‹ Le royaume de Provence sous les Carolingiens (855-933?)Chapitre 191 sur 482 · LES EXPÉDITIONS DE LOUIS DE PROVENCE EN ITALIE · texte numérisé non relu

LES EXPÉDITIONS DE LOUIS DE PROVENCE EN ITALIE

Dès 878, l'évêque Antoine de Brescia déplorait la malheureuse condition de ses compatriotes: « ils sont, disait-il, la proie, « tantôt des uns, tantôt des autres, et attendent avec impatience « que l'on se soit rais d'accord sur le point de savoir à qui ap- « partiendra le pays \ )) Depuis 878 cette situation avait empiré encore et l'Italie n'avait pas clos, à la fin du ix" siècle, la période d'incessants changements politiques qui s'ouvre en 875, à la mort de l'empereur Louis II. Depuis cette date, en effet, sans parler des luttes entre Charles le Chauve et ses neveux, on avait vu, jusqu'en 898, « Tltalie gouvernée par quatre rois différents « dont les trois derniers avaient été en même temps empereurs, « Carloman, Charles le Gros, Gui et Lambert, sans parler de « l'empereur Arnulf et du roi Bérenger" ». En 898 dans le courant de l'automne une chute de cheval, ou peut-être un assassinat, débarrassait Bérenger de son compétiteur, Lambert, et l'ancien marquis de Frioul, réconcilié avec les principaux partisans de la maison de Spolète, l'impératrice veuve Ageltrude, lo marquis Anscher d'Ivrée, semblait devoir régner paisiblement. Mais deux ans ne s'étaient pas écoulés que les grands italiens mettaient une fois de plus en pratique la règle de leur politique dont Liutprand'^ devait un peu plus tard donner la formule célèbre « avoir toujours deux maîtres à la fois pour contenir

1. Lettre à Salomon de Constance, Coll. Sanf/all., n° xxxix, dans Zkumeiî, p. 421. Même l'époque de Charles le Cliauve est considérée comme un temps de paix, « quia unuscjuisciue gaudebat de bonis suis «, à l'extrôrne tin du ix" siècle, par l'auteur du Chronicon Brixiense (Mon. Germ., SS., t. III. p. 239).

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