Se reporter à la IV partie, liv. II, ch. i
3. Voir l'appendice II, La vacance du siège de Cologne (84i-85o).
4. La donation d'Engelrand, évèque de Metz, à l'abbaye de Saint-Nabord (Saint-Avold) qui est souscrite par deux archidiacres (Calmet, t. I, pr. col. 298), porte : m Aclum hoc anno XXVIIII régnante Carolo rjlorioso reçje, sub die XV M. Junii », ce qui correspond au i5 juin 797. Comme Engelrand mourut en 791 {Annales Laureshamenses, SS., t. I, p. 34), il y a une erreur dans les chiffres de la date. Calmet, et à sa suite ['Histoire de Metz (t. III, pr., p. 17) proposent de supprimer un des X et de lire XVIIII, ce qui donnerait 787. Il s'écoule ensuite un siècle avant que l'on retrouve un document qui mentionne plusieurs archidiacres dans le diocèse de Metz. La charte que Robert, évèque de cette ville, rendit sur l'ordre de Charles le Gros en faveur de Saint-Arnoul, est souscrite par quatre archidiacres, dont l'un est primicier et les trois autres abbés; l'acte ne porte aucune date, mais nous croyons avec Muulbacher (Reg. Kar., p. 645) qu'il doit se placer en 868 {Histoire de Metz, t. III, preuves, p. 46).
5. Ces deux chartes qui concernent l'abbaye de Saint-Evre, émanent l'une de Drogon, évèque de Toul (Mabillox, Ann. O. S. B., t. III, p. 697, col. 2), l'autre de Sigidée, abbé de Saint-Evre (Gallia Christiana, t. XIII, pr., col. 453). Une cliarte rendue en 838 par Frothaire, évèque de Toul, en faveur du même monastère, porte les souscriptions du primicier et de cinq prêtres ; Desnoyers, Topographie ecclésiastique de la France {Annuaire de lasociété de l'histoire de France, année 1859, t. XXIII, p. 88), est assez disposé à voir en eux les six archidiacres que l'on trouve plus tard dans le dKocèse de Toul.
6. Charte de Roqer, archevêque de Trêves, pour Liulfrid {MR. UB., t. I, n° 164). Le premier des archidiacres est en même temps prévôt du chapitre.
7. Polypticum Virdunense, en tête des Bertarii Gesta episcoporum Virdunensium {SS.. t. IV, p. 38).
70i L EGLISE.
Il' iiiilieii lia x' sièclo à Liège', et seiiliMiieiit dans le courant du xi« a (u)l{)(jne même -.
Rappelons simplement, avant de voir de ([uelle laçon elles étaient appli((uées en Lorraine, les règles qui présidaient à l'élection et h la consécration des évoques et des métropolitains. En principe, le clergé et le peuple conservaient le droit d'élire leur évêque, mais pour user de ce droit, il fallait l'autorisation du roi, qui pouvait la refuser et nommer lui-même l'évèque sans s'incpiiéter des électeurs. Parfois il respectait les formes, laissait l'élection se faire, mais avait le soin de désigner au clergé et au peuple le candidat de son choix. L'élection faite, le roi intervenait encore pour la confirmer, et c'était seulement après l'accomplissemeat de celte formalité que le métropolitain, assisté de ses sufîragants, avait le droit de consacrer le nouvel élu. Le métropolitain pouvait refuser de consacrer celui-ci, s'il le jugeait indigne, toutefois il était très rare qu'il usât de cette prérogative ; Hincmar le fit, mais Lothaire II n'était pas son maître et n'avait pas de prise sur lui>.
Nous savons peu de chose sur les élections épiscopales au temps de Lothaire l^^ Ce prince retira à Liutbert le siège de Cologne, qu'il lui avait tout d'abord accordé, mais il ne put arriver à faire consacrer Hilduin, son archichancelier, qu'il avait désigné pour occuper le siège vacant. Nous ne savons pas comment Gunther devint en 85o archevêque de Cologne, mais comme il était neveu d'Hilduin, nul doute qu'il ne soit arrivé par la faveur et avec l'appui de l'empereur +. Nicolas reproche, dans une de ses lettres à Lothaire II, de ne laisser parvenir à l'épiscopat que des gens favorables à ses projets de divorce >'. Ceci ne peut s'appliquer qu'au diocèse de Cambrai, aucune autre vacance ne s'étant produite alors en Lorraine. Nous n'avons pas à revenir longuement sur le conflit qui s'éleva entre le jeune roi d'une part, Hincmar et Nicolas d'autre part, à propos du successeur de Thierry. Hincmar refusa de consacrer les trois candidats que Lothaire avait désignés l'un après l'autre pour occuper le siège de Cambrai, et le roi ne put passer outre à l'opposition du métropolitain. Toutefois, il convient de remarquer que Jean, qui devint en 8G0 évêque de Cambrai, était chantre de la chapelle de Lothaire II, qu'un peu plus tard il accepta du roi une mission à Rome concernant l'affaire de Waldrade, enfin ([u'à la mort de Lothaire il ne mit aucun empressement à reconnaître (iharles le Chauve. Hincmar n'avait donc triomphé que pour la forme, et le clerc c{u'il avait consacré évêque de Candtrai n'était au fond (ju'une créature de Lothaire^.
