‹ Le royaume de Provence sous les Carolingiens (855-933?)Chapitre 4 sur 482 · SOURCES W · texte numérisé non relu

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voisins, que les annalistes et les chroniqueurs de ces derniers daignent s'intéresser à eux et les mentionner.

Les sources historiciues que nous avons à utiliser sont en général trop connues pour qu'il soit besoin d'insister sur leur compte. Nous nous bornerons le plus souvent à les énumérer en indiquant la nature des renseignements (|u'il est possible de tirer de chacune d'elles au point de vue du sujet qui nous occupe.

g 1 . GliANDES ANNALES

La seconde partie des Annales dites de Sainl-Berlin, œuvj-e de l'évèque Prudence de Troyes, est notre source principale pour lliistoire du coiu't règne de Charles de Provence et des tentatives laites par ses oncles pour s'emparer de la part d'héritage à lui laissée par son père, l'empereur Lothaire. J^a troisième partie de ces mêmes Annales, œuvre du célèbre llincnuu-', est une source de premier ordre, tant pour l'histoire du comte Boson que pour celle de la guerre que ce même Boson, proclamé roi, soutint contre les princes francs coalisés. Mais Ilincmar, s'il était évidemment bien informé de ce qui concernait le beau-frère de Charles le Chauve, est partial, hostile à l'usurpateur contre lequellui-même soutenait avec Hugues l'Abbé et quelques autres, les droits des héritiers de la famille carolingienne. Comme Prudence il pèche souvent par prétérilion, par atténuation, et ces annalistes quasi-officiels du royaume franc de l'Ouest sont toujours suspects d'avoir passé sous silence ou fait glisser inaperçu le récit de quelque échec éprouvé par leur maître. C'est là néanmoins, pour la période qui s'étend jusqu'en 882, ([u'il est possible de trouver les renseignements les plus abondants comme les plus sûrs -. 11 faut remarquer cependant (|ue pour l'épociue de la guerre contre Boson, Ilincmar parait commettre quelques erreurs et que son récit doit être alors corrigé et complété à l'aide de celui des Annales Vedasiini. Celles-ci, composées dans le couvent de Saint-Vaast par un auteur inconnu, ont toute l'exactitude d'annales officielles, tout en étant moins partiales, et pour les événements des années 880-882 constituent une source de premier ordre.

i. Ou du moins écrite sous son influence directe et dans son entourage immédiat, à peu près sous sa dictée.

2. La valeur du témoignage d'tlincmara été l'objet d'une dissertation spéciale de Buecuti.ng, (jlauhiviirdinkeil Ilinbnars von Reims Un .V'" Theil dersorjeiinnnleii Aiiiialen von S. Berlin. Halle, 1887, in-8. Mais son travail se réduit souvent un peu tru]) à examiner la conformité dos Ann. Bertiniani avec les conclusions de Diimmler, ou avec les Annales de Fulda. source moins sûre.

XVI Sdi ncKs

Los Annales de FuUia jouenl |)oiii- le royaume l'ranc de Test à peu près le même rôle que les Annales de Sainl-Bertin pour celui fie Touest. La partie qui peut intéresser l'histoire de Boson est [■(LMivre d'un certain Meginhard ', lequel faisait partie de Tentourage de Liull)erl, arclievc<|ue de Mayenee et archichapelain de Louis le (ierniani(iuc. Mcginliard est extrêmement violent à Fégard de tous les ennemis de son souverain, notamment de Charles le Chauve et du comte lioson. Aussi, si son récit peut servir quelquefois à corriger celui des Ann.i/es de S;iin(-Iierlin, partiales dans le sens opposé, ne faut-il admettre (juavee réserve ses renseignements et ses appréciations en ce (|ui concerne le caractère des personnages du royaume de l'ouest et même en ce qui concerne leurs actes, lorsque ceux-ci se tnnivent en opposition avec les intérêts des souvei-ains germaniques.

§ 2. ru•:(il^■o^

Réginon -, ahhé de Priim, de 892 à S'.IU. musicographe et canoniste, mort en 915 ahhé de Saint-Martin de Trêves, mais retiré à Saint-Maximin de la même ville, a laissé une chronique s'étendant jusqu'à l'année 005 ', indépendante depuis l'année 813 et qu'il dédia en 908 à révêcpie d'Augshovn-g, Aclalhéron. Il fournit un assez grand nond)re de renseignements, mais la chronologie très défectueuse qu'on lui reproche ^ les fait souvent accueillir avec une certaine méfiance.

Conmie sources écrites il a eu à sa disposition une collection de documents canoni(|ues relatifs à l'allaire de Theutherge, accessoirement à celle d'Kngellrude% et il parait avoir utilisé pour son œuvre hislori(|ue certains textes de ce genre employés par lui déjà

1. On a (|uelquefi)is (\V.\tteni3.\cii, lJeuls,'/il(iii(/.s (jesrhichlsquflkti. 5» éd., t. II. p. 215) cru que l'œuvre de Megiiiliard n'allait que de l'année 862 à l'année 884. M. I\i-rze, le -dernier éditeur des Annales Fiildcnses (Inlrod., p. vni) considère coninie plus fondée l'opinion qui conserve au même auteur la partie de 882-87.

2. Cf. \V,\TTEM$.\('.ii, op. cil., ô'^ éd., t. I. }). 2'il. KruzE, préface à son édition de la chronique dans les Mon. Germ. hi-'it. in nsnm .srhol. — ScHii/z, Die (Unidnviirdigkeit dur (Ikronik de.s .lô^e.s Hcfjinn von Priiin. Ilamburg, 1897, in-'». C'omme les vices de la chronologie de Kéginon rendent (|uç!(iuef(iis injuste à son égard, nous avons cru devoir insister sin' cet auteur et sur la valeur des renseignements qu'il peut fournir.

3. Nous ne parlons pas de ses trois contituiations, uni(piement relatives k rAllemagne.

't. Sciin.z, op. cil., p. 2.

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