‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 81 sur 764 · Ordinatio imperii, ch. 3-iG (^7^., t. I, pp · texte numérisé non relu

Ordinatio imperii, ch. 3-iG (^7^., t. I, pp

4. Ann. Dent. 856, p. 47- Les princes carolingiens suivaient la loi ripuaire (Ord. imp., ch. 16, ce, t. I, p. 278), qui fixait à (juinze ans la majorité (^Lex rihiiaria, 81 [83], LL., t. V, p. 264). Nous voyons, en effjt, Louis le Pieux armer et couronner, en septembre 888, à Quierzy, son fils Charles, qui était du mois de juin 828 (voir les textes dans MuHLBACHER, Reçf. Ktir., pp. 276-277 et 36o). Les Annales Fu/denses 888 (p. 28), qui racontent d'après les Ann. BcrL la donation faite alors à Charles, ([ualifient ce prince de « juvenis ». Quoique ce dernier terme et celui de « puer » ne s'appliquent plus alors à des âges rigoureusement définis, on peut admettre (jue le « juvenis » a dépassé la majorité, tandis que le « puer » ne l'a pas encore atteinte.

5. L'Ord. imp., ch. 16 (CC., t. I, p. 278), attribuait à. Lothaire la tutelle de ses plus jeunes frères, pour le cas où Louis le Pieux mourrait avant ([ue ceux-ci fussent majeurs. Mais Lothaire étant institué le suzerain de Pépin et de Louis, le rôle de tuteur lui revenait en ([uel([ue sorte de droit. Il n'en était pas de même pour Louis II, ([ui, en dehors du litre d'em;icreur, n'était que l'éjal de Lotliaire le Jeune et de Charles.

74 LE UKGNE DK LOTIIAIRE l" (843-8r)5).

(Uplt\mes (le ce dernier figure souvent, et à deux reprises avec les titres de initritror ou de /iin</ister ', le comte de Vienne, (îériird, plus connu sous le nom de (îéraril ((lirard) de lloussillon. D'autres documents, des lettres d'Hincmar en particulier-, nous montrent de même que ce personnage jouissait d'une grande influence. Nous devons sans doute voir en lui le régent de la Provence 3. Déjà, sous le régne de Lothaire I", nous trouvons (jérard installé dans le pays4. Gérard était-il le neveu de Hugues, comte de Tours, et par suite le cousin germain par alliance de Lothaire !*"■>? Nous n'oserions l'affirmer, mais certainement il avait des liens île parenté avec le mari d'Ermengarde, ciir un des fils de ce prince, (Charles (Te Provence, (jualifie Gérard de pavens dans un dipl(jme ([u'il rendit en faveur de l'église de Lyon le lo octobre 856^. Il n'y a donc rien de surprenant à ce que (jérard, qui des 887, et peut-être avant, était comte de Paris 7, ait en 84o, a[)rès la mort de Louis le Pieux, abandonné (Charles le Gliauve pour se rallier à Lothaire I*^ Charles, redevenu maître de la vallée de la Seine, donna à un autre le comté de Paris, et Lothaire dut à la paix, sinon avant, pourvoir Gérard d'un autre comté. On peut supposer ({ue c'est avec intention ([u'il lui confia celui de Vienne. Résidant en Francia, tandis ([ue son fils aîné gardait l'Italie, il avait besoin d'avoir en Provence un homme sûr, qui maintînt

I. Charles l'appelle « parens ac mitritor » cians un diplôme du 10 octobre 856 pour réi|lise de Lyon, « magisler » dans un acte du 22 décembre 862 en faveur de l'éijlise de Viviers (B. M. 1290 et 1297). Voir encore B. M. i2y3 et i3oo (faux, mais peut-être fabricpié d'après un diplôme authentique).

a. Hincmar prie Gérard d'user de son influence pour que l'archevêque de Lyon consacre Isaac comme évècpie de Langres ; il lui écrit pour démentir les bruits d'invasion de la Provence par Charles le Chauve (Flodoard, II. R. E., liv. 111, ch. 2O, éd. Lkjeunk, t. II, p. 337). Cf. SuHKUiRS, Hinkniur, Rpgcstd Hincnidri, n»^ 107 et i^g, pp. 520 et 5;>8, et notes ^3 et 6(i, pp. 5(38 et 571. Scuhceus place la première lettre en 807, la seconde en 8()i. LoNGiXON, Girard de Roussillon [R. H., t. VIII, p. 254), croit de 867 la lettre oii il est question d'Isaac.

3. C'est l'opinion de Lorgnon, op. cit., pp. 252 et 25g, de Mûhlbacher, Reff. Kor., p. 507.

4. Dans un diplôme sans date, mais (jue Muiilbac.iieu croit de 852, rendu par Lothaire I'" en faveur de l'église de Lyon, Gérard figure comme intercesseur (B. M. II24); ce (jui est plus probant, c'est (pi'il est lui des comtes qui jugent le procès intenté au comte VVigeric par l'archevêque de Vienne, .\gihnar (d'Ac.hery, Spicileyiuin, t. II, p. 343). La charte qui nous fait connaître le procès n'est pas datée, nuiis u'Acuery la place vers 853, tandis (juc Baluzk, (Uiiiilu/iiria reijiim Francorutn, l. II, p. 1467, la rejette à 858.

5. Vi(;meii, E(;c.Ani) et Sc.hœpfmn se sont appuyés sur le diplôme de Lothaire II |)oiu' Belmont (Echery) du i5 octobre 858 (B. M. 1252), pour faire de Leutard, père de notre Gérard, un fri-re de Hugiu's, comte de Tours. Cet acte est faux, conuiie nous le démontrerons à VApin'fidice IV du présent travail, et il n'y a pas lieu de tenir compte des données (pi'il fournit. Mais L()>(i.N(i.\-, qiù ne met d'ailleurs pas en doute rauthenticilé du di])lôme |)our Behnout, ne s'api)uie pas sur ce dociunent pour rattacher Gérard à la famille de Hugiu*s (/{. //., t. VIII, pp. 244-a4<>). Les raisonnements de cet énulit sont ingénieux, ses conchisions vraisemblables, sans toutefois eutrauuT la conviction ; lui doute sid)siste dans l'esprit du lecteur. (Juant aux personnages ([ui llgiu'ent dans B. M. ia52, LoiNCNON voit eu eux des collatéraux de Gérard et d'Knnengarde (R. II., I. VllI, p. a45, n. I).

(■). B. M. lygo.

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