‹ Le royaume de Provence sous les Carolingiens (855-933?)Chapitre 168 sur 482 · Gall. Christ., t. XVI, instr., col · texte numérisé non relu

Gall. Christ., t. XVI, instr., col

'j. « Charles le Gros, appelé par les grands, envoya un sauf-conduit « à Boson j)our venir le trouver à Metz comme il le souliaittoit. Mais

136 ItKHMKIŒS ANNÉES DE BOSON |S82-887]

ne repose sur aucun texte contemporain. Elle est de plus en contradiction avec le seul passage d'un historien du ix* siècle relatif aux dernières années de Boson. Le texte de Réginon, malheureusement bien peu précis, indique en effet une lutte acharnée soutenue jusqu'aux derniers jours du roi de Provence, L'épitaphe de celui-ci, d'autre part, rappelle l'impuissance des rois francs à venir jamais à bout de leur adversaire ', favorisé sans doute par les embarras que les Normands suscitaient à Charles dans les autres parties de son royaume". Mais les détails et les résultats de cette lutte sont complètement inconnus. Plusieurs prélats de l'ancien royaume de Provence, les métropolitains de Lyon et de Vienne, le chorévèqueLéoboin, les deux évoques de Valence et de Belley assistent à un concile tenu le 18 mai 886 à Saint-Marcel-lès-Chalon^ et dont les actes sont datés d'après les années de l'empire de Charles le Gros.

« l'.oson ne fit le voyage qu'après que le traité de paix eut esté conclu et « signé, estant trop judicieux et trop politique pour se mettre luy-mème « entre les mains de son ennemy, qui n'auroit pas manqué de prétexte « pour l'arrêter. 11 fit le premier jour de novembre hommage à Charles, K et ensuite sa femme et sa fille liii furent rendues ». dit gravement CiioRiER {Ilist. de Dauphiné, t. 1, p. 549). — Fantoni-Castrucci (///s/. délie cilla di Avùiione, t. 11, p. 17) ou Bouvs (La rot/aile couronne des roys d'Arles, p. 136), renchérissent encore. D. Vaissète (flist. de Languedoc, t. 11, p. 36; cf. t. IV, n. i, p. 6) avait reconnu, au contraire, que « Charles le Gros traita toute sa vie Boson comme un usurpateur. » Il considérait même Chatoies comme ayant été, durant les dernières années de la vie de son ennemi, souverain de la Provence, en s'appuyant sur un diplôme daté de 887, et par lequel l'empereur donne à l'abbaye de Tournus le monastère de Donzère sur le Hhône (Ciiiffi.et, Hist. 'de Tournus, pr., p. 259). Mais ce diplôme est, en réalité, du mois de juin (du 17 au 23) de cette même année, ainsi que l'a montré M. 'MCiilbaciier (Sitzuiif/bericlite der Wiener Akad., histor. pkilos. niasse, t. XCli, p. 381, n. 3), c'est-à-dire d'une date certainement postérieure à la mort de Boson. .\ cette époque Charles, par suite de cet événement, se trouvait reconnu dans le royaume de son ancien adversaire, et la veuve de celui-ci se trouvait précisément avec son fils Louis auprès de l'empereur, pour implorer son appui.

1. Ilisl. de Fr., t. VllI, p. 50, n. a ; Terrerasse, Insrr. du moijen âge de Vienne, \\° 343 :

Quamvis hune plures voluisscnt perdere reges Occidit nuUus....

2. Di.'emmeer {De Arnulfo Francornm regc., p. 5()) a cru que Charles le Gros, après le siège de Paris, tenta de se débarrasser des Danois en les envoyant en Bourgogne contre Boson. M. Favre {Eudes, p. 62) combat (;ette opinion, qui n'est en tout cas qu'une pure conjecture, car le mot liurguiuliri. dans le texte invoqué, peut fort bien ne désigner que la Bourgogne proi)re. où en 886 les ."S'ormands allèrent ntta(iuer Sens.

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