‹ Le royaume de Provence sous les Carolingiens (855-933?)Chapitre 325 sur 482 · Ftegestc Genevois, n · texte numérisé non relu

Ftegestc Genevois, n

2. Nous citerons comme exemple une cliarte d'Apt refaite au \i« siècle, d'après un acte authenticiue moins intéressant du début du x'^ et d'après la tradition de prisonniers chrétiens emmenés en Espagne. (liEMERvn.LE, Ilist. ms. d'Apt, p. 5'i, et GuossEV, Mrin. hislor. ms. de la ville d'Api, iv iv).

3. Mention dans le bréviaire de Gap li99 (Romvn, Tablcan hislor. dc'i II unies- Alpca, p. 2).

'i. HoMAN, ibid.

2'72 KXPKDITIONS CONTI'.K LE FRAINET

conservé le souvenir, soit qu'il agit en raison des droits étendus qu'il conservait même après la cession par lui faite à Rodolphe II, soit qu'il agit comme souverain de l'Italie sur la frontière de laquelle le Frainet était situé et que les Sarrasins ne désolaient pas moins que la Provence.

En 931, une première expédition, faite par un corps d'armée grec qui débarqua au Frainet, rendit queh^ue tranquillité à la région des Alpes'.

En 941 , une seconde tentative plus sérieuse fut dirigée contre le Frainet. Dès la fin de l'année 940 ou le début de la suivante", Hugues envoyait des députés au basileus de Constantinople, Romain Lécapène, pour obtenir de lui son alliance contre les Sarrasins. L'empereur en effet pouvait fournir ce qui manquait aux. Occidentaux, c'est-à-dire une Hotte de guerre capable d'empêcher l'ennemi de recevoir d'Espagne des vivres et des renforts. Romain accueillit favorablement la proposition d'une alliance contre l'adversaire commun, à la condition que Hugues accorderait la main de l'une de ses tilles au neveu de l'empereur, Constantin, fils de Léon le Philosophe.

Hugues ayant promis d'envoyer àConstantinoplesa tîlleBerthe (il avait eu celle-ci de l'une de ses nombreuses concubines^), la flotte grecque se dirigea vers la Provence. Elle était déjà partie au mois de juin 941'\ mais ce n'est que dans le courant de l'été 942' qu'eut lieu l'attaque combinée contre le

1. Flodoard, Annales, a. 9M,Mon. Germ., SS., t. III, p. 379. Il ne mentionne que la présence des Grecs sans dire si ceux-ci étaient appelés ou soutenus par les Provençaux.

2. LuTPiiAND, Aulapodosîs.. 1. V, c. 9. Ces premières négociations se datent approximativement si l'on considère le temps nécessaire })()ur que 1" Romain renvoie sa réponse en posant ses conditions {Aidapodosis., 1. V, c. 14 ; 2" pour que Hu.uues renvoie une nouvelle ambassade dont faisait partie le père de Liutprand. qui était à Constantinople en juin (ihùl.).

3. LiT'Ti'UAM), AnUipodosis., 1. \\ c. 20; Consta.ntin Poiu'iivnooÉNicTE, De Admin. imperii, c. 26, p. 118. La princesse changea plus tard son nom en celui d'Eudokia.

4. Ibid., 1. V, c. 15. Homain avait déjà fait partir sa flotte, au moment où il fut obligé de résister aux Russes avec (pielques vieux navires restés dans ses arsenaux, et battit leur chef Igor. Or, cette défaite d'Igor eut lieu le 11 juin 941 (Muiult, Clironoçiraphie hi/zfinline, t. I. p. 512-513). La lutte durait encore en septembre, mais nous ignorons l'influence (ju'elle put avoir sur les mouvements de la flotte grcc(|ue.

5. Fl(ii)()\ui), Annales, a. 942, Mon. Cerm., SS., t. III, p. 389. Or. il parle de ces fait.s avant le récit de l'entrevue entre Louis IV et ses grands ijui eut lieu au mois de se})tembre.

[942] KXPKItlTInNS CONTIIK I.K KliAINKT -273

Fraxint'lKiii . PiMidant (jue l'escadre byzantine brûlait avec, le l'eu grégeuis les navires sarrasins, Hugues pénétrait dans la région montagneuse où les envahisseurs s'étaient retranchés et blo(iuait ceux-ci sur \o, Maunis nions:. Les chrétiens auraient eu t'aciienient raison do leurs adversaires si les intérêts particuliers de Hugues ne lui avaient i)uint inspiré de recourir à une nouvelle tactique, colle il'utilisor les Sarrasins contre son compétiteur Bérengerd'Ivrée. Celui-ci, réfugié en Alémannie depuis deuK ans environ, s'occupait alors à y recruter une armée. Hugues traita donc avec les païens et les laissa quitter le Mduriis nions, à la condition de réoccuper les passes des Alpes pour empêcher toute descente de Bérenger en Italie'. La conséquence de cette situation fut le renouvellement des pillages. Le pays devait encore souffrir quarante années de leurs dévastations, sans qu'aucun texte fasse connaître de nouvelles tentatives faites contre eux. Ce n'est qu'en 98:^ que la capture de saint Mayeul par les Sarrasins devenait le signal d'un effort général contre eux et, pendant ({ue Guillaume, fils de Boson d'Arles, battait dans les Alpes un de leurs corps, son frère Roubaud, aidé d'Ardouin, marquis de Turin, les chassait définitivement du Frainet".

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