‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 721 sur 764 · INTERVENTION DE LA PAPAUTE EN LORRAINE · texte numérisé non relu

INTERVENTION DE LA PAPAUTE EN LORRAINE

des sièges de Brème et de Hambourg ; et que Formose, sans défaire l'œuvre de son prédécesseur, décida que Brème devait redevenir plus tard suffragant de la métropole de Cologne. Dans ces deux derniers cas, l'intervention pontificale avait été sollicitée, comme elle le fut plus tard dans l'affaire de l'évèché de Liège.

Si, après la mort de Lothaire II, les circonstances ne se prêtèrent plus, comme sous le règne de ce prince, à l'ingérence de la papauté dans les affaires religieuses et politiques de la Lorraine ; d'autre part, il faut convenir que Nicolas P' n'eut pas de successeur qui fût capable de le suivre, même de loin, dans la voie où il s'était hardiment engagé. Le Saint-Siège, qui avait fait un grand pas en avant sous Nicolas l", allait reculer et perdre du terrain à la fin du ix* siècle et pendant tout le x'.

Avant 84o, les territoires francs, destinés à porter plus tard le nom de Lorraine, l'oriuaient le centre de l'empire qu'avaient au siècle précédent fondé leurs habitants, sous la direction d'une famille sortie des entrailles mêmes du pays. Louis le Pieux avait eu, en 817, l'heureuse pensée de consolider l'œuvre de ses ancêtres, en maintenant au profit de l'aîné de ses trois fils l'unité de l'empire franc. Malheureusement, la naissance d'un quatrième fils détermina l'empereur à révoquer les clauses de l'acte par lequel il avait réglé sa succession. Les efforts de Lothaire I" et du parti unitaire furent impuissants, aussi bien après la mort de Louis, que du vivant de ce prince, à réparer le mal, et le traité conclu à Verdun en 8^3 entre Lothaire I^"", Louis le Germanique et Charles le Chauve, consacra, en même temps que la dissolution de l'empire, le morcellement de la Francia et la fin de la nation franque.

A Lothaire, le chef de la famille carolingienne, était échue la plus grosse part de la Francia média, l'ancienne Austrasie mérovingienne, avec Aix-la-Chapelle, la capitale de l'empire depuis Charlemagne ; il avait en outre la Bourgogne orientale, la Provence et l'Italie. Si au point de vue de la superficie et de la population, son royaume était le plus important des trois Etats créés par le traité de Verdun, par contre il présentait le grave inconvénient de n'être pas compact, mais de s'étendre démesurément du nord au sud. IJ'autre part, le titre d'empereur que portait Lothaire ne conférait à ce prince aucune autorité effective sur ses frères, et les moyens matériels lui manquaient pour contraindre ceux-ci à l'obéissance. Peut-être en faisant nommer Drogon vicaire du Saint-Siège en Gaule et en Germanie, avait-il nourri l'espoir, pi-omptement dé(,'u, de pouvoir s'immiscer indirectement dans les affaires des royaumes voisins ; mais il ne tenta pas sérieusement de restaurer l'unité de l'empire. Même, lorsque; vers la fin de son règne la désunion se fut mise entre Louis le Germani(iue et Charles le Chauve, son and)ition ne se réveilla pas, et il ne sut tirer aucun parti de la situation favorable ([ue lui créait la rivalité de ses deux frères.

Tout naturellement Lothaire I*^"" résidait de préférence dans la Francia, la future Lorraine. Aix-la-Chapelle était sa capitale, comme elle avait été celle de son père et do son aïeul, et le pays conq)ris entre la Meuse et

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