‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 65 sur 764 · Nithard, liv. IV, ch. 2, p. k<S · texte numérisé non relu

Nithard, liv. IV, ch. 2, p. k<S

6. Ann. Bert. 8r)o, p. 38 : « Horicli, nepos Horioldi u ; Ann. Fuld. 85o, p. 3y : « Roric natione Nordmaiiiiiis, (|iii tcmporibus Hliidovvici imperaloris ciim fratre Herialdo vicum Dorestadum jure bciiclicii leiiuil « ; Ann. Xant. 85o {SS., t. II, p. 229) : « Rorik, Nordmaiinus, i'rater jamdicti Hcrioldi junioris. » Il ressort de ces textes que Roric avait lin frère et un oncle (ou un (jrand-père) portant tous deux le nom d'Heriold : reste à savoir si le frère, « l'Herioldus Junior » des Ann. Xant. est l'ancien adversaire des lils de Godfiid. Or, il n'y a justement que ce dernier qui soit mentionné dans les Ann. Xnnt. avant 85o ; à la date de 820, elles ])arlent de son baptême. Le « jamdictus lierioldus junior » de 8,5o, ne fait donc qu'im avec l'Heriold de 82li. (Juand ce dernier vint à Mavence embrasser le cbrislianisme, il avait avec lui sa fcnune (Ann. r. Fr. H-A), y>. i<">tj ; Ekmoi.o lk Nom, (Uirnien in honorent llludowici, liv. IV, vers 3<ii, 302, PP., t. H, p. (18), son lils on un de ses lils (K«moij>, liv. IV, vers 363, 3()4, 3(jr), tJ2(), PP., t. H, pp. ()8, ()(j, 70) et un neveu (Ehmoi.d, v. ()29, |). 76). Le lils et le neveu, dont le |K)èle ne nous donne |>as les noms, restent à la coin* de Louis le l'ieux. Herioltl, le converti <le Suf), eut deux lils, (JodlVid (Ann. Itert. 8.'>2, p. 42) et Rodoli.be(.l/(//. lii-rt. 8C)4. p. (I7), <lont nous amons soincnl à parler.

Si Horic, au lien d'être le l'ri're de cet Heriold, n'avait el<'' ((ue son neveu, connue il avait un Hci-iold p((nr frère, il y aurait eu ti-ois persoiuiaijes de ce nom. (l'est le dernier

HERIOLD ET SA FAMILLE LNSTALLES EN FRISE. 6l

Il y aurait eu dans ce cas trois personnages du nom d'Heriold, dont le deuxième, compétiteur malheureux des fils de Godfrid, aurait été le neveu du premier et l'oncle du troisième. Mais si l'Heriold, oncle de Roric, que mentionne Prudence en 85o, est, non le prince converti en 826, ma;is l'oncle de ce dernier, il n'y a plus de place pour un troisième Heriold. Ce qui semblerait contredire cette dernière hypothèse, c'est que les Annales regni Francoriwi qui donnent à Heriold II trois frères, Anulon, Regenfrid, et Hemming, ne parlent pas de Roric. Peut-être à cette époque Roric était-il très jeune ; on comprendrait alors qu'il eût encore vécu en 878.

Quoi qu'il en soit, cette famille royale de Danemark reçut de Lothaire l^"" la mission de défendre la Frise. Dorestad avait été donné en bénéfice à Heriold et à son frère Roric par Louis le Pieux ; à Dorestad s'ajouta en 84i l'île de Walcheren'. Si Lothaire avait espéré que ces Normands sauraient mieux que des Francs ou des Frisons tenir tête aux pirates, les événements ne tardèrent pas à lui prouver que son calcul était faux. En 845, les hommes du nord opéraient une nouvelle descente en Frise, où ils rencontrèrent, il est vrai, une vive résistance, mais sans que nous sachions s'il convient d'en faire honneur à Heriold et à Roric*.

En 846, Dorestad fut encore une fois pris et incendié, presque sous les yeux de Lothaire, alors à Nimègue, qui ne put ni s'opposer aux pillages des barbares, ni les empêcher de reprendre la mer 5. L'année suivante, nouvelle occupation de Dorestad par les pirates, qui dévastèrent en outre l'île des Bataves^. Deux années se passèrent ensuite sans que la Frise

Heriold que Lothaire aurait pris à son service. Gomme ce prince lui abandonna l'île de Walcheren, où nous trouvons Hemming, frère probable de Heriold H, installé en 887 (voir ci-dessus p. 58, n. 3), on pourrait admettre avec quelque vraisemblance que Roric et Heriold HI auraient été les fils de Hemmin;}. Tandis que Dahlma.nn (G. v. Déenemark, t. I, pp. 43, 44 et 45. '1- i)> Depping (Histoire des expéditions maritimes des Normands, p. 97) et Blok (Gesckiednis van liet Nederlandsche Volk, t. I, p. 110) font de Roric un frère d'Heriold H, Simson {Juhrbb. Ludwigs des Frommen, t. I, p. 82, n. 6) et DuMMLER, t. I, pp. 16O, 278 et 279, croient plutôt qu'il était son neveu. Simson (op. cit., t. I, p. 218, n. 5) suppose que le neveu d'Heriold II qui l'accompagna à Mayence en 826 et qui resta auprès de l'empereur, est ou Roric ou Heriold (HI). Dahlmann, p. 43, admet cependant qu'Heriold était en 84i revenu au paganisme. Mais dans quel intérêt aurait-il renié la foi chrétienne ?

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