‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 705 sur 764 · ABBAYES ROYALES DONNEES A DES EVEQUES ET A DES SEIGNEURS. 7I I · texte numérisé non relu

ABBAYES ROYALES DONNEES A DES EVEQUES ET A DES SEIGNEURS. 7I I

à celui de Strasbourg, Luxeuil à celui de Besançon ' ; à la troisième enfin : Chèvremont^ et Stavelot ' au diocèse de Liège, Echternach^, Œren 5 et Saint-Maximin^ au diocèse de Trêves, Saint-Pierre 7 à celui de Melz, Moyenmoutier ^ k celui de Toul, Lure 9 à celui de Besançon, Moutiers- Granval '° à celui de Bàle. Naturellement les laïcs, qui étaient en même temps abbés, n'exerçaient pas les fonctions ecclésiastiques de leur dignité, qu'ils abandonnaient à un prévôt ou prieur. Ce n'était pas sans de graves inconvénients pour la prospérité tant morale que matérielle des monastères que ceux-ci étaient confiés à des seigneurs, plus préoccupés de s'approprier les domaines et les revenus de leurs abbayes, que de veiller au maintien et a la stricte observance de la règle bénédictine.

I. Aucun des diplômes accordant ou confirmant à Luxeuil l'immunité ne nous est parvenu, mais nous savons par différents actes concernant d'autres abbayes, Farfa en Italie, par exemple (B. M. i83 de Gliarlemagne et B. M. io43 de Lotliaire I^'), que Luxeuil jouissait de l'iuimunilé. Drotjon, arclievèque de Metz, avait été abbé de Luxeuil ; ce monastère fut plus tard donné par Ar^iu'f à l'église de Metz (B. M. i8ii). • 2. Gliëvremont, à (pii Lotliaire P'' avait encore confirmé l'immunité ainsi ([ue la protection royale (B. M. 1082), tomba ensuite entre les mains d'abbés laies; elle fut au pouvoir de Gebhard, de Régnier et de Giselbert (voir ci-dessus, pp. 56o-56i, et p. 6o3, n. G).

3. Slavelot, fondé par saint Sigisbert, roi d'Austrasie, et pour qui nous possédons des privilèges d'immunit(î de Childéric III (K. Pertz, DD., p. 87), de Louis le German'que (B. M. 1452), eut presque constamment des abbés laies à partir du mi ieu du ix" siècle (Séries abhatani Stahulenshiin, SS., t. XIII, p. 293, Diplbinata et carUe Stabulensla dans Martène, Amp. Coll., t. II, et dans Ritz, NR. UB.).

4. L'immunité a été concédée ou confirmée par Pépin le Bref (B. M. log), par Carloman (B. M. 118), par Gbarlemagne (B. M. i45), par Louis le Pieux (B. M. O73), à l'abbaye d'Ecbternacb. Vers la même époque que Slavelot, ce monastère tomba au pouvoir d'abbés laies (Ciitaloyi abbatam Epternacensiuin, SS., \. XIII, pp. 739-741, t. XXIII, pp. 32-33, et Diploinata et cartie Epternacensia dans le MR. UB., tt. I et II).

5. Nous avons vu pp. 5o8, 535-536 et 56o, que l'abbaye d'Œren (femmes) avait été donnée en bénéfice à Gérard et à Malfrid par Arnulf, confisquée par Zwentibold, qui la garda pour lui, et donnée ensuite par Louis l'Enfant à Conrad et à Gebbard. Les diplômes carolingiens portant donation ou confirmation d'Œren à l'église de Trêves sont tous faux.

6. Presque tous les diplômes carolingiens pour Saint -Maximin sont des faux ; nous possédons cependant un acte autbenti(jue de Cbarles le Gros, accordant à cette abbaye la protection royale et le droit d'élire son chef spirituel (B. M. 1671). Ce dernier privilège ne tarda pas à être violé, et Saint-Maximin eut, à partir de Meingaud, des abbés laies (Sige- HARD, Miraculn S. Muximini, eh. 11, SS., t. IV, p. 23i, Lib. de reb. Treu., ch. 13,5"^'., t. XIV, p. io4, Diploinata et cartie S. Maxiinini, MR. UB., t. I).

7. Saint-Pierre de Metz (femmes), que nous trouvons au x^ siècle en possession de l'immunité et du droit d'élire l'abbesse (O'. 210, O". 169 et O"', 117, DD., t. I, p. 289, et t. II, pp. 179 et 528), aurait été donné par Arnulf en bénéfice aux comtes Gérard et Matfrid, confisqué et gardé par Zwentibold {Lib. de reb. Trev., eh. i3, SS., t. XIV, p. io4), enfin donné au comte Rieuin (Histoire de Metz, t. III, pr., p. 56).

8. C'est Lotbaire II (en réalité Lothaire I'^'') qui aurait soumis Moyenmoutier à l'autorité du comte de la province (Lib. de S. Hild. suce. ch. 6, SS., t. IV, p. 89; voir cidessus, p. 33 1, n. 5).

9. Sur l'abbaye de Lure, donnée par Lothaire II à VValdrade, cédée par cette dernière à son cousin, le comte Eberhard, voir la Vita S. Deicoli, ch. i3 (SS., t. XV, pp. 678 et 679)-

10. Lothaire l^' confirma à Moutiers-Granval l'immunité et la protection royale (B. M. iio3); mais on peut su])poser que Liutfrid, le beau-frère de Lotliaire I'"', ses fils Hugues et Liutfrid, qui interviennent successivement en faveur de Moutiers-Granval dans des actes émanant de Lothaire 1", de Lothaire II et de Charles le Gros (B. M. iio3, 1276 et 1646) ont été abbés laies de ce monastère.

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