En voici des exemples
Année 818, p. 73. — A propos de Pépin, généalogie des comtes qui descendent de ce prince.
Année 853, p. 76. — Histoire de Pépin II d'Aquitaine jusqu'en 864 et
SOURCKS XIX
11 est d'ailleurs bien évident (juil ne faut pas trop étendre la portée de notre observation. C'est un fait incontestable qu'il y a dans la chronique de l'abbé de Prùm des erreurs grossières, des événements inexactement rattachés à certaines années, des interversions dans Tordre des faits, (|ue Réginon s'est souvent trompé, que les étrangers et les vieillards auprès desquels il cherchait des informations ont pu et ont dû avoir des défaillances de mémoire, cela n'empêche pas qu'il faille tenir grand compte de ce que nous fournit l'œuvre de Réginon, même pour une époque antérieure à 886, quitte à adopter pour le classement des détails un cadre différent de celui que fournit la chronique elle-même '.
§ 3. SOURCES RELATIVES AUX AFFAIRES d'iTAI.IE
Bien que sa chronologie soit souvent plus défectueuse que celle de Réginon, il y a beaucoup à prendre dans VAnlopndosis de l'Italien Liutprand, évê(pie de Crémone (-; 072). Celui-ci n'est pas précisément un contemporain. Il était jeune encore, par vu las, en 927, c'est-à-dire à l'époque de la mort de Louis l'Aveugle. Mais il a connu personnellement, et durant longtemps, le roi d'Italie, Hugues, l'ancien comte de Vienne. Par conséquent il est bien renseigné en tout ce qui concerne la famille et les actions de cet important personnage. Pour la première partie du x* siècle il a eu pour source à peu près unique la tradition orale, souvent même des légendes populaires. Mais enfin il a connu des contemporains de Louis l'xVveugle et c'est lui qui, somme toute, fournit le meilleur récit des deux expéditions de ce prince en Italie. Pour l'époque du roi Hugues,
à ce propos rappel de l'histoire de Pépin I. Schulz. op. cit. p. 2, admet à tort que Réginon croit que tous ces faits ont eu lieu en 85 J.
Année 860. — Événements de Bretagne, se suivant à peu près dans l'ordre chronologique à l'exception des renseignements concernant le comte Gauzbert, réunis en une série spéciale.
Année 864, sqq. — Détails du procès de Waldrade, qui sont mis quelquefois à des années fausses, mais se suivent dans Tordre exact.
Année 866, p. 91. — Histoire d'Hubert, qui se déroule en même temps que celle du procès de sa sœur.
.\nnée 867. — Affaires de firetagne.
Année 868. — Histoire des Bulgares de 864 à 893.
Année 869. — Démêlés relatifs au partage des états de Lothaire. 869-870.
Année 870. — Ensemble de renseignements au sujet dos enfants de Charles le Chauve.
1. Ajoutons que Ton a été sévère pour Réginon. parce qu'il a pour cette période servi de source aux Annales Metlfimes dont le caractère annalistique accentue encore cesfautesde chronologie, cetpu entraine à des erreurs ceux qui, comme Gingins ou M. l'hilipon, utilisent pour l'histoire carolingienne ces annales du x" ou du XF siècle.
XX SÛUIK.ES
iiotaninioiit en ce qui concerne les expéditions contre les Sarrasins (In Frainet, il est bien informé et presque témoin oculaire. Mais, lorsqu'il est ((uestion de personnages italiens, il faut toujours se méfier de sa passion politique, de sa partialité, et ne pas considérer comme autant de vérités les injni-es qu'il aime à prodiguer à ses adversaires. Ajoutons que comme o'uvre littéraire, VAnLipodosi'.',a une très gi-ande valeur et cpie sans parlei- de la langue, un peu recherchée, mais pittores(|ue et originale, seule parmi leschroni(ines du x*" siècle elle est « amusante », tant pai- l'expression des sentiments personnels de Liutprand que par les anecdotes, loujoius vivantes, quelquefois même un peu réalistes, dont il aime à éinailler son récit. « Si cet ouvrage, par son caractèie tout personnel, leipiel « se montre aussi dans le peu de soin que lautenr prend de la « chronologie doit être classé comme source histoi'ique après beauce coup d'autres qui ne sont ((ue de sèches annales, il faut dire par « contre (pTil a beaucoup d'avantages sur ces annales. Il motive « les faits, il juge généralement bien les relations politiques et il « otfre des détails d'une grande richesse, ({ui font revivre le passé. « Considérée comme création littéraire cette histoire... est le plus « original et le plus important des ouvrages en prose de cette « période' ».
