Mém. cit., p
308 « BKUVES, COMTE D'ARDENiNES .
La source du reusciguement, pour la plupart des liisloriens uiodernes, c'est V Histoire de Provence, d'Honoré Bouche. Celui-ci parait l'avoir emprunté lui-même à un auteur <|u'il combat sojuvent, César de Nostre-Dame. Nosti-e-Dame, à sou tour ', en ce (|ui concerne Bivin, qu'il appelle « Bœuf», renvoie à Pierre de Saincl-Julien de Balleure, et à son traité de VOricjine des Bourcjongiwus. Ce dernier ne cite pas toujours ses autorités, mais allègue assez souvent celle de « Bugnonius », auquel il paraît avoir emprunté h peu près tout ce ([u'il dit du personnage qu'il désigne sous le nom de roi Bœuf^. Or, le Chronicoii urhi.s Mali-ssanae de « Bugnoiiius », publié à Lyon en 1559^, est la reproduction d'un texte du début du wi*^ siècle, non encore imprimé à cette époque, le De orbe et antiquitatihus Maiisconensibus Liber de l'avocat Jean Fustaillier *. C'est dans l'œuvre de l'^istaillier, imprimée seulement en 184(5% mais composée entre 1500 et \'y2\), que l'on trouve à notre connaissance, le plus ancien texte, donnant à Bivin la qualité de comte d'Ardennes. « Erat autem », dit-il '^, « Boso tilius comitii^ Ardemiae, cui Boninus nomen fuit. » Le passage est, bien entendu, textuellement reproduit dans le Chronivon urbis Malis.sanac' . D'après (|uelques rares citations et par la comparaison des textes il est possible de voir que cette partie du récit est à peu près exclusivement empruntée à « Annonius », c'est-à-dire au continuateur d'Aimoin, et, dans Bugnonius du moins, à Paul-Émile. Or, ce dernier ne donne ni le nom ni le titre du père de Boson. C'est donc à Aimoin que Fustaillier a emprunté ou cru emprunter^ la mention du comté d'Ardennes, qui de là, par l'intermédiaire de Bugnonius, a passé dans Nicolas Vignier et les autres auteurs dont nous avons cité les principaux®. Mais Fustaillier, écrivant dans le premier quart du xvi'' siècle, n'a pu avoir à sa disposition (|ue des manuscrits de la continuation