Voir ci-dessus, pp. 36 et suiv
a. Voir ci-dessus, p. 87, n. 5.
3. J. E. 2696, Acta concilii Suessionensis III (Mansi, t. XV, p. 719) et Flodoard, H. R. E., liv. III, ch. 2, t. II, p. 7. Cf. ch. 10, p. 43.
4. J. E. 2608, Collectio britannica Leonis IV epislolarurn n» i3 {N. A., t. V, p. 382), Flodoard, H. R. E., liv. III, ch. 10, t. II, p. 43.
"738 APPEiNDir.E I.
de LdIIkuic ([lie Léon IV a octrové ii Ilincinar lo port quotidien du palliain^. Le ténioiynaf)e de Flodoard est confirmé par la réponse du pape h l'empereur ; on y voit que ce dernier avait prié en outre Léon IV d'accorder à Hincmar la dignité de vicaire du Saint-Siège en Gaule et en Germanie. Le pape rejeta cette demande, objectant ([ue cette charge avait été déjà conl'érée à Drogon, qui vivait encore'. Mais, d'autre part, la lettre de Lotliaire, qui nous est parvenue, ne parle (jue du pallium ordinaire, celui que l'on revêtait aux grandes fêtes; il n'y est pas question du polliarn h. mettre tous les jours, non plus que du vicariat du Saint-Siège 3. Lothaire serait-il donc intervenu deux fois en faveur d'Hincmar? Pourquoi alors Flodoard, qui mentionne la seconde démarche, passe-l-il la j)remière sous silence ? Le Souverain Pontife, h. en croire ce chroiiiipicur, aui-ait envoyé le pniliu/n ordinaire à l'archevêque de Reims, aussitôt après avoir reçu les lettres que lui écrivaient en faveur de ce dernier les évêques du concile de Paris ainsi que le roi de France +. Et d'après le même Flodoard, ce fait serait antérieur d'environ cinq ans a la mort d'Ebbon, arrivée en 85 1 ; la donation du pn/liam remonterait donc à 840. Mais comme elle est attribuée à Léon IV, qui ne fut consacré que le 10 avril 847, c'est en cette dernière année, au plus tôt, qu'elle a pu avoir lieu 5.
Seulement, à cette date, Lothaire, malgré le congrès de Meerssen, n'était pas sincèrement réconcilié avec Charles ; il était encore sous le coup de l'échec qu'avait subi le nouvel effort qu'il avait tenté pour faire remonter Ebbon sur le siège de Reims : comment aurait-il songé, dans ces conditions, à solliciter le pallium pour un prélat qui devait avoir, aux yeux de Lothaire, le double tort d'être un sujet de Charles le Chauve et d'avoir usurpé la place d'Ebbon ? Il n'y a aucune vraisemblance à ce que l'empereur se soit montré favorable à Hincmar avant d'avoir fait la paix avec son frère, c'est-à-dire avec le souverain de l'archevêque. C'est donc en 849 au plus tôt, après l'entrevue de Péronne, que Lothaire aurait écrit à Léon IV.
D'autre part, il convient d'examiner si réellement le port quotidien du pallium a été concédé à Hincmar.
Nicolas I'"" ayant entendu dire qu'Hincmar revêtait le pallium en dehors des jours où il était habituellement permis de le prendre, il lui écrivit à ce propos une lettre de reproches. Suivant le pape, même dans le cas où l'arche vê([ue aurait reçu du Saint-Siège le droit de se servir en tout temps du pallium, il devait n'en user qu'avec modération ^.