PIÈCES JUSTIFICATIVES
LE ROYAUME DE PRUSSE (Ch. I, p. «.)
« Les Prussiens que les chevaliers teutoniques ont détruits au xin« et au xrv* siècles étaient ua peuple de race lithuanienne mélangé d'éléments finnois; ils habitaient aux bords de la Baltique, entre la Yistule et le Prégel» dépassant un peu ces deux fleuves. Leur pays était situé et fait de telle sorte qu'un peuple pouvait, sans être troublé^ y vivre longtemps isolé. A Vouestj la Yistule, plus ]arge qu'aujourd'hui^ inondait son delta de ses eaur et chaque année l'encombrait de glaces qui, l'été venu, fondaient en une mer de boue. Au nord, la côte est accompagnée à des distances variables, par les Nehrungen^ langues de terre étroites et longues, recouvertes de dunes mobiles et qui s'élèvent presque à pic à des hauteurs de 30 à 60 mètres entre la pleine mer et des lagunes d'une eau à peu près douce qu'on appelle Haff. Ce sont de
(1) Récits de l'Histoire de Prusse, dans la Ret>ue des DeuohMondes du 46 mars 1879, par M. Lavisee.
véritables barrières... A Vest, la Prusse est plus ouverte; mais la Lithuanio, sa voîsme, était habitée par vrf pètîpte frère du peuple prussien, professant la même religion que lui «t qui Ta soutenu dans sa lutte contre la civilisation occidentale. Au sudy vers la Pologne, le telriain n'est pas si litee d'obstacles qu'on se l'imagine quand on se représente la plaine septentrionale comme absolument uniforme..., les eaux courantes y abondent comme les stagnantes, et les bois de pins qui revêtaient jadis les ondulations de ce terrain aujourd'hui dénudé barraient la route aux invasions.
» L'histoire explique mieux encore que la géographie pourquoi la région prussienne est demeurée si longtemps isolée du monde. Les légîônâ roïnaines s'étaient arrêtées aux bords de l'Elbe, puis elles avaient reculé jusqu'au Rhin- La Prusse fut plus sérieusement menacée par Charlemagne, car l'empereur chrétien, défenseur et serviteur de l'Eglise apostolique et universelle, avait entrepris là conquête du monde et la conversion de tous les infidèles. L'armée qiïi, tous les ans, se réunissait autour de lui de tous les pointé de l'Empire, avait' sur l'Elbe ses têtes de colonnes fixes ; c'étaient les Marches, cantons militaires organisés pour l'offensive et la défensive et tournés vers ce monde slave et finnois qtiî couvrait l'orient de l'Europe ; mais Chatlemagne mourut sanal avoir dépassé l'Elbe, et le flot qui menaçait Va Prusse aveb tous les pays de l'Est s'arrêta. La Germanie était chrétienne^ il est vi*ai, mais elle fut occupée par les luttes intestines qtrt troiibl^i*ent l'Empire et le déchirèrent en trois morceau*^ Plus tard, les empereurs du Saint-Empire româiti et germanique ne daignèrent point poursuivre contre d'obscures peuplades l'œuvre carolingienne, et les PrusSîeris séparés de l'Elbe par la largeur du bassin de l'Oder, jouirent du répit <]ui leur était laissé. »