LA FAMILLE DE LOUIS L'AVEUGLE
un diplôme du 18 janvier 915'. Il en eut un fils du nom de Rodolphe, à peu près ignoré dans l'histoire. L'existence de ce prince n'est en effet connue que par l'apposition de son signum au bas de la charte par laquelle Adélaïde, sœur de Rodolphe ^'^ veuve de Richard le Justicier, soumet à l'abbé saint Eudes de Cluny le monastère de Romanmoutier ". Le nom d'Adélaïde ou Adèle est assez répandu au x° siècle et se rencontre à cette époque dans un certain nombre de familles seigneuriales \ Mais dans le cas ({ui nous occupe il faut rapprocher ce nom d'Adélaïde de celui de Rodolphe porté par un fils de Louis, et du fait que ce prince, après la mort de son père, paraît s'être retiré dans le royaume de Bourgogne. Cet ensemble d'indices concordants doit seml)ler bien de nature à faire rattacher à la famille rodolphienne l'origine de la femme de Louis l'Aveugle. Dans la maison welfe, en effet, cà laquelle sont apparentés les souverains du royaume de Transjurane, le nom d'Adélaïde, porté par la femme de Conrad, comte d'Auxerre, l'est également par unesœurdeRodolpheP''et par unefîUede Rodolphe IL L'hypothèse qui parait donc la plus vraisemblable est de considérer comme une sœur de ce dernier la reine Adélaïde, femme de l'empereur Louis, et mère du Rodolphe mentionné en 929*.
1. A la requête de « dilecta ac bene mérita conjux nostra Adaleida », Louis concède à son lîdèle Girard une vipine en Viennois (Carlul. de Saint-Andrê-le-Bns, éd. Chevalier, n" 16*). 11 semble bien que cet acte ait été remarqué dans le cartulaire de rép;iise de \'ienne par Chorier qui (Ilist. du Daiiphinè, I, ]). 522) donna à la femme de Louis l'Aveugle le nom d'Egine-Adelaïs, tout en croyant ce prince marié seulement en 923 ou en 924.
2. Charte du 19 mars 929 (Chartes de Cluny, n" 379). « Signum
« Aeleydis comitisse régie matris et abbatisse S. Juditte filii Rodulfi
« régis S. Rodulfi tilii Ludovic! imperatoris. » — Gingins (Boan-
nides, p. 186) va trop loin (juand il jirétend voir la souscription de la veuve de Louis dans le 5. Juiiitte, sous prétexte que le nom de Judith ressemble à celui d'Adeleth. La charte d'ailleurs est un témoignage de bonnes relations entre les deux familles, car Adélaïde demande des prières pour l'âme de son neveu Louis [l'Aveugle]. Mais on ne peut, de la parenté ainsi indiquée, tirer argument en faveur du système que nous exposons plus bas, car Adélaïde, veuve de Richard le Justicier, était certainement tante par alliance de Louis, fils de iJuson, (|uelleque fût la fennne de l'empereur.
3. Dans celles des comtes de Poitou, des comtes d'Anjou, des ducs de Normandie.
4. Cette hypothèse a déjà été émise par Gingins, Dosonides, p". 185. — On rattaciio souvent, au contraire, la femme de Louis l'Aveugle à la famille d'I'^dward l'Ancien, roi de Wessex, fils d'Alfred le Grand