‹ Le royaume des DeuxSiciles mémoireChapitre 11 sur 23 · DOCUMENTS · texte numérisé non relu

DOCUMENTS

On a quelquefois reproché aux advcrsaii’es de la révolution italienne de la calomnier. La calomnie nous semble impossible. L’acharnement le plus injuste n’inventerait rien d’aussi accablant que les témoignages déposés contre elle-même par cette révolution. Nous avons recueilli çà et là quelques-uns des documents ({ui sont acquis à l’histoire, et nous les reproduisons sans commentaire, bien persua dés qu’ils parleront plus haut que nous ne pourrions le faire. Ces documents ne forment pas un dossier complet ; tels quels, ils suffisent cependant, et surabondamment, à éclairer la conscience des juges les plus indécis. Le public honnête a depuis longtemps donné son verdict; aux juges maintenant, c’est-à-dire à la diplomatie, de prononcer l’arrêt, si la justice n’est pas un vain mot.

• Périsse ma répotalioo, périsse mon nom, mais que la patrie italienne se fasse. >

Cavoub.

« Le monde est i qui le prend. •

d’Azeglio.

• On ne goureme pas avec la vérité. >

Salvagnoii.

• Ne poorrait-on pas pnair les contrebandiers comme les voleurs 7 Ne pourrait-on pas, par exemple, leur couper un bras?

Bixio.

• La base granitique de la future politique de Tltalie doit être la guerre contre le catholicisme sur toute la superficie du globe.... Nous devons combattre la prépondérance catholique dans le monde, partent et avec tons les moyens. »

Petbdccelu della Gattina.

42 juillet 4862.

• Non, Magenta et Solferino ne sont pas des victoires françaises, car

• h Magenta, ce fut grâce au général Fanti que la bataille fui gagnée.

• Quant i Solferino, le inonde sait que l'armée piémontaise, victoriense

• h San Martine, empécAu l'armée française tfêtre cernée par les irou-

• pes autrichiennes, »

Tecchio,

Président de la Chambre des députés,

28mar 1863.

Digili-’Sîj by Googk

VU

• J'ai conspiré pendant douze ans. »

Cavoub.'

Séance du Parlcmcnl du 26 mars 1861.

n Nous sommes tous des résolutionnaires, et le comte de Cavonr tont le premier. »

Minghetti.

Séance du 27 juin 1860,

« Je crois pouToir affirmer, comme me le disait mon honorable am le député Slinghetti, qu'ici nous sommes tous ou quasi tous des révolutionnaires.

FAima.

Séance do 27 juin 4860,

« Je connais et dois connaître le ministre Rattazzi, comme tous ceux avec qui j’ai conspiré. >

ClUSPI.

Séance du 3 juin 1862.

« Le gouvernement a désapprouvé l'expédition du général Garibaldi. A peine connnt-on le départ des volontaires, que la flotte royale recevait l'ordre de poursuivre les deux vapeurs et de s'opposer à leur débarquement. »

{Gazette officielle de Turin du 17 mai 18C0).

a La Sicile combattait pour sa liberté, quand un brave guerrier, dévoué 1 l'Italie et e nous, le général Garibaldi, courut é son aide. Ils étaient Italiens; je ne pouvais, je ne devais pas les retenir! >

VlCTOB EMUANDEI.

Manifeste d'AncOne, du 9 octobre 4860.

Au chevalier Canofari, ministre des Deux-Sicües à Turin.

« Le soussigné’, par ordre de Sa Majesté, n'hésite pas i déclarer que le gouvernement du ror est totalement étranger é quelque acte que ce soit du général Garibaldi , que le titre par lui pris est tout à fait nsurpé, et que le gouvernement de Sa Majesté ne peut que le désapprouver. »

CavocB.

29 mai 1860.

Lettre à La Farina, à Palerme.

Turin, 48 juin 1860.

(Extrait.)

(I J’ai reçu vos lettres des 12 et lé courant, je les conserve comme un document historique. Ce qui arrive, vous l’avez prévu, et c’est un bien.... Persano vous donnera autant d’appui qu’il le pourra sans compromettre notre pavillon.

U II serait bien ii désirer que Garibaldi passât sur le continent

• Je concerte en ce moment un service de vapeurs de Gènes i Livourne jx>ur Païenne, sous pavillon français. Il sera peut-être nécessaire de donner une grosse subvention i la compagnie. Le gouvernement sicilien figurera dans le contrat, mais au besoin nous payerons... »

Cavocb.

Lettre à Camiral de Persane.

. Turin, 28 juillet 1860.

• Monsicnr l’amiral,

• J’ai reçu vos lettres des 23 et 2é courant. Je suis heureux de la victoire de Milazzo qui honore les armes italiennes et doit contribuer à jiersnader â l’Europe que les Italiens sont désormais résolus i sacrifier la vie pour reconquérir patrie et liberté. Je vous prie de présenter mes ‘■incéres et chaudes félicitations au général Garibaldi.

