Chartes de Clnni/. t. I, p
6. Ce qu'admettent, au contraire, ceux qui ont protesté contre certaines idées exagérées émises au sujet de l'invasion sarrasine. Roman, lac. rit. et Beli.et, Etude sur les invasions en Dauphiné, p. Vi.
IMPRESSION l'RonriTK 271
sion produite par ces ravages et la persistance de celle-ci. Telles sont les vies de saint Komule et de saint Bobon, qui peuvent avoir cet intérêt en quelque sorte traditionnel, si elles n'ont point de valeur historique. 11 en est de nirnie d'une inscription gén(îvoisedudébutduxi'siècleattribuanl aux Sarrasins l'incendiedu bourg Saint-Pierre, non loin de Genève' ei, dans nne certaine mesure, de divers actes faux". C'est par le souvenir de l'invasion sarrasine que divers évêques ont, à une époque postérieure, prétendu justifier leurs prétentions à la possession de rautorité civile dans les anciennes circonscriptions comtales correspondant à leurs diocèses. Saint Hugues, évêque de Grenoble, l'avait déjà fait au xii'' siècle. Dans des temps plus modernes, l'archevêque d'Embrun^ et l'évêque de Gap* pour lesquels nous n'avons à ce sujet que des textes du xv^ siècle, voulaient appuyer leur autorité sur une prétendue donation faite par le comte à l'évêque après l'expulsion des païens du territoire occupé par ceux-ci.
Nous avons une fois ou deux fait allusion à des tentatives faites pour expulser les Sarrasins de le\u' forteresse du Frainet, tentatives que l'on ne parait pas avoir poussées avec beaucoup de vigueur. La cause de cette inaction (ïoit sans doute être cherchée dans la situation politique du sud-ouest de la Gaule. Jusqu'en 928 le roi de Provence, Louis l'Aveugle, vit à Vienne, sans que son infirmité puisse lui permettre de songer à se mettre à la tête d'une expédition contrôles pirates. Quant à son représentant, le marquis Hugues, il est bien plus occupé des affaires d'Halie que des événements dont les comtés de Fréjus et de Toulon sont le théâtre. Lorsqu'il eut, en 933, cédé ses droits au roi de Haute-Bourgogne, celui-ci était également occupé ailleurs et trop éloigné pour interveiïir efficacement.
C'est cependant à Hugues de Vienne que se rapportent les deux seules tentatives dont les chroniqueurs du x" siècle aient