JUSTICE, MAGISTRATURE ET LIBERTÉ DE LA PRESSE
Sous les Bourbons, les prisons napolitaines étaient devenues une question de politique internationale. Il n'y a pas de moyen que l’on ait employé avec plus de succès et de mauvaise foi pour calomnier le gouvernement napolitain. La campagne commença en 1 8it), dès que la révolution eut été vaincue sur les barricades, et (piund le roi Ferdinand Il eut refusé, ainsi que le baron Nicotera l’avouait l’an dernier à la tribune du Parlement italien, le rôle qui a été plus tard accepté par Victor-Emmanuel pour faire l’unité italienne.
M. Ciladstone prêta, le premier, l’appui de son autorité aux calomnies répandues sur le régime des prisons napolitaines. M. Cdadstonc visita la Vicaria au moment où elle était le plus encombrée, après la défaite des insui'gés, et il
y trouva tous les cons]iirateursqui, aujourcl’lmi, font gracieuse figure sur la scène de l’Italie régénérée. M. Gladstone eut la candeur de prendre une partie de ses renseignements auprès de Poerio lui-mème ; il est aisé de comprendre, dès lors, que sa bonne foi, si M. Gladstone était réellement animé de bonne foi, dut être jouée. Depuis lors, M. Gladstone a rétracté plusieurs de ses assertions, dont la fausseté était devenue trop évidente. Si une fausse honte ne le retenait, il aurait dif supprimer presque entièrement son pami)lilet.
11 est aujourd’hui de notoriété puldique (jue tous les martyrs de la cruauté de Ferdinand II ont été créés à 15 centimes la ligne dans les réclames de journaux : c'est un député au Parlement italien, M. Petruccelli délia Gattina, (|ui l’a avoué. Ces martyrs, frais et gras, remplissent aujourd’hui le Sénat, la Chambre des députés, la magistrature, toutes les places honorifiques et lucratives. Il n’est pas un homme sérieux (jui ose encore parler des instruments de torture employés dans ces prisons. L’inventeur même de la fumeuse coiffe du silence, le docteur Raffaeli, s’est fait connaître, en ISfil, dans une lettre insérée par le Cotriere mcrcanlUe de Gènes, lettre par la(|ucllc il avait l’audace de réclamer le bénéfice de ses mensonges.
Qu’il se soit glissé des abus dans les prisons napolitaines comme ailleurs , c’est ])ossiblc , c’est ntême probable. Mais ce que tous les Napolitains savent, c’est que le roi Ferdinand H avait opéré, dans le régime pénitentiaire, des réformes inspirées par des sentiments d’humanité chrétienne. J’ai visité moi-même, longuement, minutieusement, en compagnie de quehiues Anglais, plusieui’s prisons en ’iSo?, et j’ptleste que l’on a indignement ti’ompé
le public. Dès celte époque, je rendais compte, dans des journaux français, de mes visites et de mes observations. Je reproduis ici presque en entier la description très-exacte, très-consciencieuse que je faisais de San Francesco, de Sant'Aniello et de la Vicaria.