A. SOURCES NARRATIVES
Tandis que pour Fhistoire du nord de l'ancienne Gaule au i\^ et au x" siècle nous disposons d'une quantité relativement considérable de textes narratifs, on sait (jue le Midi est à cet égard d'une pauvreté at'tligeante. La Provence, le Viennois, le Lyonnais n'ont ni Annales ni Chroniques. Il faut sans doute chercher la raison, ou du moins l'une des raisons de ce fait dans l'absence d'un texte analogue aux Annales royales d'où dérivent, médiatement on immédiatement, la plus grande partie des textes annalistiques du nord. Ces Annales royales, sous quelque forme qu'elles se présentent, sont essentiellement consacrées à retracer les actions du souverain. Or, jusqu'à Charles le Jeune, le souverain ne réside pas en Provence ; le roi mérovingien ou carolingien possède le pays et l'administre par l'intermédiaire de ses comtes, mais il n'y vient pas lui-même. Ses faits et gestes, par conséquent, doivent peu intéresser les quelques méridionaux qui pourraient avoir le goût ou le talent de les noter pour les transmettre à la postérité. Dans le Nord, il y a d'autre part des chroniques et des histoires monastiques. Mais dans le Midi l'absence de chroniques s'explique sans doute par colle de toute production annalislique antérieure. Quant aux histoires monasti(|ues, elles sont composées en général d'après des annales et le chartrier de l'établissement. Or, dans le Midi il n'y a point d'annales et ceux qui ont accès dans les chartriers se bornent en général à compiler des cartulaires, d'un intérêt pratique plus considérable que des œuvres historiques. Aussi la production inslorifiue est-elle à |)eu près nulle.
Les textes narratifs, tous étrangers par leur composition aux pays du Rhône et des Alpes, ne fournissent donc guère sur le royaume de Provence qu'une seule catégorie de renseignements, ceux qui sont relatifs à sou histoire extérieure. Ce n'est en effet que lors(|ue ses souverains se trouvent en relations avec ceux des pays