Un poète anonyme, vivant dans Tltalie du Nord au début du x" siècle, a écrH en vers le panégyri(|ue historique de l'adversaire de Louis de Provence, le roi Bérenger-. Ce poème contient natul'cllement (pieUpies détails sur les luttes entre les deux compétiteurs, pei'mettant de compléter un peu, sur les événements de 900-905. le lécit de Liutprand. Malheureusement le morceau qui nous intéresse particulièrement est fort bref et passe même sous silence la première campagne de Louis. ¥ai outre le style de l'ouvrage est singulif-remeni obscur, fort peu précis, si bien (|u'un contemporain de l'auteur a cru devoir y ajouter des gloses explicatives qui ne sont pas toujours inuliles^. C'est une soui'ce, en somme, assez difficile à
1. LltEisr. Lillrrdlun- latine du inm/rn ni/e en Occklenl. trad. franc, t. 11, p. 457.
2. Ce poème a été en derniiM" lieu publié ])ar E. Diemmleu (Gesln /'ereufjan'i imperatoris. Halle. 1871, in-8) avec une étude sur la com- ])ositi()n et la valeur de l'a^iivre, une introduction historique étendue sur le règne de Bérengei' et de nombi-eux renseignements sur les j)ersonnages mentionnés dans le texte. Malheureusement, l'absence de tal)le empêche de tirer facilement de ces al)on(]ants matériaux tout le ])arti qu'ils peuvent fournir.
;;. Sur TauTeur des gloses voy. I)1:hniii;im, J)er (ilosxalnr c/er Ciesia J!neii(/arii. dans les J'o7-schtin;/en '.. ileulse/ie)i Geschichte. t. .\I\', ]t. i;i8, (|ui établit que ce personnage est distinct de l'auteur, mais sou contemporain et son compatriote, et énumère les sources littéraires auxquelles il a puisé.
SOI lU'.KS XXI
utiliser, iin|»iirl;iiitt' l'cpciulanl ou rahsciicc (riiiilics docuiiu'iits plus précis.
C/csl ('iiJili'iiK'iit cil ce (lui louche les cxpcdilidiis d'Iliilic (pic l'on peni Iroiiver des reiiseigncineiils dans le />c ;i(lniini.slr;in<ln imperio de Coiislaiiliii Porplix royénèle (U(ir)-9r)ll). Leinpereiir lirec confond |)arrois les dalescl les l'ails. Mais |)oiir le « llièine de i^oiiihardie », il parait assez bien ialormé. du moins en ce (|ui concerne les événenienis dont rilalie elle-inème lui le tlié<àlre, car les f>énéaloiiies (pi'il (Miirepreiid de donner roiirinilleni dinexaclitiides. Il \ a cependanl bien dest>rrenrs dans sonrécil, snrloiil pour la |)('riode antérieure à Texpédilion de Uodolphe II en llalie. les renscii-nenients (inil foiirnil doixcnl élrc soiunensenii'iil coiiliw'jb's.
v; 1. s(»ri!i.i:s i;i:i.\ii\ i.s \i \ i\\ asions i)i:s s\i;ii\si\s
La discussion de la \aleiir de ces sources se confondent souvent avec le récit des faits et Thistoire des invasions sarrasines formant un ensemble à part dans le cadre général de noire travail, nous avons placé en tète de cette histoire l'étude sur ses sources. Nous nous bornerons à dire ici que ces sources sont toutes de provenance occidentale. On pourrait saltendre à trouver dans les cbroniipu's byzantines (pichpies détails louchant lexpédition entrei)rise contre le Fraxinet par le roi Hugiies, de concert avec la flotte grec(pie, mais les historiens du basileus, préoccupés sans doute des luîtes contre les Russes, sont muets sur les événements d'Occident. Les ravages exercés par les Sarrasins, (pii furent si terrifiants pour les populations pro\encales, paraissent ne pas avoir frappé rimagiiiation des historiens musulmans, occupés pour cette période des événements du Mai-hreb et des invasions dans le Khalifat d'Orient '.
i; .). i.iriTi'iKS i:t soincKS i)i\ i;iisi-:s
A côté lies annales et des clironi(|ues il laiil placer un certain nombre de textes assez divers (pii ne pemeiil être rangés parmi les sources narratives.
