‹ Le royaume de Provence sous les Carolingiens (855-933?)Chapitre 424 sur 482 · LE UELIQUAIRE DE SAINT-MALIKICE DE VIENNE · texte numérisé non relu

LE UELIQUAIRE DE SAINT-MALIKICE DE VIENNE

Au XVI* siècle Aymar du Rivail décrit encore le buste de saint Maurice et ses deux couronnes '. Mais Tère des vicissitudes allait commencer pour le reliquaire.

En 1562 les huguenots du baron des Adrets entrèrent dans Vienne et le 2 mai procédèrent à un inventaire des biens des églises de la ville, en annonçant Tintention de vendre ceux-ci « pour se procurer deniers ^ ». Les chanoines de Saint-Maurice eurent la sagesse de ne pas faire figurer la précieuse pièce d'orfèvrerie sur l'inventaire par eux remis au capitaine protestant. Ils faillirent d'ailleurs être trahis, car un sonneur de cloches, Cl. Micolet, auquel on avait « fait in(iuisition quels reliquaires et metaulx il avoit vu dans ladite église Saint-Maurice », vint parler d'un « chef de Saint Maurice, d'argent « doré, avec son tabernacle de cuivre doré, deux anges d'argent « attachés audit tabernacle, avec une belle agate, large d'une palme « de main d'homme ou environ, pandue au col dudit saint Maurice, « joint des petites clochettes d'argent^ ». Malgré cette indication, bien que les huguenots aient occupé la ville jusqu'au 26 septembre, pillé et fait des perquisitions, le chef de saint Maurice leur échappa. Il en fut de même en 1567, en automne, durant l'occupation de la ville par les bandes protestantes de Mouvans, qui pillèrent le trésor de la cathédrale, saccagèrent les archives et tentèrent même de démolir l'église^.

En 1612 le reliquaire avait repris sa place dans le trésor de la cathédrale. C'est là que le vit Peiresc, qui nous en a laissé la curieuse description que nous publions ci-après. En 1625 Jean Le Lièvre mentionne encore, parmi les reli([ues conservées dans la ville, « le chef de saint Maurice enrichy d'or et de pierres précieuses par Bozo, roy de Bourgogne " » .

Mais en 1671 Chorier ■' déplore la perte de cQp.'ilhidiuni de Vienne. Cependant Charvet, un siècle plus tard, semble on parler comme

420. Ces armes furent d'abord d'or, à l'orme de sinople, puis d'argent, à l'orme de sinople, chargé d'un calice d'or, surmonté de la sainte hostie d'argent avec cette devise : Vienna civitas sancta (Rivoire de LA Bâtie, Armoriai de Dauphiné, p. 792).

1. Aymarii Rivallii De Allohrofjihus tibri IX, éd. Terrebasse, p. 384 : « et coronain auream splindidam et geinmis ornatam divo Mauricio « Mugo dédit et in ea scriptuinest: « Hugo plus rexsaiictootï'ert Mauricio» « et haec corona e capite divi Mauricii tolli potest, altéra autem, quam Boso dédit, capiti divi Mauricii perpétue adheret, et minor est. »

2. Cf. le procès-verbal publié dans Charvet, Ilist. de l'église de Vienne, pr. p. 754.

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