LOTHAIRE I ET HINCMAR
Nous avons vu précédemment que l'église de Reims avait eu à subir le contre-coup de la brouille survenue en 846 entre Lothaire et Charles, que son frère aîné soupçonnait d'avoir connu et encouragé l'attentat de Giselbert'. L'empereur fît ou laissa dévaster les domaines que cette église possédait dans ses Etats ; de plus, quoique Hincmar eût été, en 845, élu et consacré archevêque de Reims, Lothaire, reprenant en main la cause d'Ebbon qu'il paraissait avoir abandonnée, obtint du pape Sergius II que celui-ci ordonnât la révision du jugement qui avait été rendu en 835 contre l'ancien détenteur du siège de Reims. Cette tentative échoua, nous l'avons dit plus haut^.
Par suite d'une brusque volte-face, qu'il est plus facile de constater que d'expliquer, l'ancien protecteur d'Ebbon se transforma en ami d'Hincmar, et, après avoir travaillé à lui enlever son archevêché, il s'employa, avec plus de succès, à lui faire donner le pallium. Si, sur les motifs qui ont amené l'empereur à modifier ainsi son attitude à l'égard d'Hincmar, nous sommes réduit à des conjectures plus ou moins plausibles, nous ne sommes pas davantage fixé sur l'époque à laquelle il a sollicité Léon IV en faveur du prélat ; nous ne savons même pas si son intervention s'est produite une ou deux fois.
A deux reprises, en effet, Hincmar aurait reçu du pape un privilège relatif au port du pallium : la première bulle lui concédait ce droit pour certains jours de fête', la seconde pour tous les jours de l'année +. Voilà du moins ce qu'avance Flodoard, qui ajoute que c'est sur la demande