‹ Le royaume de Siam (volume 2)Chapitre 15 sur 27 · LANGUE ET LITTÉRATURE SIAMOISES · texte numérisé non relu

LANGUE ET LITTÉRATURE SIAMOISES

La langue Thaï est une langue essentiellement monosyllabique. Elle a puisé à des sources différentes. Tantôt c'est du Sanscrit, du Pâli, idiomes sacrés de l'Inde, qu'elle tire l'origine d'un mot; et, en général, elle emprunte plus volontiers aux langues cambodgienne et chinoise. Aussi les mots de source véritablement thai sont-ils en fort petit nombre. De plus, son caractère particulier est celui d'une langue à tons, ou, comme Ton dit plus généralement, d'une langue chantante, comme le Chinois et l'Annamite. Aussi rien de plus difficile pour les Européens que de se faire à la prononciation de cette langue. Elle offre encore ce caractère particulier que son alphabet constitue toute sa langue. Quand on lésait, on connaît presque toute la langue thaï.

Sa littérature ne manque ni de charme, ni de profondeur. Ce qui en fait la base se compose de livres philosophiques et religieux ayant trait à*la religion bouddhique. L'histoire est cultivée et étudiée avec soin. Les annales siamoises offrent les caractères précieux, à plus d'un titre, d'une narration courte, nette et précise. On sent que cela est vrai. C'est la simplicité même. Les Siamois ont aussi leurs légendes, qui n'offrent ni l'ampleur, ni la majesté de celles de l'Inde fabuleuse, mais qui pour se rapprocher un peu plus de l'humanité ne sont pas moins précieuses pour l'histoire. Élantplus lucides, elles servent mieux la cause historique, ce dont on ne saurait se plaindre.

Mais le genre dans lequel ils excellent est l'apologue. Oui n'a lu les fables chinoises? Qui ne connaît les Avadânas, ces apologues indiens, traduits par M. Stanislas Julien? C'est là qu'éclate dans toute sa richesse le génie de l'Orient. Il'eilt élé à souhaiter que M*' Pallegoix donnât un recueil d'apologues en langue thaï. On verrait que les Siamois réussissent dans ce genre, tout comme leurs voisins les Chinois et les Indiens. Nous ne saurions mieux terminer cet aperçu général, qu'en donnant une fable traduite par l'ancien prélat de Siam, et en faisant remarquer qu'elle a été la source à laquelle notre immortel la Fontaine a puisé l'une de ses fables les plus philosophiques : Le loup et le Chasseur.

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