‹ Le royaume de Provence sous les Carolingiens (855-933?)Chapitre 348 sur 482 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

6. On ne peut, comme l'a remarqué Scniioiiits {loc. cit.), tirer des mots « hac atque illac « de la lettre synodale de Nicolas I, citée plus haut (n. 3, Jaffé, n" 2748) un argument en faveur do séjours successifs d'Engeltrude dans plusieurs des royaumes francs. Mais Hincmau (De divortio Lotharii. (Jiiaest. V. MiGNiî, t. (' XXV. col. 175'») jiaraît dii'c que ce n't'st (pi'ajjrès l'entrevue de Coblence, en 860. qu'l']ngcl1i'ude se

[860] UOSON, MAIil ll'K.Nr.l-.I.TiUHK 301

C'est néanmoins anprès de Lolliaire 11 (|n"lùigoltrn(le no devait i)as tarder à trouver un appui plus durable. Celui-ci était son parent ou tout au moins son allié, et il avait |)our adversaires les ennemis d'Engeltrude, les frères de Tlieutberge. Dans les deux causes d'autre part étaient engagés certains principes canoniques dont la solution pouvait intéresser Lothaire. Ce (|ue demandait en etl'et Boson, c'était seulement de voir sa Cemme l'eprendre la vie commune'. Kngellrude, au contraire, parait avoir cherché à obtenir un jugement épiscopal (|ui la dispensât d'une manière (|uclcon(|ue de cette obligation. Or, si le droit de prendre une autre femme, pour ne pas être contraint par la faiblesse de la chair à vivre dans le concubinage, était reconnu à Boson ^, il y aurait eu hi un précédent pour justifier les théories de Lothaire II relatives à son droit d'épouser Waldrade, du vivant de Theulberge. C'est d'ailleurs auprès des deux principaux conseillers de Lothaire II dans l'alVairedu divorce, (lunlher de Cologne'' et 'l'hentgaud de Trêves % qu'Kngeltrude parait avoir trouvé plus particulièrement un appui ". C'étaient

rendit auprès de Lothaire n. D'autre part, Charles le Chauve reconnaît que des lettres pontificales lui ont été adressées dans lesquelles « invenimus nos increpatos cur fornicarios in regno nostro iinmorari (c permittamus et non solum ipsam feminamsed etomnesfaventes faci- « nori ejus » ÇCoiwentus apud Saponarias, de 862, c. iv ; Bouetujs- Krause, t. II, p. 160). — C'est peut-être à ce passage ou à ce séjour d'Engeltrude dans les Etats de Charles le Chauve qu'il faut rattacher la lettre de Nicolas I aux évèques de Gaule, leur enjoignant d'excommunier Engeltrude si celle-ci ne rentre pas en Italie (Jaffé, n" 2684). — La lettre de Benoit III de 858 (Jaffé, n° 2673) dit en parlant des premières courses d'Engeltrude « ad (iallias transmigraverit », mais ce terme assez général pourrait s'appliquer au royaume de Lothaire IL

1. 11 ne demandait contre elle, d'après llincmar. aucun châtiment, et ne l'accusait d'aucun crime, mais seulement d'une grande négligence dans l'accomplissement de ses devoirs d'épouse : « Sicut ipse « Boso dixit, eidem mulieri.quae carosua est, nullum crimen impingit, « sed non modicam negligentiam quia ab ejus se substraxit servitioet, «quantum ex ipsa est, ipsum moechari fecit. » (Responsio ad interr. Guitlharii, Mione, t. CXXV, col. 156.)

2. Le texte cité à la note précédente montre que Boson accusait Engeltrude de le mettre pour ainsi dire dans l'obligation de prendre des' concubines, et l'on peut le rapprocher d'un autre passage d'Hincmar relatif à la même affaire (De divort. Loth., inlerr., X.XII, col. 739): « Et si non ex consensu propter continentiam sed propter discidium « aliquod separare voluerint, vel eorum fragilitati, si separati se conti- « nere nequiverint vel reconciliari voluerint, auctoritate sua posse con- « sulere. . , sicut Bosonis mulier. . . »

3. Sur ce personnage, cf. Parisot, op. cit., p. 152 etpassim.

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