‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 647 sur 764 · Richer, lUstoriw, liv. I, cli. 4?, p. 3i · texte numérisé non relu

Richer, lUstoriw, liv. I, cli. 4?, p. 3i

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l'entroprise était irréalisablo. Proclaïuor roi son (ils ? Mais clans les circonstances critiques que l'on traversait, il n'y avait pas moyen d'élever sur le trône un enfant ilo trois ou quatre ans. Trois partis s'offraient aux Lorrains : ou appeler un prince étranger', soit Ileni'i l'Oiseleur, soit Haoul, ou se donner poiw souverain un des leurs, Giselhert par exemple.

Le fils de Réynier aspirait-il à devenir roi de Lorraine ? Sa conduite au cours des années 928 à 926 est tellement incohérente, que l'on se demande en vérité quelles étaient ses intentions. L'aj)pel qu'il aurait adressé, d'après Flodoard, ;i Henri l'Oiseleur^, n'indique pas un homme désireux de ceindre la couronne. Giselbert d'ailleurs, s'il avait des amis eu [..orrainc, y comptait aussi des adversaires, les adhérents de Charles, et il lui était difficile de i-éunir autour de lui tous ses compatriotes. Ses révoltes avaient divisé les seigneurs en deux camps hostiles, voilà le seul résultat au({uel il était arrivé, résultat également fâcheux pour lui et pour le pavs. Si, plus patient, il s'était tenu tranquille sous le règne de Charles, il aurait [)u, une fois ce prince disparu, se faire accepter comme souverain par les Lorrains'. L'entreprise était au contraire irréalisable dans les conditions où se trouvait placé Giselbert du fait de sa rébellion.

Les Lorrains avaient été unanimes, à ce qu'il semble, en 900 et en 91 1, pour appeler d'abord Louis l'Enfant, puis Charles le Simple. Grâce à Giselbert, il n'»n pouvait être ainsi après l'internement de Charles à Château-Thierry. On allait voir pendant deux ans la Lorraine tiraillée entre Henri et Raoul, qui avaient chacun leur parti dans ce royaume, et si les afîaires de France n'avaient pas fini par absorber entièrement l'attention de Raoul, ce déplorable état de choses aurait pu longtemps se prolonger. Sur ces luttes entre les deux princes, viennent se greffer des querelles intestines, où l'on retrouve encore Giselbert. Pillée et dévastée par les Allemands, par les Français et par ses propres enfants, tel sera, pendant les années 928, 924 et 926, le sort de l'infortunée Lorraine.

Les seigneurs qui avaient tenu pour Charles se divisèrent malheureusement en deux camps, au lieu de rester unis et de chercher à s'entendre. Les uns s'adressèrent à Henri l'Oiseleur, les autres à Raoul. Parmi ces derniers on remarque, non sans surprise, des prélats ([ui ilevaient leur siège à (Charles le Simple, tels que Wigeric de Metz + et Gauzlin de Toul > ; Gauzlin, si longtemps attaché à la chancellerie du roi,

1. Par leur naissance, ni Henri ni Raoul n'avaient de droils sur la Lorraine ; ils n'en liraient pas davantaçjc du fait (]u'ils étaient, le premier roi d'Allcmaijne, le second roi de France, la Lorraine n'étant à aucun decjré, nous le réj)élons, une dépendance de l'un ou de l'autre de ces pays.

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