B. 1962 et 1964. 6. Voir pp
696 l'aristocratie laïque et les divisions administratives.
familles ou dos individus soit à clmager do province, soit môme h émigrer dans un autre royaume *. 11 y avait de ces exilés plus ou moins volontaires qui ne rentraient jamais dans le j)ays, et si d'autres revenaient, comme MallVid, il n'est pas sûr (|u'ils re|)renaient la situation (ju'ils avaient jadis occupée ; on les dèdommaçjeait, mais ailleurs. Enlin, des comtes mouraient, (pii n'avaient [)oint de (ils ou cpii en laissaient de trop jeunes pour (pi'ou put mettre ces derniers à la tète d'un /xir/us. D'une façon ou d'ime autre, il se produisait des vacances, que le roi pouvait dans une certaine mesure condjler comme il l'entendait.
Si nous disons « dans une certaine mesure », c'est qu'en réalité la liberté d'action du souverain était limitée : il ne pouvait prendre les comtes que dans certaines familles, toujours les mêmes, qui de|juis [)lusieurs générations étaient en possession des charges publiques. Il était presque aussi difficile de conférer une dignité à un homme nouveau, sans naissance, que de retirer sa fonction à un homme en place. On a soutenu (ju'k cette époque il n'y avait pas à proprement parler de noblesse, que le terme de nobilis, très fréquemment employé d'ailleurs, s'appliquait aux propriétaires libres, à ceux qui jouissaient de la liberté complète -. Mais, s'il n'y avait pas encore de caste noble, elle était en voie de formation. Les fonctions publiques sont l'apanage à peu près exclusif de certaines familles, et il en est de même, ou peu s'en faut, des hautes dignités de l'Eglise. L'arrivée aux honneurs d'un homme de condition moyenne, tel qu'Haganon, fait scandale ; sa faveur excite d'abord les murmures et le mécontentement, puis en fin de compte provoque la révolte de l'aristocratie 5. Rapprochons de ce fait les griefs que l'on imputait à Zwentibold, au dire de Réginon : le jeune roi avait le tort de traiter les affaires publiques avec des femmes et des hommes sans naissance, et d'enlever aux plus nobles leurs honneurs et dignités +. Nous ne pouvons
I. Nous avons vu iju'en 869 et en 876 Charles le Chauve avait confisqué les bénéfices de ceux d'entre les seifjneurs lorrains qui ne se ralliaient pas à lui (.4/2. Fuld. 869 et 876, j> I. 69 et 87) ; peut-être ces derniers furent-ils en outre expulsés. Nous savons d'aulre part que des qrands de la Lorraine orientale, qui en 876 s'étaient prononcés pour Charles, lorsqu'il chercha à dé|)ouiller ses neveux de la rive çjauche du Rhin, furent ohliqés après la défaite d'Andernach d'al)andonner leur pays et de suivre Charles le Cliauve, (jui les dédommaqca aux dépens de l'abhaye de Marchiennes et de (juelques autres (.t««. Bert- 876, p. i3A)- Le ch. 9 de la Convi-ntio Furunensis (CC, t. II, p. 170 et Ann. Bert. 878, p. 147) doit s'appliquer, nous l'avons dit précédeiruneut, à ceux qui avaient jierdu leurs biens pour des motifs politiques, soit en 869-870, soit en S-jCi. Nous iqnorons si eu 885 «juchpies-uns des partisans de Huyues, et en 888 les seigneurs ([ui avaient accueilli Kodolplie se virent ohliqés de quitter la Lorraine. Mais eu 906, Gérard et INIalfrid durent chercher en France un asile, de même (ju'en 911-912 les Conradius et leurs adhéreuls lorrains, si toutefois il en existait, se retirèrent en Allemaqne. C'est éqaleineul dans ce dernier pays que se réfuqia (ïisclhcrt après sa première révolte ; il est vrai (ju'il ne larda pas à revenir et à reprendre possession des bénéfices et charges qu'il avait perdus.
■2. Voir W'aitz, D. VG., t. V, pp. 43(> et suiv., A»-^), Fustkl de Coula.ngks, o/». cit., \i\t. 337-3A0.
3. Ce sont, ne l'oublions pas, les seigneurs de la France, el non ceux de la Lorraine, que la faveur d'Haganon pousse à la rébellion, mais l'esprit de caste régnait à l'est comme à l'ouest de la Meuse.
l\. Réginon, Chronicon 900, p. 1/(8.