‹ Le royaume de Provence sous les Carolingiens (855-933?)Chapitre 349 sur 482 · Sur ce personnage, cf. ibid., p. 154 ei pas.sim · texte numérisé non relu

Sur ce personnage, cf. ibid., p. 154 ei pas.sim

5. Nous exposons plus bas leur rôle dans cette affaire. CL aussi la lettre de Nicolas I aux évèques du royaume de Louis le Germanique (Jaffé, n» 2886 : iMansi, t. XV, c. 336).

302 BOSON, MARI D'ENGELTUUDE [859]

eux (lui donuaient « asile à sa prostitution ' » et c'est au diocèse de Cologne ^ qu'elle séjournait plus spécialement depuis l'époque à la(iuelle elle avait cherché nn refuge dans les états de Lothaire II. Ce fut, semble-t-il, d'abord au pouvoir pontifical (jue s'adressa Boson pour faire cesser cet état de choses. Dès l'année 859 peutêtre'', un concile, tenu sans doute à Milan et présidé par l'archevêque de cette ville, Tadon, prononça l'anathème contre la fugitive et ses partisans, sans nul effet d'ailleurs. A Savonnières, la même année, on attira l'attention des évê(|ues sur la situation*. Mais nous ne savons s'il y eut quelque discussion, et si les prélats se livrèrent à ini examen de l'affaire. La question fut, comme nous l'avons dit, reprise au mois de février de Tannée suivante, au second synode d'Aix, mais cette fois presque exclusivement par des évêques lorrains, qu'assistaient cependant Wénilon, métropolitain de Rouen, Ilildegaire, évêque de Meaux, et Hilduin, d'Avignon'. Boson fut cité à comparaître, mais parait avoir refusé de i-econnaitre la compétence de ceux (jui prétendaient le juger et il fit défauts

1. C'est du diocèse de Cologne, en effet, que, selon les violentes expressions du souverain pontife « tam Waldrada quam Engeltrudis, (c uxor Bosonis, prostitutionis suae sibi lupanaria praeparaverant ». .Iaffé, n" 2886 : Migne, t. CXIX, col. 1163.

2. HiNCMAR, Besponsio ad (ïuntharium (Migne, t. CXXV, col. 156): « Et tu episcopus in cujus parrochia immoratur. » Cf. lettre de Lothaire II à Nicolas I (B(*:hmer-Mueiilbacher, n" 1269 ; M.vnsi, t. XV,

col. 384): « Nos Gunthario quia tune in sua parrochia erat

« [Engeltrudis]. »

3. Les canons de ce concile ne nous sont point parvenus et il ne nous est connu que par les actes du Concile de Latrau de 863 {Atin. Berlin., p. 64 : « Sententiam quam a sede apostolica in Ingiidrudera uxorem « Bosonis sanctissimus frater noster iMediolanensis archiepiscopus Tado «et ceteri coepiscopi nostri petiverant emittendam. » Mansi, t. XV, col. 609, se borne à indiquer le concile de Milan vers 860. Nous considérons comme plus vraisemblables les conclusions de Sni\\LE(K{IIinkmarsr^on Bciins knnonisl. Gutdiclien..., p. 186) etde M. Parisot (op. cit., p. 166) (jui reportent l'assemblée à 859 ou aux premiers mois de 860. Le premier nous semble même devoir être dans le vrai lorsqu'il suppose que 1(^ synode de Milan fut antérieur au congrès de Savonnières. Il est probable qu'il s'est produit quelque chose, peut-être l'annonce de l'anathème prononcé, pour amener, à la dernière de ces deux réunions. — (■'est à l'excommunication prononcée à la demande des prélats réunis à Milan que (Jharles le Chauve, à la seconde assemblée de Savonnières {.\nn. Berlin. , a. 862, p. 61) paraît avoir fait allusion.

4. HiNCMAR, Df divort. Lolharii. interr., XXII, col. 739 : « Bosonis « mulier de qua in synodo apud Leucorum civitatem habita fuimus cum « interpellatione commoniti. »

5. Si/nodus Aijuenxix n, dans Boretius-Krause, t. II, p. 466.

6. IIincmar, Joe. cit., col. 743. — L'archevêque de Reims est également opposé à la prétention des évoques lorrains de juger Engeltrude (Mansi, t. XV, col. 789).

