‹ Le royaume de Provence sous les Carolingiens (855-933?)Chapitre 461 sur 482 · de vérifier les dates, éd. in-foL, t. II. p · texte numérisé non relu

de vérifier les dates, éd. in-foL, t. II. p

rebelles (rAquitainc sont des comtes francs, ce qui n'empêche pas qu'on parle, au nord de la Loire, de 1' « inconstance ' » et de la fourberie de « cette nHlion » ^. Au milieu du ix'" siècle, Loup de Ferrières, au pays de Sens, considère comme très nécessaire la pratique de la langue allemande ^ et jamais, dans les relations entre comtes, la dill'érence d'idiomes ne parait intervenir. Mais cependant, dans le royaume de l'Ouest, on s'étonne un peu de l'opinion de Loup, et les écrivains (|ualifient le tudesque de barbare^. En 933, les Italiens, fils des compagnons d'armes de Gui Spolète et d'Anscber de Dijon, considèrent les Bourguignons comme des gens très différents d'eux par la langue comme par les mœurs ". Sous cette influence, des parents assez rapprochés en arrivent à se considérer réciproquement comme des étrangers. Pour les membres de l'aristocratie, qui seuls paraissent comme jouant un rôle dans les événement s politiques, il ne saurait y avoir à aucun degré de question de race. Pour eux aussi cependant, ou pour les seigneurs de moindre importance à leur égard, s'éveille à la fin du ix*^ siècle un certain sentiment de nationalité, ou tout au moins de particularisme'^. Lorsque après la mort de Charles le Gros chaque peuple, selon l'expression célèbre de Réginon '', se choisit un «roi tiré de ses propres entrailles, » ces rois sont des membres 'Je grandes familles (jui depuis une ou deux générations au plus tiennent dans le pays la première place, c'est-àdire de familles étrangères. Eudes, pour lequel Abbon laisse percer des sentiments de patriotisme neustrien", est le petit-fils peut-être d'un Saxon. Gui, roi d'Italie, et Louis, roi de Provence, sont des Lorrains ; Rodolphe, roi de Bourgogne, est un Bavai'ois, et c'est à son père seulement (pie remonte l'installation de sa famille en Transjurane. En Italie, où les comtes rappellent dans leurs actes leur origine salienne ou alémannique, où l'on doit ignorer plus que partout ailleurs ce que peut être une nationalité, le panégyriste de Bérenger affecte de considérer Louis et (nii comme des étrangers ^ Or, il y avait trois générations que les ancêtres du marcpiis de Frionl

1. Lettre de Charles le Cliauve à Nicolas I<='- (Mansi, Cour.. 1. XV. p. 708) : « Inconstantiam ipsius gentis. »

2. HhNCMAii, Vitn S. liemir/ii, c. 126; Ann. Berlin., a. 8G1, p. 55: « genlilicia mobilitate. »

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