DE DDBOS ET LES FAITS
SOMMAIRE. — La science française se recueille — Ses recher*ches sur les inyasions germaniques. — Leur caractère. — Prédominance de Pélément gallo-romain. — Fusion firanka.' — Ecole de Dubos , renouvelée à Tlnstitut. — Les dix-huit invasions de la France par TAUemagne. — Provinces françaises germanisées.
Notre pays a fait depuis la guerre de 1870 de douloureux retoiirs sur lui-même^ et ou peut lui rendre à Tétranger cette justice qu'il a sondé ses plaies sans en cacher la profondeur. Il avait pria Féclat trompeur du second Empire pour du génie> parce que la fortune lui avait souri sur les» cbampa de bataille de TEurope, de TAlma à Solfériiao... Un jour est venu où un appel à la fi»rce a fait sombrer en qudk]ues heures Fédifice. de notr^ gloire^ kw lendemain de nosi^ésastresi no«ïs wûas cherehô à noiia guériar< des Taines illt^ions^ et eeuEi
se
qui sont dignes de tenir une plume par leur talent comme par leur science, se sont plu à rappeler les traditions de la politique extérieure de la France aux grands jours de son histoire.
Pour reconnaître nos torts et nos erreurs, rien ne nous oblige, cependant, à oublier nos droits pas plus que notre rôle dans la diplomatie européenne. Or, il existe, en Allemagne, une école quasi-offir' cielle, en tout cas àewenne nationale depuis 1866, qui a masqué Tesprit d'usurpation et de conquête de 1815 par des doctrines perfides. On a faussé impunément dans les Universités allemandes l'Histoire elle-même pour favoriser la dcTctrine du Pangermanisme. L'extension du patriotisme sur les cartes ne suffit plus depuis Sadowa aux professeurs et aux savants du nouvel empire . La mauvaise foi égale leur audace. Qu'avaient répondu les publicistes français de 4815 à 1866 à de singulières prétentions? Ils y étaient restés indifférents avec une facile générosité. Ils se sont ravisés depuis la campagne de Bohême et l'envahissement de leur patrie. Instruits par les événements, ils ont fait de prudentes réserves sur les délimitations des peuples par les frontières des idiomes. On connaît les éloquentes protestations de Guizot dans son Etude sur la responsabilité de la Prusse et celles de M! Vitet, durant 1870, pour ne citer que les morts.
Les écrivains prussiens proclament sans cesse, après un ministre devenu trop célèbre pour iious,
que la France est vraiment V ennemi héréditaire. Plusieurs des nôtres ont relevé le défi et, preuves en main, ils ont démontré que Tignorance ou les calculs d'une politique astucieuse pouvaient seuls ériger cette contre-vérité en doctrine ; ils n'ont eu pour répondre qu'à étudier les invasions des Barbares et à définir par ces faits le caractère des Invasions germaniques dans la France actuelle.
On ne se paie plus de mots, on est- devenu pratique après les événements auxquels il nous a été donné d'assister. On ose soutenir que la fraternité allemande, l'unité allemande, la nation allemande, les intérêts allemands, la nation allemande cachent sous leur peau le génie die la conquête. On le pense, ce qui est mieux, on le dit, on Técrit et on fournit les preuves au grand désespoir des mystiques évangéliseurs de Berlin. La science française aura désormais ouvert les yeux à TEurope ; il appartient aux chancelleries d'utiliser les révélations dont abondent les travaux de l'érudition historique de notre pays.
Avant d'entrer dans le vif de notre exposé, la Campagne de Prusse, demandons-nous si les Germains (1) n'ont envahi à aucune époque la Gaule romaine et la France. Constatons leurs tentatives, le caractère de leur effort principal au v® siècle. Voyons quelles théories se dégagent de cet examen
(4) Tacite a constaté que ce nom spécial à une tribu devint peu à peu celui de la nation en se généralisant* ^ •
et quelles conclusions découlent d'un enseignement où les faits ont une si grande part.