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[855-857] i;.\l!|!l'; IIURKHT 49
à celui-ci le gouvernement du duché de Transjurane'. C'était le rendre maître d'un territoire important et des passes les plus fréquentées par les pèlerins; ce pouvait être aussi une voie pour les armées de ceux qui auraient, un jour ou l'autre, la tentation de s'approprier la portion de l'empire laissée par Lothairel à son fils aîné. Le roi de Lorraine devait, du reste, passer sa vie à se repentir du choix qu'il avait fait. Au point de vue ecclésiastique, Hubert était un objet de scandale. Il était clerc et portait le titre d'abbé, il avait la tonsure ^ mais ses mœurs étaient entièrement séculières '\ et Réginon '' le qualifie à.\icep]iala% c'est-à-dire d'irrégulier et d'indépendant. Non
1. RÉGiNON, Chron., a. 859, p. 78 : « Lotharius Hucberto abbati du- « catum inter Jurum et Montem Jovis commisit, eo quod tune fidelissi- (I mus putaretur, utpote atïinitate conjunctus propter sororem Tbietu birgam ». La date donnée par lîéginon est inadmissible, car dès 857, Hubert était maître du pays, et en révoUe ouverte contre le roi. La réalité de la concession faite par Lothaire II à son beau-frère a été contestée par DuEMMLER, Oslf'r. Reich., t. II, p. 6. Nous la considérons, au contraire, avec M. Pari sot (op. cit., p. 83), comme vraisemblable, <à la condition d'admettre que Hubert se trouvait antérieurement en possession dans le pays d'une certaine influence et peut-être de l'abbaye de Saint-Maurice. — Nous avons employé l'expression de duché de Transjurane, en rapprochant les termes employés par Héginon à propos d'Hubert de ceux par lesquels le même auteur {Chron. a. 888, p. 130) désigne le royaume de Rodolphe !«'■ « provintiam inter Jurum et Alpes Penninas ». Nous pouvons, d'autre part, conclure d'une lettre de Benoît III aux évêques du royaume de Charles le Chauve, que Hubert, comme plus tard les rois Rodolphiens. étendait plus ou moins régulièrement son autorité sur une partie du diocèse de Hesancon, puisque d'après cette lettre (Jaffé, n"2669; Hi.^l. r/e /•'/•., t. Vil. p. 38 1), le turbulent abbé s'était mis en possession de Saint-Pierre de Luxeuil, monastère sis dans le Portois, c'est-à-dire au nord-ouest du Jura. P(ni importe qu'il n'en soit pas longtemps demeuré en possession, comme le remarque M. Parisot, op. cil., p. 85. — Ni ce dernier, ni Diimniler ne semblent d'ailleurs avoir assez remarqué le rapport territorial qui parait avoir existé entre le duché d'Hubert et le royaume de lioui'gogne.
2. Hubert n'était pas simplement un de ces abbés la'iques comme il y en avait beaucoup alors ; il était clerc. Hincmar, qui l'avait sans doute connu à Saint-Martin de Tours, lui donne, dans ses Annales (a. 862, p. 57), ce titre de clericiis [conjuriatua]. Il en est de même dans le De divortio Lolharii (.Migne, t. CX.XV, col. 637) et dans la lettre précitée de Benoît 111. Hincmar, du reste, jugeait sévèrement le ])ersonnage, qu'il traite {De Uivorlio Lolh., ihid., col. 630) de « perversus homo » et il blâme Charles le Chauve (.1/;//. liertin.. toc. cit.) de lui avoir donné l'abbaye de Saint-.Martin de Tours « non satis consulte ».
3. « Saecularia meditans tantum » (Mime. S. Gennani .Uitssisaiod. dans Acta Snncf. Bail., Jul., t. Vil, p. 278).