• Après une aussi éclatante victoire, je ne vois pas ce qui l’empécheait de passer sur le continent. Il ebt été préférable que les Napolitains

accomplissent on dn moins commençassent l'Œuvre de régénération; mais puisqu’il ne veulent pas, ou ne penvent pas bouger, qu'on laisse faire Garibaldi. L’entreprise ne pent pas s’arrêter à moitié chemin. Le drapeau national arboré en Sicile doit se déployer sur le continent, puis sur les côtes de l’Adriatique, jusqu’à ce qu'il flotte sur la reine de cette mer.

• Préparez-vous donc, cher amiral, à le planter de vos propres mains sur les bastions de Malamocco et de San Marco.

« Faites mes compliments à Médici et à àlalenchini, qui se sont brillamment comportés. >

Cavodb.

Lettre à l'amiral de Persano,

Turin, 27 août 1860.

O Amiral, le roi, le pays et le ministère ont pleine conflancc en vous. Suivez autant que possible mes instructions. Mais s’il se présente des cas imprévus, faites pour le mieux, en vue du grand but auquel nous tendons.. . ■

Cavoub.

xvn

Lettre du commandeur Bensa, secrétaire du roi Victor Emmanuel, au Uiritto. {Septembre 1865.)

(Extrait.)

• ... Vous demandez indirectement à .M. Crispi s’il est vrai que j’aie été son compagnon dans ses aventures et ses expéditions. Je ne conteste pas à M. Crispi le mérite des périlleuses expéditions qu’il peut avoir laites; mais je dis que demeurer à Palerme pendant quatre mois comme je l’ai fait, n’étant pas Sicilien, n’était pas alors une chose sans péril. Ce que j’ai fait là vous pourriez le demander, non pas à M. Crispi, qne je ne connais pas personnellement, mais à des personnes qui doivent être de votre connaissance, c’est-à-dire an docteur La Loggia, qui me donna une adresse pour la porter à Sa Majesté; an prince Antoine Pignatelli; au prince Niscemi, qui fut soldat de Garibaldi ; au baron Riso et à tous les autres, (excepté au duc délia Verdura, confondu avec enx par er-

renr), qni (arent emprisonnés par Maniscalco et délivrés par Garibaldi. J’ai nommé quelques-unes de ces personnes dans ma profession de foi, parce qu'elles sont vivantes ; si je pouvais interroger les morts, je citerais Lafarina, dont je conserve une lettre au comte de Cavonr, et mon ami Carcamo, qui, après avoir pris une si grande part à la révolution, s’est malheureusement suicidé. De plus vous pourrez, quand il vous plaira, vous convaincre de la vérité de mes paroles dans les documents que je vous montrerai volontiers, entre autres un diplôme de droit de cité que m’accorda par acclamation une noble ville de Sicile, en considération du concours que fai donné à la révolution au péril de ma vie,,. >

Be»SA-

xvm

FROCLAHATIONS, DISCOUnS ET LETTRES DE GARIBALDI.

Au nonce du Pape à Montevideo.

• Ceux qui vous écrivent sont ceux-la mêmes, très-bonoré seigneur, qni prirent les armes à Montevideo pour une cause dont vous reconnaissez la justice. Pendant les cinq ans que dura le siège de cette ville, chacun de nous a donné plus d’une fois des preuves de résignation et de courage. Grâce à la Providence, grâce à l’antique esprit qui anime encore notre sang italien, notre légion a eu diverses occasions de se distinguer, et chaque fois que ces occasions s’offrirent, je puis le dire sans vanité, elle a surpassé de beaucoup, au ebemin de rbonnenr, tous les antres corps qni rivalisaient avec elle.

Il Or donc, si des bras qui ont quelque pratique du maniement des armes sont agréables à Sa Sainteté, il est inutile de dire que nous nous consacrerons avec une plus grande joie que jamais à celui qui a déjà tant fait pour la patrie et pour l'Église; nous nous estimerons heureuv de prêter un humble appui à l'œuvre de délivrance commencée par Pie IX, nous et nos compagnons, an nom desquels nous parlons, et nous ne croirons pas payer trop cher cette oeuvre, fùt-ce au prix de tout notre sang. Si vous croyez, très-honoré Seigneur, que notre offre poisse être agréée du Souverain-Pontife, veuillez la déposer au pied de son trône. »

J, Gabibaloi.

Montevideo, SO octobre 4 847.

A la légion J sur la place Saint-Pierre, en 1849.

• ... Je Toas offre de noDTelles batailles, de nouveaux lauriers, mais au prix des plus grands périls et des plus rudes fatigues ; me suive qui a du coeur I Me suive qui a encore foi dans le salut de l'Italie! Nous

AVONS LES MAINS TEINTES DU SANG FBANÇOIS; C6 Sont DOS braS qUe

nous plongerons dans celui des Autrichiens. »

Gabibaldi.

A la garde nationale de Messine.

(Extrait.)

• ... Armez vous donc pour chasser de votre patrie, brave armée de l'Italie, l'étranger qui l'a asservie sous le joug. La France emploie tous les efforts de ses agents diplomatiques pour empêcher la formation d'une Italie unie et compacte, mais la voix de la France n'est plus écoulée nulle part. Quant à moi, je sais au juste sa valeur. »

J. GABIBALOL

En août 1860.

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