl de Robert. Nous ne saisissons pas la portée de ranjument ; si Henri se trouvait en Saxe, par exemple, en se portant sur la Ruhr, il allait à la rencontre de Robert, aussi bien que s'il avait poussé jus(prà la Roër. Ottknthal, Rey. Sa.r., ]>. 10, ne se i)rt>nonce pas.

/(. ï)\MiiKiuiEn,S!/n('/ironis/isr/ie Ceschichte, i. IV, p. 472, suppose qu'Henri, en retour de l'appui (pi'il promettait à Robert, aurait exi(|é de lui la cession de la Lorraine. Cette liypotbèse est rejelée par Kai-ckstkin, op. cit., p. 158, et par Waitz, Jnhrhb. II. 1., p. t)y, n. 3. D'après Otïkmiial, liei/. Stur., p. 10, l'alliance d'Henri avec Robert est une violalion du traité de Bonn. Mais y a-t-il eu réellement alliance? Nous le répétons, Henri qarda la neutralité entre Charles et Robert. Il a lellemeni peu aidé l'usurpateur que plusieurs chr()tii(pifurs anciens ariii-uienl qu'il vint eu pei-soiuie au secours de Charles, connue

BATAILLE DE SOISSONS ; ROBERT Y EST TUE (gaS). 653

sence en Lorraine pour obliger quelques-uns des partisans de Charles de conclure avec lui une trêve, qui durerait jusqu'au i'^ octobre, et comme gage il se fît livrer par eux des otages '. La précaution ne devait servir à rien.

Nous ignorons ce qu'était devenu Charles depuis la Içvée du siège de Chèvremont ; il n'avait rien tenté pour inquiéter Robert pendant le séjour de celui-ci en Lorraine. Mais, après le départ de son ennemi, il décida ses partisans à rompre la trêve qu'ils venaient d'accepter. Au lieu de chercher d'abord à en finir avec Giselbert, à s'assurer la paisible possession de la Lorraine, il aima mieux faire contre Robert une deuxième tentative.

Ayant réuni une nouvelle armée, le roi franchit la Meuse, alla camper à Attigny, puis, apprenant que Robert se trouvait sur les bords de l'Aisne près de Soissons, il se dirigea rapidement de ce côté pour surprendre son adversaire avant qu'il eût concentré autour de lui toutes ses forces. II arriva ainsi le samedi 1 4 juin près de l'armée des rebelles. Le lendemain dimanche il ne fît aucun mouvement, pour endormir la vigilance des ennemis. Ceux-ci, convaincus qu'ils ne seraient pas attaqués ce jour-là, ne prirent aucune disposition et ne se tinrent pas sur leurs gardes. Reaucoup étaient en train de dîner quand le combat s'engagea. Charles en effet, jugeant le moment favorable, fit rapidement prendre les armes à ses soldats, franchit l'Aisne et fondit sur les troupes sans défiance de l'usurpateur. C'était près de Soissons également que deux cent quatre ans auparavant les Austrasiens, les Lorrains de l'époque, avaient mis en fuite les gens de l'Ouest et du Midi coalisés ; ils avaient pour chef un ancêtre et un homonyme du roi de France et de Lorraine. Mais Charles le Simple n'était point Charles-Martel, et les descendants des vainqueurs de Tertry, de Francorchamp, de Vincy, de Soissons, avaient dégénéré, eux aussi, de la valeur de leurs aïeux. Pourtant, le succès parut tout d'abord leur sourire. Robert avait fait bonne contenance et mené en hâte ses troupes au combat. Mais il tomba frappé à mort. Flodoard ne dit pas qui l'avait tué ^. Richer raconte un combat singulier dans lequel

Thietmar, Chronicon, liv. I, ch. 28, p. i4, Joconde, Translatio S. Servatii, ch. 2^, et YHistotna reffum Francorum (SS., t. XII, p. 99, et t. XIII, p. 25i); les Ann. Vird. looi (SS., t. IV, p. 8) remplacent Henri par Otton. D'autres auteurs font envoyer des troupes par Henri ; ainsi Raoul Glaber, Historiée, liv. I, ch. i, 5 6 (éd. Prou, p. 8), dit que Robert fut tué par une armée de Saxons, et d'après Adhémar de Chabanî*es, Historim, liv. III, ch. 22 {S S., t. IV, p. 125), c'est Otton qui envoie une armée de secours à Ciiarles. Il n'y a pas à tenir compte de ces allégations erronées, qui ont pour origine l'appui fourni par Otton le Grand à Louis d'Outremer, lors de la lutte de ce prince avec Hugues le Grand. D'après Widukind, Res Gestie Saxonicœ, liv. I, ch. 3o, p. 26, Henri plaignit le sort de Charles, lorsqu'il eut appris la défaite et l'emprisonnement de ce prince ; mais ce auteur ne dit pas qu'Henri fut venu au secours de Charles, comme l'avance Thietmar, qui suit cependant Widukind.

1. Beaucoup de chroniqueurs ont relevé le caractère lorrain de l'armée que commandait Charles: Flodoard, Chronicon 928, t. III, pp. i4-i5, Richer, Ilistoriœ, liv. I, ch. 44. p. 27, Ann. Lob. 928, la Genealogia Fusniacensis et Folcuin, Gesta abb. Sith., ch. 100 {SS., t. XIII, pp. 233, 202 et 625).

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