‹ Le royaume des DeuxSiciles mémoireChapitre 6 sur 23 · CO · texte numérisé non relu

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(jiH! CR rc{;imc soutenait bien la santé des condanonés, qui ont le teint aussi naturel et la mémo vigueur que la population libre.

K La cuisine où s’apprêtent les aliments a deux fourneaux, et les chaudières, ainsi que les grands vases, sont en cuivre et étamés à l’intérieur. Quand nous sommes entres, on était occupé à laver quelques-uns de ces vases et un grand mortier de marbre blanc. J'avoue avoir été satisfait de la propreté.

« Un cadre de fer, une paillasse, un drap de toileécrue, un petit coussin et une couverture de laine composent la couche des détenus valides.

€ C’est au second et au troisième étages qu’est installée rinfirmerie générale de toutes les prisons, de tous les bagnes de Naples et des lieux circonvoisins. Lorsque, dans une autre maison que celle de San Francesco, il se déclare, chez un détenu, une indisposition qui se prolonge au delà de trois ou quatre jours, on le transporte ici, oii il est plus à même de recevoir les soins de la médecine. Les remèdes sont fournis par une pharmacie montée dans la prison môme.

c La salle princifialc du troisième étage a environ GO ou 70 mètres de long, sur 10 ou 12 de large; la hauteur est, comme je l’ai déjà dit, de ü ou G mètres; les murs sont percés d’une trentaine de lénèlres larges, dont les gi’illes très-claircs, et les volets ouverts à volonté, laissent péne^ trer l’air comme dans la rue. Pour surcroît de mesures de salubrité, sont établies .encore des ventouses, comme d’ailleurs il s’en trouve presque dans tout l’édifice. Aussi, dans cette salle, nous n’avons respiré aucune mauvaise odeur, aucun spectacle trop attristant n’a affligé nos re-

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j'ards ; nous avons pairouru plusieurs l'ois le vaste espace (|ui règne entre les deux rangs de lits; ces lits, trèspropres, convenablement distancés, ont un matelas et un drap de plus que ceux des [)risonnicrs valides; près de trente étaient occupés. .\u pied de chaque lit, une petite caisse de bois peinte ou vernie, recouverte d’un linge blanc , sert pour déposer la nourriture du malade. Un prêtre veille continuellement j’irès de cette grande salle pour porter les secours religieux et les consolations à ceux qui les désirent. Plusieurs autres salles d’infirmerie plus petites sont annexées à celle dont nous venons de faire la description. Je dois déclarer que rien ne rappelle ici au visiteur qu’il est dans un lieu de pénitence ; de sorte que celui qui y pénétrerait sans être averti se croirait transporté dans un de nos hospices civils.

c Les aliments donnés aux malades sont naturellement plus délicats que ceux qui forment l’ordinaire du condamné valide; le pain, habituellement en plus |>etitc quantité, est le même que le pain de seconde (pialité qui se vend dans les boulangeries françaises; au bouillon et au légume on mêle de la viande; c’est ainsi que, ayant arrêté dans un corridor un inlirnie qui montait sa portion, nous tirâmes de son écuelle une cuisse de poule. .\u reste, on suit, à cet égard, les prescriptions du médecin ; par exemple, un garde-malade, conformément a l’ordonnance, apportait à un jeune homme une de ces limonades à la glace que l’on prend dans les cafés de iN'aples ou dans les jardins de Gênes. Dans la même salle, un autre malade, à (jui le docteur avait recommandé un régime doux, s’était procuré du poivre avec lequel il épiçait fortement sa portion ; un inspecteur (pii s’en ajicrçut lui remontra en

It-miL-s très-convenables, et sans dureté, qu’il avait lort d’en aj^ir ainsi, et il lit enlever le paquet de |)oivre.

« Le second étage est l'éservé aux salles chirurgicales, et on y place ceux des inalades qui doivent subir des opérations. Nous avons compU; trois de ces salles, subdivisées chacune en plusieurs compartiments ; leur tenue est la même que celle du troisième étage. Un des compartiments est éclairé d’un jour plus pâle et plus doux (|ue les autres, c’est celui où l’on aiiù-ne les condamnés aflligés de maux d’yeux. Il y a aussi un appartement pour les détenus qui seraient pris d’aliénation mentale, et où sont aussi déposés provisoirement les fous arrêtés en ville; après deux ou trois jours de dépôt, on les conduit à Averse. Nous avons demandé l’usage d’une espèce de lit en bois avec des sangles et une sorte de veste de toile ; on nous a fait examiner ces objets en détail, et on nous a répondu que c’était la camisole de force des fous furieux.

« Dans un large corridor séparant les salles, se trouve une grande table de marbre blanc recevant les soupes. .Non loin, s’étalaient des baignoires.

« Une aile du second étage sert de lieu de détention aux jeunes vagabonds, de quelque pays qu’il soient, ari’ètés à Naples et dans la province de Naples. Ces enfants, qui jouaient entre eux, faisaient un grand vacarme, comme des écoliers en récréation, et ils se montraient peu timides. Quelques- uns ne sont là que de passage; ils sont partagés en trois sections, suivant leur âge, qui varie de huit à seize ans. Leur régime alimentaire est le même que celui des détenus adultes, et ils mangent sur de petites tables (|u’on enlève après le repas. Leurs lits, composés de

lilaiidiCvS, (l’im iiialelas d’étoupcs de chanvre, d’un drap de loile el d’une couverture de laine, sont plojés le matin pour laisser l’espace plus libre à leurs ébats. Chaque section a un surveillant, et les trois subdivisions sont sous la direction d’un vieux sergent-major. La nuit , nous a-t-on dit, un garde, relevé de deux heures en deux heures, veille continuellement pour le maintien de la moralité.

€ Le quatrième étage contient des chambres [layantcs pour ceux (|ui ne veulent pas ètri; confondus avec le commun des détenus; un de ces condamnés, que je crus d’abord être un des employés supérieurs de la prison, nous montra la sienne avec empressement ; d’autres chambres, plus modestes, mais toujours saines, et plus propres que beaucoup d’habitations de nos ouvriers français, renferment une trentaine de galériens qui, condamnés aux travaux forcés perpétuité, et d’un âge avancé, sont conduits ici par ordre du roi. La clémence royale y fait même admettre des individus qui n’ont pas atteint la vieillesse; nous avons trouvé ces condamnés au nombre de cinq ou six dans chaque chambre, longue de dix mètres environ, large de huit mètres, et percée de deux grandes fenêtres. Leur literie est à peu près comme celle des détenus ordinaires du premier étage et du rez-dechaussée.

€ Vis-à-vis, un local reste inoccupé; c’est une réserve pour le cas où une contagion viendrait à se déclarer dans l’établissement.

« J’ai tlit plus haut que San Fi'ancesco possédait une cour intérieure; cette cour |>eut avoir trente mètres de longueur sur vingt de profondeur; c’est de là qu’une

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pdî'lc l’i-'aii à tous les élayes; c’est là aussi <|ue lous les condamnés valides viciiiicnl, par catcftories, prendre une deuii-hrure de récréation par jour. Les infirmes et les malades ont, pour se promener, une terrasse au troisième cla"c, avec la faculté d’y aller toutes les fois qu’ils le désirent.

< Voici la statistique de San Francesco, le 19 mai 18ô7, jour de notre première visite: 213 prisonniers adultes valides ; 57 enfants; 107 malades ou infirmes.

< l’our ce qui est du service religieux, il est le même à San Francesco que dans les autres prisons. Il y a à San Francesco trois chapelles , sans compter un autel dresséau fond de la grande salle des malades. ^

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