Les lettres tiennent pai'ini eii\ le |)reiiiier rang: les huiles et lettres ries papes mois ont fourni (pielt|iies renseignenienls. celles
I. Les seules mentions que nous ayons eu ;i relever dans les chroniques arabes sont celles du passage des Danois sur les côtes d'Ksjjagne en 859. Quant au Fi-ainet, c'est ;ï peine si une allusion à rétablissement des Maures se rencontre dans un inivrage géographique arabe très postérieur.
XXir SOURCES
de Nicolas 1" en ce qui touclie la famille malernelle de Boson, celles de Jean VIII en ce qui concerne ce dernier, dont l'histoire est pendant quelque temps en rapports étroits avec celle du souverain pontife'. Les lettres les plus intéressantes après celles des papes, pour Ihisloire du royaume de Provence, sont celles de Farchevêque (le Reims Ilincmar. Plusieurs d'entre elles intéressent notre sujet en raison des biens étendus du patrimoine de saint Rémi que l'église de Reims possédait dans la province d'Arles. Elles ne nous sont malheureusemenl pour la plupail parvenues que dans les analyses de r//<s7oire f/e l'cç/lise Je //c/'/n. s composée vers 948 par Flodoard-, chanoine de cette église, qui a mis à contribution ses riches archives, mais n'a pas conservé les dates des documents qu'il utilisait. Il faut donc dater les lettres d'après les mentions qui y sont contenues et aussi d'après ce fait, mis en lumière par Schrœrs^ que dans chaque série de lettres adressées à un même personnage, les analyses de Flodoard se suivent en général dans l'ordre chronologique.
Il faut mentionner à côté des lettres d'IIincmar un écrit canonique du même auteur, le De divorlio Lolharii écrit en 860, dans la seconde |)artic de l'année à l'occasion du divorce de la reine Theutberge el (|ui fournit un certain nombre de renseignements sur le duc Hubert et le comte italien Boson, mari d'Engeltrude.
Les Capitulaires des rois francs, procès-verbaux d'assemblées, traités de paix, peuvent être utilisés tant au point de vue géographique, pour les questions de limites et de partages, qu'au point de vue des mentions, en général bien datées, de tel ou tel personnage. Il en est de même des actes des conciles. Mais en étudiant ces derniers au point de vue géographique il faut se garder d'une erreur parfois commise, qui est de considérer la souscription d'un |)rélat à la suite des actes d'un concile tenu dans les États d'un prince, comme \u\ indice certain (|ue l'autorité de ce prince était reconnue par le ])rélat et par son diocèse.
1. Les lettres de Jean VIII se trouvent pour la plupart au t. CXXVI de la Pair, lutine de Mignf.. La découverte et la publication par Lwald, au t. V (lu Neues Archiv de la collection canonique dite Brilannica. (]ui contient jjlusicurs lettres de ce Pa])e, a ajouté au recueil plusieurs (iocuments intéressants. Sur le registre de Jean MIL cf. A. Lapi'itre, Jean MIL p. 1-29.
2. Flodoard a éiialement composé des Annales (919-966) aux([uelles nous avons emprunté (pielques mentions, mais (lue nous avons cvn inutile d'étudic^r dans cette; introduction. Un texte correct de VJIisl. Hem. Jù-cl. a été donné par IIki.i.kiî et Waitz au t. XIII des Scriptores, mais sans notes et sans déterniination de dates.
:{. Illnkniar, Erzhiacliof von Jlcinis, p. r)12 et sniv. 11 a dressé, en outre, des lettres U'Hincmar un utile regeste, mais où l'on pourrait préciser quelques dates.
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