CONSEQUENCES DE LA GUERRE |S
Eiigilberge, dont la présence en Italie, par suite de la défaite de son gendre, ne pouvait plus être considérée comme un danger parles princes carolingiens'.
Quelque temps après ce mois de septembre 882, au cours duquel l'armée franque avait triomphé du roi de Provence, Hugues l'Abbé était allé réclamer à rassemblée de Worms, au nom de Carloman, la part du royaume de Lothaire cédée en 879 à Louis de Saxe. C'eût été l'abandon par Charles le Gros de la plus grande partie des pays cou(juis au nom des souverains réunis sur Boson. Mais, profitant do l'absence du défenseur du royaume, les Normands ravageaient le Nord de la France, brûlaient Laon et marchaient sur Reims. Le vieil archevêque, Hincmar, n'avait pas de combattants à. leur opposer; il dut s'enfuir et se réfugier à Épernay. A cette date s'arrêtent ses annales, qui avaient jusqu'ici été notre principal guide, et à partir de cette époque l'histoire du royaume fondé par Boson n'est plus que trouble, incertitude et obscurité.
Aussi ne savions-nous guère ce qui se passa après la prise de Vienne, et l'influence qu'eut cet événement dans l'histoire de Boson". Il n'est pas douteux cependant — , et c'est presque la seule chose qu'il soit possible d'affirmer, — que les territoires qui, en 879, reconnaissaient la souveraineté du roi de Provence, ne se soient trouvés fort amoindris par suite des conquêtes successives faites par les rois francs de 880 et 882, et en dernier lieu par la prise do Vienne. La portion de la province ecclésiasti(juo de Besançon occupée par Boson se trouvait, en vertu du traité de 879, rattachée aux Etats de Charles le Gros. Elle avait été sans doute remise à ce prince imnu'>diatement après avoir été occupée par les troupes franques. Dès
1. Jaffé, n" 3:i80 ; Ann. Berlin., p. 153; cf. DuEMMLr:iî, Oslfr. Reich, t. III, p. 188.
2. En général, les historiens, par suite de ce fait, qu'aucune source annali.stique n'a raconté la conquête du pays, paraissent admettre que la prise de \'ieiuie n'a pas empêché Boson de continuer à régner, et même de rentrer dans Vienne peu de temps après. En réalité, nous n'en .savons rien. Il est même possible (pie Hoson ne soit jamais rentré dans Vienne avant sa mort. Dire comme IIoijciueh (Ilist. du Vivarais, p. 386) : « Deux femmes captives et une ville en cendres. « tel fut pour ( "arlonrian le triste et strrile résultat de la victoii-e. La prise « de Vienne n'amena <mrnne dr/'eclion dans h: pai/s... .\insi le nouveau « royaume de Provence, qui semblait devoir succomber dans une lutte « tr()|) inégale en soi'tit au fond consolidi'... », c'est vouloir à toute force savoir (piclque chose d'une situation qui nous sera toujours inconime.
[882-8871 SITUATION lU LYONNAIS 1:^3
le 20 juin 880, en effet, c'esl-à-dire nirme avant la date tlo l'entrevue de Gondreville, c'est à lui que le pape écrivait coniuie au souverain de la ville de liesançon, pour faire restituer à l'archevêque Tliéoderic les biens de son église'. La même lettre montre que Charles était alors aussi reconnu dans le diocèse de Lausanne, qu'il avait ih'i même occuper un certain temps auparavant". D'autres textes di[)lomatiques viennent attester, pour les années suivantes, l'annexion déiinitive de ces territoires au royaume de Charles le Gros' .
Pour la province de Lyon la situation est moins nette. S'il est certain, en effet, que les pays qui n'avaient pas fait partie du royaume de Lothaire comme le Maçonnais, le Chalonnais, l'Autunois '*, reconnurent l'autorité de Carloman, il est possible qu'il n'en ait pas été de même du Lyonnais. Une charte de ce pays au mois de mai 881 indique le règnede l'empereur Charles^ Un autre acte, il est vrai, du mois de juin de la même année" ferait supposer par le libellé de sa date que les gens du Lyon-