Ann. Bert. 84i, p
2. Les Ann. Fald. 845, p. 85, parlent de trois combats livrés aux Normands par les Frisons. Victorieux dans la première rencontre, ceux-ci furent ensuite battus à deux reprises. D'après les Ann. Xant. 845 (^SS., t. II, p. 228), les Frisons auraient taillé en pièces 12,000 païens. C'est en 845 aussi que les Normands prirent, pillèrent et détruisirent Hambourg. Voir ci-dessus, pp. 56-57.
3. Ann. Bert. 846, p. 83 ; Ann. Xant. 846 {SS., t. II, p. 228).
4. Ann. Bert. 847, p. 35 ; Ann. Fald. 847, p. 36 ; Ann. Xant. 847 {SS., t. II, p. 328). D'après ces dernières annales, les pirates, après avoir battu les comtes Sigir et Luithar, remontent le Rhin jusqu'à 9 milles en amont de Dorestad ; arrives au « viens Meginhardi » , ils rebroussent chemin. Cette même année, les trois Qls de Louis le Pieux avaient envoyé à Horic une ambassade pour protester contre les déprédations de ses sujets et le menacer d'une guerre, s'il n'y mettait bon ordre : voir ci-dessus, pp. 38 et 89. Déjà en 845, le comte Kobbon était venu au nom de Louis le Germanique demander à Horic satisfaction du sac de Hambourg (Aimoin, De MiracuUs S. Germani, ch. 7, 8, 12 et i3, R. H. Fr., t. VH, pp. 349, 35i). Le oi de Danemark fit demander à Louis de consentir au maintien de la paix (^Ann. Bert. 845, p. 33).
(ri LE KKGNK DE LOTIIAIUE l"" (843-85.')).
eût à soulliii- de nouvelles incursions des païens. En 85o, elle allait être en butte aux atta(|ucs d'un de ses anciens défenseurs, lleriold était mort, ou ne sait pas au juste à ([uellc date, pas avant 84:>., ui après 85o, laissant deux fils, Godfrid et Rodolphe, et un frère, cpie nous avons déjk nommé, Roric'. L'oncle et les neveux continuèrent a jouir des bénéfices ipie le premier avait possédés en commun avec Heriold.
Mais la disgrâce était proche. Peut-être l'attitude de Roric parut-elle suspecte lors de l'une des descentes que les pirates firent en Frise de 845 à 8^7, peut-être le soupçonna-l-on de connivence avec ses anciens coreligionnaires. Toujours est-il qu'accusé de trahison auprès de Lothaire, il fut arrêté et jeté en prison. Il réussit à s'échapper, et alla demander asile à Louis le Germanique. Au lieu de le livrer à Lothaire, comme c'eût été son devoir, ce prince l'accueillit, en fît un de ses fidèles et lui accorda des bénéfices en Saxe, sur les frontières du Danemark*. Au bout de quelques années, il éprouva le désir de retourner en Frise. Il réunit une flotte, dont il recruta les équipages parmi ses compatriotes', pilla les côtes de la Frise, puis, pénétrant dans l'embouchure du Rhin, il s'avança jusqu'à Dorestad dont il s'empara. Pour le repousser, un efTort énergique eût été nécessaire ; Lothaire n'eut pas le courage de le tenter. Craignant d'exposer la vie de ses soldats, il prit le parti, qu'approuvèrent ses conseillers, d'entrer en pourparlers avec Roric. Le résultat fut le rétablissement de l'ancien ordre de choses. Roric redevint le fidèle de Lothaire, qui lui rendit Dorestad en y adjoignant d'autres comtés. En compensation, il était chargé d'abord de la levée des impôts et de toutes les affaires concernant le fisc ; mais sa principale fonction était de s'opposer aux attaques des pirates +. Roric devenait ainsi une sorte de duc >.
1. Voir ci-dessus, p. Go, n. 6. Dahlmanx, G. v. D., t. I, p. 4A. croit que Godfrid et Rodolphe, fils d'Heriold, partaijèrent avec leur oncle Roric les territoires irisons. Erreur de Leibniz, Ann. iinp. occ, t. I, p. 554, de Depping, op. cit., p. 97, et de Blok, op. cit., t. I, p. iio, qui confondent le protéyé de Louis le Pieux avec un autre Heriold, mis à mort en 802 pai* les hommes de Louis le Gennani(]ue chanjés de (jarder la frontière du Danemark.
2. DûMMLER, t. I, p. 344. suppose, mais sans la moindre vraisemblance, que Roric serait déjà allé avant la fin de la tjuerre civile demander asile à Louis le Germanique. DuMMLEu vomirait par là justifier ce prince d'avoir accueilli le fuqitif, au lien de l'avoir livré à son maître comme il aurait dû le faire. Si le récit du Chron. Fontitn. (lî. H. Fr., ■i. VII, p. 42) était exact, il semblerait en résulter (pie Godfrid avait été enveloppé dans la disqràce de son oncle.
3. MûHLiiACHER, lieg. h'ar., p. 426, DD.mmi.eu, t. I, p. 343, n. 5, supposent que Roric avait pris part à la (juerre qu'avaient faite à Horic deux de ses neveux ; ceux-ci obli- (jèr-nt leur oncle à partaijer avec eux la royauté (.inn. Bert. 85o, p. 38).
4. Ann. Bei't. 8.')o, p. 38; Ann. Fald. 8.")o, p. 39; Ann. Xant. 85o {SS., t. II, p. 229). Le Clironicon Funliinellcnse 8'>o (M. 11. Fr., t. VII, |). 43) adjoint Godfrid à Roric, et de |ilns les fait sortir du \\'ahal, prescpie aussitôt a])rès leur arrivée, |>our aller piller la Flandre. Dummleh, t. I, p. 344, admet le lémoiqnacje du Chnn. Fontan. en ce ([ui concerne Godfrid, mais n'attribue ([u'à ce dernier l'expédition dont la Flandre fut la victime. Hlok, (U'sckininis inin hct .Vi-derlnndsc/it- Vol/i-, t. I, p. 110, croit (jue Roric avait l'appui de Louis le Germanique pour son expédition contre la Frise.