‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 80 sur 764 · LE COMTE GÉRARD, TUTEUR DU PETIT CHARLES · texte numérisé non relu

LE COMTE GÉRARD, TUTEUR DU PETIT CHARLES

d'Aix et de la Francia qui détermina le vieil empereur à faire la part de son second fils sensiblement plus forte que celle de Charles, plus étendue même que celle de Louis. Mais ce n'était là qu'une demi-mesure, insuffisante pour mettre son héritage a l'abri des convoitises de Louis le Germanique et de Charles le (Chauve. On a peine à comprendre que Lothaire n'ait pas montré dans ses dispositions testamentaires plus de prévoyance. Il ne pouvait pourtant se faire aucune illusion sur la valeur des promesses et des serments par lesquels ses deux frères avaient, a plusieurs reprises, garanti sa succession à ses fils '. Louis avait, en 854, cherché à tirer profit des embarras de Charles pour lui enlever l'Aquitaine : hésiterait-il davantage à exploiter la faiblesse et l'inexpérience de ses neveux ? Voilà ce que Lothaire aurait dû se dire, voilà à quoi il aurait dû parer.

Quand on examine le partage effectué par l'ancien chef du parti unitaire, on cherche à quelles considérations il a pu obéir en opérant comme il l'a fait. On dirait plutôt un particulier disposant de ses domaines en faveur de ses fils, qu'un souverain soucieux de la grandeur et de l'indépendance de son empire. Le royaume de Louis formait un tout à peu près homogène, mais il est évident que Lothaire n'avait d'ailleurs pas songé à tenir compte des races ni des langues en répartissant les territoires de son empire entre ses fils.

Charlemagne, en 806-, et Louis le Pieux, en 817 >, avaient tous deux prévu le cas où un de leurs fils viendrait à mourir, réglé les rapports que ceux-ci entretiendraient les uns avec les autres, et pris des mesures pour empêcher plus tard les conflits de se produire. Nous ignorons si Lothaire s'était conformé à l'exemple de son père et de son grand-père. L'expérience lui avait montré le peu de valeur de toutes ces précautions, et peut-être jugea-t-il superflu d'y recourir.

Le plus jeune de ses fils n'était encore qu'un enfant. Le terme de puer, qu'emploie Prudence en parlant de lui, semble indiquer qu'il n'avait pas encore atteint sa majorité ■♦. Lothaire avait dû certainement assurer le gouvernement de la Provence pendant la minorité de son fils 5. Dans les

1. En particulier à Meerssen en 847, et à Liège en 854 (Conu. ap. Marsnnm /»', ch. g, Conv. ap. Leodiam, Adn. Karoli, ch. 2, et Sacramentam, CC, t. II, pp. 6g, 77 et 78J.

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