1. Une charte rendue le i*^' juillet gfii (ijfio) pour Stavelot par Everacle, évè<iue tie Lièye, est souscrite par deu.\ archidiacres (Maiiikm:, Ainp. Coll., t. II, col. 47)-
2. Vnc charte d'Aunon, arclievè(pie de Colocjne, de l'année io56, mentionne plusieurs archidiacres (citée par iJi.NruiiiM et Mookkn, Die Erzdiœrese Kœln, a" éd., t. 1, p. 3f>).
[\. Voir Les élecfiuns é/iiscojiales dans l'Eijlise de France, d'I.MU.VKT i>k i..v Toi'ii. /(. Voir rap|)endice II, La vacance du siège de Cologne (8/»i-8r>o). f). Voir .1. E. 27.'')3, Mu:ne, t. (',X1X, col. Sinj.
f). Sur l'alTaire ile Caïuhrai, voir l'" j>arlie, liv. il, ch. ô-y ; siu- l'altitude de .lean, voir pp. 2S3, :h/i et 'Mf2.
LA ROYAUTÉ ET LES ÉLECTIONS ÉPISCOPALES. yoS
A Cologne, ce prince se contenta de nommer des administrateurs à la place de Gunther, déposé par le pape ; ce furent successivement Hugues l'Abbé et Hilduin, Gunther conservant d'ailleurs sous le nom de son frère la haute niaia sur les affaires de son ancien diocèse '. Pendant ce temps, des chorévêques suppléèrent Theutgaud, frappé en même, temps et pour le même motif que son collègue^. Il est douteux que Bertulf, qui prit en 870 la place de Theutgaud, ait été régulièrement élu par le clergé et le peuple de Trêves, mais les évêques suffragants de Metz et de Toul se trouvaient dans la main de Charles le Chauve, et la consécration du nouvel archevêque put se faire suivant les règles canoniques 3. Les choses ne se passèrent pas de la même façon à Cologne : des suffragants de ce dernier siège, un seul, celui de Liège, tenait pour le roi de France, et il en fallait trois pour qu'une consécration fût régulière. Charles n'en essaya pas moins d'imposer son candid;it, Hilduin, au clergé et au peuple de Cologne ; les plus importants parmi les clercs et les laïcs de cette ville furent mandés à Aix-la-Chapelle et contraints de reconnaître Hilduin et de lui prêter serment. Mais Louis le Germanique ne pouvait tolérer sur le siège de Cologne la présence d'une créature de Charles le Ciiauve. Il voulait y faire asseoir, sinon une des siennes, au moins un homme qui ne lui fût pas hostile, et il sut arriver à ses fins, tout en respectant les règles canoniques. Le clergé et le peuple de Cologne furent en quelque manière contraints d'élire un archevêque par Liutbert de Mayence, représentant du roi de Germanie, mais celui-ci ne leur imposa aucun candidat et c'est de leur plein gré qu'ils choisirent Willibert. La consécration qui suivit ne fut pas moins régulière, puisqu'elle fut faite par quatre des suffragants de Cologne +.
Les renseignements nous manquent sur les élections d'Arnoud à Toul, de Bérard à Verdun, de Wala à Metz et de Reginhard à Strasbourg. Roihade fut élu à Cambrai sans intervention de roi 5. Dadon monta sur le siège de Verdun après Bérard dans des conditions anormales, mais nous ne connaissons pas les détails de l'affaire ^. Radbod et Robert, successeur le premier de Bertulf, le second de Wala, étant Souabes l'un et l'autre, on peut supposer qu'ils avaient dû leur avènement plutôt à la faveur de Charles le Gros qu'au choix librement consenti du clergé et du peuple?. Par contre, Dodilon, évêque de Cambrai après Rothade, ne dut son avènement qu'au seul métropolitain Foulques, archevêque de Reims ^. Par suite de la situation particulière de ce diocèse, a cheval sur deux Etats et dépendant d'un métropolitain étranger, l'influence du souverain ne pouvait s'y faire sentir autant qu'ailleurs.
Nous avons longuement parlé de Radbod, évêque d'Utrecht, à l'élec-
1. Voir ci-dessus, pp. 25o-25i et 28G-297. 5. Voir ci-dessus, p. 4i8, n. 5.