‹ Le royaume de Provence sous les Carolingiens (855-933?)Chapitre 50 sur 482 · PARTAGE DES KTATS DE CHARLES · texte numérisé non relu

PARTAGE DES KTATS DE CHARLES

qu'il avait besoin de l'appui de Louis, abandonnait à celui-ci une portion de l'héritage à la totalité duquel lui-même eût pu prétendre. Les deux unités territoriales, qu'en 855 Lothaire I" avait soudées pour en constituer le royaume de son plus jeune fils, se trouvaient de nouveau sép9,rées pour revenir l'une à l'empereur, l'autre au roi do Lorraine'. Louis II, selon Adon", reçut une portion de la Bourgogne transjurane — qui comprenait, nous le savons par ailleurs, les deux évéchés de Belley etdeTarentaise — et la Provence, c'est-à-dire les provinces d'Aix, d'Arles et d'Embrun, les diocèses de Maurienne et de Suse et le comté de Grenoble''.

Lothaire II paraît avoir occupé au contraire le pays correspondant à l'ancien duché de Lyon, car les textes le montrent

op. cit., p. 225). Il est possible que celui du 30 avril ait été également donné au moment où Lothaire était déjà sur le chemin du retour. Tout ceci concorderait bien avec la présence de Lothaire H à Vaison, le 18 mars, et conduirait à placer le traité entre la fin de mars et la lin d'avril 86o.

Cependant, un acte d'échange entre deux évèques qui, d'après le traité, étaient sujets de Louis II, acte qui paraît être du mois de juillet de cette même année, est encore daté des années du règne de Lothaire (Albanès, Gall. Christ, novis., t. I, p. 442. Il faut corriger « ind. XV yt en « ind. A7»). Cela tendrait peut-être à prouver que le traité de partage ne produisit tous ses effets qu'un peu plus tard.

1. Le seul témoignage direct sur ce partage est celui de la Chronique d'AooN DE Vienne (Mon. Germ., SS., t. I, p. 223) dont nous avons déjà parlé plus haut. Mais le texte du traité de Meersen en 870 {Ann. Berlin., p. 111-112) énumère les comtés recueillis par Charles le Chauve dans l'héritage de Lothaire II. Ceux de ces comtés qui avaient fait autrefois partie du royaume de Provence sont ceux que Lothaire reçut en 863. Le partage, que nous considérons comme une séparation de la Provence et du ducatus Lugdunensis. parait assez conforme aux habitudes géographiques du ix*-' siècle. Mais il ne faut pas y voir une question de races ou de nationalité, et c'est une erreur de dire comme K.\lckstein {Robert der Tapferc, p. 83), d'après F.miriel (IJisl. de la Coule méridionale, t. IV. j'aris 1836, in-8o, p. 349) que la frontière coïncide avec la limite linguistique franco-provençale, telle qu'on peut la tracer pour une époque, postérieure, car cette limite, d'ailleurs très hypothétique, serait, en réalité, plus au nord.

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