Sackkii, op. cit., p. 3.'i
'i. Chartes de Cluny, n" 105.
I,A ME l»K SAINT liii.Ml I.K 247
saint Uoiiiulo et celle de saint Bubon, (|ui C(jntienncnl, la seconde surtout, beaucoup de renseignements très intéressants concernant les Sarrasins. Nous croyons au contraire qu'un bref examen conduit à rejeter ces deux textes comme étant de nulle valeur.
Saint Ronmle, d'après les calculs des Bollandistes', fut évèque de Gènes de .'>25 environ à 340. Sa vie est naturellement très postérieure, ce qui importe peu. puisque nous ne la consultons pas au sujet du saint lui-même ou de son époque. L'auteur raconte que le corps du bienheureux avait été transporté kMatiUiana, localité qui prit plus tard son nom et devint San-Remo ; il explique comment, cette ville aj-ant été détruite par les Sarrasins ^ révèque de Gènes, Sabbatinus, alla chercher les reliques et les ramena en grande pompe dans sa ville épiscopale^ Ces événements auraient eu lieu, d'après lui, u modernis temporibus ». Or, Sabbatinus mourut vers 930, ce qui daterait la vie du milieu du x'' siècle environ. Mais il y a une difficulté que les Bollandistes ont déjà relevée. L'auteur, désireux d'expliquer par quel enchaînement de circonstances la ville de Matutiana a été détruite, a cru devoir introduire dans son texte, d'ailleurs fort bref, un petit historique des invasions arabes*: les païens, après avoir pénétré d'Afrique en Espagne et tué le roi Rodrigue, entrent en Gaule. Là ils sont arrêtés par les chrétiens, prennent la voie de mer, ravagent Arles et le pays environnant, puis s'établissent au Frainet. De là ils dévastèrent l'Italie pendant deux cents ans.
La forme du récit et cette chronologie montrent que l'auteur est postérieur à la date à laquelle il prétend écrire, puisqu'il conf(jnd les événements du viii" siècle et ceux du x*^. Il est donc bien difficile d'attribuer à son texte une valeur historique et la critique des Bollandistes a déjà fait justice d'un document que l'on continue cependant à citer trop souvent.
Quant à la Vie de saint Boboii\ le Beuves de Noyers de certains historiens ^ il suffit d'analyser la partie du récit qui