Ann. Bertin., a. 862, p
62 L'ABBK IltlREllt [862-864]
encore auprès de Charles', mais à la fin de cette même année, on le retrouve dans son ancien duché, à Agaune. Il y faisait hommag-e aux moines de Saint-Germain d'Auxerre, qui revenaient de Rome en rapportant les reliques de saint Urbain et de saint Tiburce, des fragments des corps saints conservés à Saint-Maurice". Son ancienne abbaye et son duché étaient donc retombés entre ses mains, sans que l'on sache dans quelles circonstances. Il faut peut-être rattacher ces faits à la tentative de réconciliation qui eut lieu cette année entre Charles le Chauve, Louis le Germanique et Lothaire II, tentative qui aboutit au commencement de novembre à l'entrevue de Savonnières. Il est bien possible que le comte Hubert, craignant les conséquences de cette réconciliation, ait jugé prudent de faire lui-même sa paix avec l'empereur et de se reconnaître son fidèle ^
Cette paix ne devait pas être de longue durée car, lorsque, deux ans plus tard, on retrouve Hubert, il n'est plus à Agaune, mais à Lobbes au diocèse de CandjraiMl y continue à mener le même genre de vie^ se mettant de force en possession de l'abbaye après avoir chassé l'abbé Harbert qui fut contraint do se réfugier à Corbie", s'emparant des richesses
1. Il est encore mentionné comme abbé de Saint-Martin dans un diplôme du 10 mai 862 (///.s7. de Fr., t. VIII, p. 576; Pancarte noire, n" 7.XXIII).
2. HÉRic, Miracidti S. Ger)iiani Aulisaiod., dans les Acia. Sancl.BolL, .lui. t. VII, p. 278: Mém. Suisse romande, t. XIX, p. 29. — Les moines étaient de retour à Auxerre le 31 octobre, après avoir passé par Orbe et par Pontarlicr. Cela permet de placer cette entrevue dans le courant d'octobre. Il est très vraisemblable qu'elle a eu lieu postérieurement au séjour d'Hubert dans les états de Charles. Selon Héric, l'abbé Hubert était « familiarissimus » des moines d'Auxerre qu'il reçut à Agaune; il est bien probable qu'ils avaient fait sa connaissance en Gaule. II avait, du reste, d'autres relations dans ce dernier pays, car c'est à l'évêque de Beauvais, Eudes, qu'il s'adressa pour faire parvenir des lettres au pape (Lettre de Nicolas I du 2S avril 863; .Iakfé, n° 2729).
3. Nous savons que, à une époque quelcon(iue, Hubert s'était reconnu le fidèle de Louis H; et avait reçu de ce ])rince des bénéfices (Axnr.É ni-: lÎEKc.A.Mi;, (Ihron., c. 9; Script. rei\ Lan;/., j). 227). les«bonores » dont parle llincmar (.ln?î. Berlin., a. 86'i, p. 7')). D'autre i)art, les /!///*. Xnntcn.'^es (Mon. (irrm., SS.. t. II, p. 231) rapportent (juc « Ludewicus « impiurn liugliai'dum (.'iic) abbatom constituit ». Il faut })eut-ètre rapprocher ces diverses mentions.
4. FoixuiN, (ie.sla al)li. Lohirns.. c i2, Mon. derm.. SS.. 1. \\ . ]). 60; Fnndatio /.ohiensis nionasierii, ibid.. t. .\1V, p. T)'!.").
5. Fundatio Loi). 7no)iast. (i/tid.) ; Vita I-!rh(ini. .\rln Snncl. Iloll.. Mai., t. VII, ]). 8'i6.