[860] F50S0N. MaHI F)'KNGKI,TIU HK 303

Il so rendit au coiilraire au mois do juin à rcntrevuo (|ui eut lieu à Coblence entre Charles le Chauve, Louis le (lermaiiique et Lothaire 11 '. C'est très vraisemhlahleinenl sa sousciiplion (|ui figure parmi celles des trente-trois laïques (|ui signèrent le traité alors juré-, plutôt que celle de son neveu, Boson, (ils de Hivin, comme on l'a dit à tort '. Mais cette réclamation demeura sans effet auprès du roi de Lorraine et de ses évèques. Les derniers soutetenaient que ce prince commettrait un acte inhumain eji livrant une de ses parentes aux i)ei'sécuteurs de celle-ci, alors surtout qui^ngeltrude menaçait, si son protecteur rahandonnail, de se réfugier au milieu des Normands^.

Aussi Boson dut-il se rendre encore une fois^ pour cet objet auprès de Charles le Chauve^ à Tuse> \ le '2'2 octobre SOO. Il cliill por-

1. HiNCMAR, op. cit., Qiiaesf. V, ibid., col. 691 : « Sed et de Hosonis « nuiliere, de qua idem tioso apud Confluentesreclamavit. » LesQuaestiones, comme le dit Hincmar lui-même, sont de quelques mois postérieures à la partie principale du traité, qui est elle-même d'une époque un peu antérieure à celle de l'entrevue de Coblence (cf. SchR(*:rs, Ilinkmar. p. 189).

2. BoRETn:3-KRAUSE, t. Il, p. 154. — L'identification que nous proposons est aussi celle que M. Muelubacher (Dfutsrhc Geschichte unley den Kfirolinf/rrn, p. 510) admet, et que M. Parisot (op. cit., p. 137 n. 2) paraît juger la plus vraisemblable. Ce dernier pense, en outre, que Boson, en cette occasion, représentait peut-être l'empereur, ce qui nous semble assez conjectural.

3. EccART, Commentarii de rébus Fmnciae orienkdis. t. II, p. 476 ; GiNGiNS, Bosonides, p. 39, qui n'a pas connu le texte d'Hincmar, ou a jugé plus sage de le dissimuler. M. Bourgeois, Le Capilulairi' de Kiersy. p. 83 et 92, a suivi dingins. Dtemmler, Oslfr. Reicli, t. II, p. 5, n. 2, voit dans ce personnage « der jungere Boso » sans que l'on sache très exactement ce qu'il entend par là.

4. Hincmar, De divorl. Lotharii. inlerr. XXII, col. 473 et Quae.tt. V, col. 754. Il dit ailleurségalement que l'archevêquede Cologne alléguait pour la défense d'Engeltrude que celle-ci avait fui « timoré mortis perterrita » (Besponsio ad Guntharium, Migne, t. CXXV, col. 156).

5. iM. Parisot, op. cit., p. 178, suppose que dans l'intervalle qui sépare l'assemblée de Coblence de celle de Tusey, Boson était retourné auprès du pape pour obtenir de celui-ci les nouvelles lettres avec lesquelles il revint en Gaule.

6. La présence de Boson à Tusey est indiquée par les actes de l'assemblée de Savonnières de 862 (Boretiiis-Kiiause, t. Il, p. 160, c. iv. Sur cette assemblée, cf. Ann. Bertin., a. 862): « Quando ad Tusiacuni « veni... adportavit mihi Boso ex parte domni apostolici epistolas. » D'après ce qui est dit dans le texte de 862 de l'objet de l'assemblée de Tusey à laquelle assista Boson, il est certain qu'il est fait allusion à celle"qui se tint en ce lieu en 860 (Mansi, t. XV, col. 357). Cela concorde, du reste, avec la présence du mari d'Engeltrude à Coblence dans le courant de la même année. Cf. au sujet des doutes sans fondements émis sur la réalité de la présence de Boson à Tusey, Parisot, op. cit.. p. 178, n. 2.

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