Flodoard, Chronicon 928, t. III, pp. i4-i
654 I.K RKGNE DE CHAULES LE SIMPLE (yii-(ja3).
Robert et le comte lorrain Fiilhert, porte-étendard de Charles, se seraient iiuiluflleinent donné la mort '. Des chroniques postérieures, qui ne méritent aucune confiance, font j)érir Rohcrt de la main même de ( liiarles *. Le trépas de leur ciieC ilécouracjea les Français, (jui d'ailleurs avaient enrayé la bataille dans de mauvaises conditions. Ils pliaient, et la victoire send)lait accpiise aux; Lorrains, quand l'arrivée de troupes fraîches commandées par Hugues, fils de Robert, et par le comte Héribei-t de Vermandois, vint chanrjer la face des choses. F.itigués par le [)remier coml)at qu'ils venaient de livrer, accablés peut-être par la supériorité du nond)re, les Lorrains durent battre en retraite, mais en raison de la mort de Robert, ils ne furent pas poursuivis. Le camp de Charles fut pris et pillé par les soldats ennemis ainsi que par les paysans et les gens des faubourgs de Soissons. En outre, les Lorrains perdirent beaucoup de bagages, que leur enleva au passage Roger, comte de Laon '.
Ils avaient été vaincus, mais la mort de Robert était pour son parti l'équivalent d'une défaite +. Il n'y avait donc pas lieu pour (Charles ni pour ses partisans de se laisser aller au désespoir. Toutefois, le résultat malheureux de cette campagne avait découragé les Lorrains ; quittant le roi, ils retournèrent dans leur pays. Charles ne les suivit pas tout d'abord, car l'espérance ne l'abandonnait pas. Robert ayant été tué, il crut que les grands de la France reviendraient à lui, et il tenta de les ramener. Mais les messages qu'il adressa à l'archevêque Seulf, à Héribert et aux autres
1. RiCHER, Histoi'ùe, liv. I, ch. 46, p. 29, Adhémar de Chaban.nes, Histori;p, liv. III, cil. 22, addilanientiiin, Folcuin, Gesta abb. Sitli., cli. 100 (SS., t. IV, p. ia5, t. XIII, p. G25).